‹ De la poterie gauloise;Chapitre 94 sur 107 · VENERANDA NUTRIX I · texte numérisé non relu

VENERANDA NUTRIX I

Cérèa antique ! 6 belle Isis des Gaules I que tû aa dû pleurer de boDheor au cri d'enthousiasme de ces braves laboureurs, au cri de ces bonnes citoyennes, Louise Brutiete, l'an iv; — Marie- Anne Pigu, 1793;— Catherine Teiar, qui écrivaient sur leurs coupes de mariage ' : La patrie a besoin d'hommes.

CoU {Cett) le moment de faire un petit enfant 2.

La tradition des poteries parlantes ne devait appartenir qu'aux races

de la pensée. Nous ne l'avons pas vue chez les Latins, nouB la retrouvons chez les Hellènes, et même, en remontant plus haut, jusque dans l'Orient lointain.

Les Grecs l'avaient gardée. -

Hrjouis-toi, criaient il Corintlie les calices dos convives des philosophes épicuriens. Kéjouis-loi et vide-moi pour les dieux I XAIPB KM ritl NAIXI.

Salut et bûii-moi.

XAlPt KAl riOME.

Eva, Evohé I

EVA EVOE.

I. L'uHge de donner des coupes aux nouvelles mariées estenooraen vigueur dant beaucoup de campagnes frautaises. Noua ne roveDons pas sur le symbole de cette coupe, il est assez Tormel pour a'avoii' pas beiOin d'explications nouvelles.

Ab! si l'on voulait un peu creuser la France moderne, oomme OD Y retrouverait, vivante toujours, l'ime de l'ancienne Qaule!

3, Faiençe* palriolùiuts, p. t6i, 2!(>etsaiv,

3â0 POTERIE GAULOISE.

Bois et ne repose pas ta coupe.

rporiNEME KATeHIS

puis, en don de noces, comme sur nos coupes de mariage, qui, si les archéologues fouilleurs nous permettent de les trouver intactes, porteront sans doute les noms des Huelline, des Rooma, des Admis', des Luned au sein d'or et des Guenaran à la gorge de neige, les amis dePindare*, sur les calice^, au lieu des Limite, des Perrine, des belles Marie-Jeanne de nos faïenciers populaires, écrivaient : la belle Héras, la belle Calipé, la belle filU.

HFPAS KAAE — KAAIFE KAAE — HErAlï KAAE '

Cet usage de la poterie qui parle est encore plus primitif; lei Chinois l'ont.

Que les derniers replis du cœur soient satisfaits comme devant un porttrre de fleurs!

En dehors de ceci quoi chercher encore i ?

Sur les vasos dédiés au ciel et aux ancêtres ils mettent des souhaits plus purs et moins matérialistes :

/fer mille armées sans violences et sans troubles 3,

Les Circassiens, enfin, 1b conservent do même sur les rebords retroussés de leurs bratines d'or ou de bronze. Joyeux ils s'écrient :

Buvez, cgayet-vous, et en vous levant le malin dégrisez-vous à la santé du propriétaire Siméon.

1 . Voir pige 11. — Cliapilre do la coupe Ce l'immorUlité, note 1 .

Us Merveilles de la céramique, de M. A. Jacquemart, p. SI el suiv. — Antiquité grecque- Deuxième parLie, Oocîdeiil.

2. Les Merveilles de la céramique, par Jacquemart. Freniière partie. Orient,

3. Voir le Po Koti Toti, ouvrago composé au dii-Iiui(ii^ine siide (l'Ti) par un 111» de l'empereur ds la Chine, et dans VUaivers, llisloire el deicription de tous les peuples. Paris, Dîdot. Le volume C/u'ne, par M. G. Faulhier, pages 20i et suir.

Plus philosophes ils disent :

Courage, à homme! ne cherche pas la tagase, mais l'humilité, car li tu possèdes rkumilili, tu triompheras de la sagesse.

Cu bien :

Si Von hoit avec modération dans cette coupe, elle réjouit Came, sinon elle la perd*.

Du reste, ces coupes « d'un homme de bien » , destinées à n porter d'bouorables santés », et qu'on a pu voir dans les galeries de YHistoire du travail, au palais du Champ de Mars en 18li7, avaient des formes identiquement semblables aux conpes que nous donnons ici (fig. 19i et suiv.) ; le rapprochement se passe de commentaires.

Telle est la généalogie de la poterie parlante, qui nous mène au point de départ déjà signalé dans la première partie de ce travail: I'Orient.

Les renaissances ne sont que la rencontre de deux familles séparées brusquement par des catastrophes horribles qu'on nomme des conquêtes, et qui sont, dit-on, l'histoire des peuples. Les sœurs, à ce moment, s'appellent, se reconnaissent et confondent leurs baisers dans une étreinte commune. Puis l'humanité réconciliée reprend sa marche et roule son rocher de Sisyphe en remontant vera l'éternel but ici-bas, le progrès infini.

A la fin de l'époque romaine, quand cette pourriture était en train de se ronger elle-même et, comme tout ce qui est impérial, de disparaître par son propre anéantissement, la Liberté, belle tîlle aux seins durs, était venue tendre sa coupe aux vieux rejetons des Vercingélorix de l'Arvernie, des CiviJis de Hollande, des Marick de l'Allier, On célébrait joyeusement l'union puissante, rêve du vaincu d'Alise. Mais le Sicambre était là. Se souvenant des anciens pillages et des grasses terres d'ontre-Rhin, il guettait sa proie dans l'ombre de ses forêts sombres ; quand il jugea le moment venu, il se précipita dans la Gaole à son tour. Sur la bouche sereine, sur la gorge blanche de la belle rieuse, se posa le poing du guerrier chevelu : le doux rire et la gaieté s'évanouirent, étranglés pour des siècles par la main brutale et grossière de Mérovëe lb Germain.

{. Brttinea russes II l'EiposîlioD unirenelle de Paris, 1867.Hi'i(a^ du travail.

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