‹ De La Précocité Intellectuelle Étude Sur Le GénieChapitre 16 sur 29 · SN AUTRE · texte numérisé non relu

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Il ne sait pas lire.qu’il s'agisse de musique ou d’alphabet. I! n'a pas de talent spécial pour le dessin ; mais il s'amuse parfois à écrire des airs musicaux. Bien entendu, celte écriture ra aucun sens. Mais il est assez amusant de Le voir prendre un petit papier, faire en tête du papier un griffonnage(qui signifie, paraît-il, la nature du morceau, sonate ou habanera, ou valse, etc.), puis au-dessous, fiqurer des liqnes qui seront les portées, avec un gribouillage qui veut dire clef de sol, et des lignes notres qui, assure-t-{l, sont des notes. Il regarde ce papier avec satisfaction, le met sur le piano, et dit : je vars Jouer cela; et en effet, ayant devant les yeux ce paprer informe, il improvise d’une mantère étonnante.

Pour étudier méthodiquement la manière dont rl joue du piano, je distinguerai l'exécution, l'invention, la mémoire.

A. — Exécution. — L’exécution est enfantine; on vort qu’il a imaginé de toutes prèces,sans aucunes leçons, tout son doïqté. Gependant ce doïgté est très habile, autant que le permet la petitesse de sa main qui ne peut faire une octave. Il a imaginé alors, — ce qui est curieux, — de remplacer l’octave par des arpèges adroitement exécutés et très rapides. I joue des deux mains. Souvent il croise les deux mains pour certains effets ou certaines harmoares. Parfois aussi, comme les p'anistes renommés, il lève la main très haut en l'air, avec le plus grand sérteux, pour la faire retomber sur la note juste.Il est probable que cela lui a été appris; car dans le jeu de sa mère, Jeu qui est très honorable, maïs sans rien de plus, il

n'y a rien d'analoque. Il peut faire des traïts, avec une

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agilité parfois étonnante et une vigueur surprenante chez un enfant de cet âge. Mais malgré toutes ces qualités, il faut bien avouer que cette exécution est inégale. Il bafouille pendant une demi-minute, puis tout d'un coup, comme s’il était insptré (c’est l’expression dont se sert sa mère, et je n’en trouve pas de meilleure) il se met à Jouer avec agilité et précisron.

Je lui ai entendu jouer des morceaux assez difficiles, une « Habanera » galictenne, et la « Marche turque » de Mozart, avec une extrême habileté dans certains passages.

Ün point est à remarquer, c’est qu'il ne peut bren Jouer que sur son piano, lequel, il faut bien l'avouer, malgré les tentatives de nombreux accordeurs, est un instrument exécrable, qui relève plutôt de la chaudronnerie que de l’art musical. Sur tout autre piano rl ne peut rien faire. J'ai essayé vainement de décider, lut ou sa mère, à faire des tentatives sur un moins mauvais appareil. Ces essais ont été désastreux, et sur tout autre prano que le sien, son jeu (quand il consent, après de lonques supplications, à jouer), est criblé de fausses notes.

Mais, sur son affreux piano, il est vraiment d’une

habilelé presque miraculeuse, relativement à son jeune

âge, bien entendu.

Pourquor cette spécialisation ? Je ne saurais le dire. J'avais pensé d’abord qu'il avait pour la couleur, la forme, l'aspect spécial des touches de son piano, des

sortes de points de repère, analoques à ces points de

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