‹ De La Précocité Intellectuelle Étude Sur Le GénieChapitre 6 sur 29 · IDE · texte numérisé non relu

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enfant de dix ans, est déjà réglée, et l’on peut voir des couples qui n’ont pas plus de vingt ans à eux deux.

Un de nos amis, explorateur au Grand Bassam, nous racontait que les jeunes négresses devenaient nubiles entre neuf et dix ans,et qu’à la première apparition des règles, les mères s’empressaient d’aller leur chercher un amant ou un mari.

À ce développement précoce, succède une déchéance rapide ; cette jeune femme de douze ans, aux seins fermes, aux lignes harmonieuses, sera à vingt-cinq ans une mégère ridée et informe. Le noir de dix-huit ans avec sa musculature d’athlète, sera, à quarante-cimq ans, un vieillard décrépi et abject.

Chez les peuples du Nord, c’est le contraire ; la jeune fille ne sera pas femme avant vingt ans, mais à quarante ans, elle sera encore dans toute sa beauté, comme si les ans avaient passé sur elle sans pouvoir l’effleurer.

La précocité peut devenir héréditaire : la race juive en est un des plus frappants exemples. L’énfant est plus vif, plus éveillé ; il conçoit mieux, est plus intelligent que les enfants de son âge. Il a hérité de l’instinct de sa race. La race juive s’est peu mélangée ; elle s’est adaptée aux circonstances et aux milieux, mais en gardant son caractère propre. La neurasthénie, avec ses symptômes si variables et si divers est très fréquente chez PIsraélite. L'enfant naîtra avec un nervosime spécial, une précocité anormale.

La race humaine, n’a pas le privilège de la précocité. Les besoins de la vie ont incité les éleveurs à obtenir

cette maturilé en un minimum de temps. En deux ans,

Nr ils obtiennent un taureau, qui ne serait arrivé à son développement qu’à cinq ou six ans.

C'est par une série de sélections, de soins constants, de nourriture, d'entraînement, que l’on a créé le cheval de courses. À deux ans, celui-ci a une vitesse aussi grande et une résistance au moins égale à celle du cheval de cinq ans qui a été élevé dans les conditions normales. Il y a donc eu économie de temps et d'argent. Mais en favorisant dans des limites plus ou moins étendues la faculté d’assimilation on a détruit pour ainsi dire, l’équilibre organique. L’être dont on a hâté le développement, s’use plus vite et arrive plus vite au terme de sa carrière. D’un autre côté, il perd de sa vitalité, devient plus délicat et moins rustique.

Dans le règne végétal, on est arrivé au même résultat; par une sélection judicieuse et en faisant varier les conditions extérieures, l’on a obtenu en quelques jours ou quelques mois, ce que la nature, livrée à ses seules forces met des mois et des années à créer.

Chez l’homme la précocité atteint parfois des limites extraordinaires, et souvent elle est le premier balbutiement du génie. C’est parmi les mathématiciens, poètes, artistes ou musiciens que l’on trouve le plus de ces enfants prodigieux. Nous en avons réuni un certain nombre d'exemples et le professeur Richet a bien voulu nous communiquer l’observation si intéressante du jeune Pepito Rodriguez Arriola.

Nous allons étudier minutieusement ces enfants extraordinaires : nous les suivrons d’abord dans leur développe-

ment physique, nous examinerons ensuite les différentes

manifestations extérieures de leur précocité et nous en rechercherons, s’il est possible, la cause, surtout l’hérédité et l'éducation.

Nous pensons par des concepts, a dit Stuart Mill; autrement dit, il suffit pour qu’une image en éveille une autre, qu’elles aient une partie commune. De là le développement infiniment varié de la pensée poétique et scientifique. .

Ces enfants de génie seront sensitifs ou cérébraux. Chez les premiers, l'imagination jouera le principal rôle, ce seront les musiciens, peintres ou poètes, ils créeront de toutes pièces, ou bien — ils sauront rendre, avec tant d'intensité, que ce sera presque de la réalité, les choses vues ou entendues : l'imagination dominera.

Chez les cérébraux mathématiciens ou savants, il y aura un jugement et un raisonnement précoce et anormal.

Nous avons recueilli un grand nombre d’observations sur ces enfants de génie, savants, musiciens, peintres ou littérateurs ; nous allous les étudier en détail.

Le seizième siècle vit un médecin extraordinaire, original et bizarre. Cardan, né en 1501, était le fils naturel de Facio Cardanet de sa maîtresse Claire Micheria. Sa venue au monde ne futpas désirée; samère même, dit on,essaya de se faire avorter. L’hérédité aliénée n’est pas douteuse; un de ses fils, son père et son cousin furent fous (1) ; luimême plus tard, se livra à des manifestations qui n’éma-

naient pas d’un esprit très sain.

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