‹ De la predication sous Henri IVChapitre 12 sur 35 · MESURES DE HENRI IV · texte numérisé non relu

MESURES DE HENRI IV

se montrant sévère, ne fut pas implacable. La clémence était une des ressources de sa politique. A l'égard des prédicateurs, il usa des mêmes moyens qu'à l'égard des chefs de parti. Dans sa bonhomie apparente, il savait dissimuler et attendre. On lui rapporta que ceux qui ne prêchaient plus justifiaient leur silence en assurant qu'ils n'auraient qu'à répéter ce qu'ils disaient naguère, « Je les excuse , répondit-il, ils sont encore fâchés, cela viendra. » Il alla à la Sorbonne , parla avec bienveillance aux docteurs réunis, et ajouta : « On a prêché contre moi, on m'a indignement traité, mais je veux tout oublier et leur pardonner à tous, même à mon curé, et n'excepte que Boucher qui prêche des menteries et méchancetés à Beauvais. Encore ne veux-je pas de sa vie, mais seulement qu'il se taise. »

Henri IV, d'ailleurs, ne voulait pas les faire taire tous, mais bien les faire parler en sa faveur et tirer le bien du mal. Par lettres patentes , il réintégra bientôt Guillaume Rose dans son évêché de Senlis. Il encourageait vivement les sermons royalistes et quelque peu absolutistes de Guincestre et de Nouvelet '. Le soir même de l'arrestation de Cueilly, il

4 Lestoile, Journal de Henri IV, p. *230.

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