‹ De la predication sous Henri IVChapitre 17 sur 35 · HENRI IV ET LES JÉSUITES · texte numérisé non relu

HENRI IV ET LES JÉSUITES

libre exercice de leur culte, il voulait aussi maintenir la prépondérance de la foi catholique. Après avoir promulgué l'Edit de Nantes, il ne crut pouvoir mieux faire contre -poids à cette mesure qu'en rappelant les Jésuites, bannis du royaume depuis l'attentat de Ghatel. Des résistances opiniâtres se manifestèrent parmi ses conseillers ; mais la liberté religieuse était enjeu, il ne céda pas1.

A ceux qui objectaient les doctrines qu'avait enseignées la compagnie : « Il ne leur faut plus reprocher la Ligue, répondait-il, c'était l'injure du temps; ils croyaient bien faire, et ont été trompés comme plusieurs autres ; je veux croire que çà été avec moins de malice que les autres, et m'assurer que la même conscience jointe à la grâce que je leur fais, les rendra autant, voire plus affectionnés à mon service qu'à la Ligue. L'on dit que le roi d'Espagne s'en sert ; je dis aussi que je veux m'en servir, et que la France ne

1 Henri IV fit pour le rétablissement des jésuites comme pour l'Édit de Nantes, il attendit le moment favorable. « J'ay meilleure cognoissance que personne de ce qui convient de faire pour cest effect; » écrit-il au P. Aquaviva, général de la compagnie. Lorsque le Parlement se refuse à accepter ledit, il répond en maître. Le Parlement résiste trois mois, fait des remontrances, et enfin l'enregistre le 2 janvier 4 604. — Voy. Ranke, Histoire de la Papauté, t. III, liv. VI.

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