‹ De la predication sous Henri IVChapitre 20 sur 35 · LE P. G0NT1ER · texte numérisé non relu

LE P. G0NT1ER

Le carême de 4610 à Saint-Eustache fut prêché par le P. Gonlier; sa parole y fut séditieuse, comme de coutume. La catastrophe du 14 mai, qui aurait pu lui donner des remords , car les passions qu'il soulevait n'y étaient pas étrangères, ne réprima pas sa langue et n'éteignit pas son feu.

On constata cependant une amélioration dans un sermon prêché à Saint-Etienne du Mont, le 22 juillet. Il chanta, dit Lestoile, comme une demie palidonie de ce qu'il avait prêché naguère. Le dimanche précédent, il avait appelé léthargiques les catholiques qui ne sentaient pas les affronts que leur faisaientleurs ennemis. Ce jour-là, au contraire, il invita ses auditeurs à l'union avec eux et dit « que pour les réduire

qui vous en allez en pays plein d'hérétiques, exterminer une petite poignée de catholiques qui y restent ? » Le roi, au lieu de se mettre en colère, se borna à tourner la tête d'un autre côté et à dire en riant : « C'est le zèle qui transporte ce bon homme et le fait parler de la sorte. » Poirson, Hist. du règne de Henri IV, t. IV, p. 207.

Sully ayant dit au roi que Gontier prêchait séditieusement : « Je ne trouve point étrange, lui répliqua Sa Majesté, que vous en jugiez et parliez de cette façon ; seulement je m'étonne, comme vous n'en remarquez point autant en ceux de Charenton, que vous allez ouïr tous les jours, qui font pis que lui, et prêchent encore plus séditisusement qu'il ne fait. » Lestoile, Journal, coll. Michaud, p. 549.

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