LE C0RDEL1ER GARIN
bigné, il étonna ses auditeurs d'un infâme changement 1. »
Huit mois s'écoulèrent entre l'abjuration du roi et son entrée à Paris. Le plus grand empêchement venait | encore de la chaire 2. Plusieurs prédicateurs, il est vrai, commencèrent à se calmer ; les royalistes prirent courage ; quelques convertis accrurent leur force ; mais les plus ardents et les plus connus des ligueurs usaient de leurs derniers moyens. Cueilly I^A^ prêchait matin et soir, et assurait que le Pape avait juré de ne jamais recevoir a ce bouc de Béarnais. » '*** Simon Tillieul affirmait qu'il regarderait la con-
version de Henri de Navarre comme douteuse, lors ^même qu'il lui « verrait boire toute l'eau bénite de Notre-Dame. »
Entre tous se distingua, en ce moment, le cordelier Garin. Le désespoir de l'Union semble s'être incarné dans cet implacable tribun. C'était le ligueur par excellence; il ne fut ni pour Mayenne, ni pour le jeune duc de Guise , ni pour l'infante , ni pour Philippe II, il fut et resta l'orateur des Seize. « Tant
1 Hist. universelle, t. III, p. 289.
2 Lestoile, Journal de Henri IV, Coll. Michaud, p. 171, 17.S, 480, 184, '202, 209.