‹ De la Prétendue Atrophie de la ProstateChapitre 14 sur 39 · HT A · texte numérisé non relu

HT A

‘ dans la vessie. L’incontinence est due alors aux déformations déterminées par la maladie dans le col et dans l’urètre qui rendent inefficace l’action des sphincters : on a signalé cette incontinence lorsque le lobe moyen s’enfonce comme un coin entre les lobes latéraux qu'il écarte, laissant de chaque côté une rigole urétro-vésicale toujours ouverte » (ALBARRAN). C’est, peut-être sur de tels : cas qu'a été fondé le tableau de l’atrophie de la prostate, car la prostate peut rester petite quand le lobe moyen s’hypertrophie seul.

L'infection urinaire serait aussi plus fréquente au cours de l’atrophie, les secs remontant à travers le sphincter insuffisant. Il est probable qu'il faut voir 1à une simple coïncidence. -

Bref les symptômes fonctionnels de l’hypertrophie ct de l’atrophie sont entièrement superposables.

Les signes physiques permettent-ils de faire toujours le diagnostic ? Les autéurs allemands font grand cas du toucher rectal fait sur sonde urétrale : on apprécierait ainsi d’une façon exacte le volume de la prostate et de ses lobes. En réalité on obtient toujours des données très approximatives en raison du volume variable de la glande suivant les individus, des erreurs que peut provoquer la congestion surajoutée, le. bas-fond contenant un résidu. Coxsar (obs. 14) croyant à une hypertrophie, trouve une glande très petite et un lobe moyen, aussi met-il en garde contre les erreurs du toucher, et pour les éviter il fait le toucher dans la position debout, dans la position de la taille et la position genu pectorale !

Le toucher combiné au palper hypogastrique peut faire reconnaître un lobe moyen lorsque celui-ci est très dé-

veloppé. Sinon cette exploration n’est d'aucun secours

en de

en cas de petite prostate. Quant au mensurateur intravésical de la prostate de Carmen, il permet d’apprécier le degré de lhypertrophie qu'on reconnaît facilement à d'autres signes, mais pas les petites hypertrophies, les

nodules qui déforment à peine le col.

L'urètre semble raccourci quand on y introduit une sonde en cas d’atrophie, ce fait est probablement une illusion produite par une traversée très facile, car on n’a jamais fait de mensurations précises pour prouver ce fait contraire à la logique. Le raccourcissement de l’urètre supposerait l’abaissement du col de la vessie. Or cette ré-

gion est très fixe et presque immobile.

À l'examen cystoscopique on voit des colonnes plus ou moins développées, celles-ci peuvent être aussi développées s’il s’agit d’ « atrophie » que s’il s’agit d'hypertrophie. Le contour du col lui-même est généralement déformé et un peu congestionné : en examinant tout le pourtour on trouve généralement une ou plusieurs saillies et très souvent en particulier une saillie de la partie inférieure « qui en impose pour un lobe moyen » et qui de fait en est bien un. Ce lobe peut prendre l’aspect d’une barre transversale ou même d’une valvule, c’est l’ancienne valvule du col ! On ne confondra pas des bulles d'œdème avec les déformations du col comme l’a fait Cossan (obs. 14).

Cependant toute déformation du col peut manquer, ainsi dans les obs. 3, 4 de Grocsrrcx, il faut alors pouvoir rechercher le signe de surélévation du col signalé par M. Marion : le rebord du col soulevé, non plus en partie, mais en totalité est rapproché des orifices urétéraux et

l’on peut voir dans un même champ rebord du col et

Don

orifice de l'uretère. Ce signe permet de diagnostiquer une hypertrophie cervicale autrement méconnue.

Lecueu et MoreL ont encore signalé l’éosinophilie comme un signe presque constant d'hypertrophie prostatique et il pourrait être utile de la rechercher.

Enfin dans toute rétention d'urine d'origine cervicale le sphincter du col serait contracturé de façon à s'opposer à l'évacuation de l’urine et cette rigidité du sphincter pourrait être reconnue d’après KroPezr de la façon suivante au moyen de l’urétroscope à irrigation de Gozpscamit. La vessie étant remplie on place le champ dans la région du col et on inpite le malade à uriner. Si le col est normal il s’ouvre et l’on voit augmenter la concavité de son arc, si le sphincter est contracté on n’observe pas ce phénomène.

‘ Quoiqu'il en soit de ces symptômes divers il peut arriver que l’on n’en trouve aucun pour expliquer certaines rétentions d'urine : le système nerveux a été examiné on a recherché les causes vésicales, rénales ou urétéräles (calcul inférieur), on a fait une urétroscopie pour découvrir une lésion de l’urètre postérieur, et pourtant on n'obtient aucun renseignement. Mème dans ce cas il peut s'agir d'une hyperplasie du col au début, ou peut-être d’un spasme réflexe ; et l'on a tout avantage à considérer ce diagnostic comme exact et à intervenir pour enlever ou ou sectionner le col et son sphincter, car on guérit de toute façon le malade puisqu'on supprime l'obstacle, et puisque la vessie garde toujours assez de tonicité et de puissance contractile pour évacuer l'urine en totalité ou en partie.

L'indication opératoire semble donc formelle, il reste

Page 1