OBSERVATION XVI (STEINER
Dans nos 5 cas il y avait dans les antécédents des blennorragies. La rétention était complète. Les malades étaient condamnés au cathéterisme, deux vivaient avec une sonde à demeure. Leur âge allait dè 47 à 58 ans et toutes les tentatives étaient restées sans succès. Aussi me résolus-je à la prostatectomie
de Freyer, qui fut plus difficile en raison de l'induration des tissus periprostatiques. Les prostates enlevées pesaient de 3 à 5 gr., ces malades qui étaient jusqu'alors condamnés au cathétérisme et même à la sonde à demeure, se mirent à uriner spontanément et purent reprendre leur profession (professeur, artisan). 9 à 12 mois après fut fait un examen de contrôle. Il n'existait aucun résidu d'urine, le succès était subjectivement et objectivement complet.
OBSERVATION XVII (DATYNER)
J. D. Marchand, 54 ans, Blennorragie il y a 30 ans. Depuis 15 ans le malade souffre de la vessie, il se souvient seulement qu'à ce moment il urinait souvent la nuit. Il y a 4 ans, soi-disant après un refroidissement, sécrétion purulente par l’urêtre avec urine trouble et augmentation du nombre des mictions : on diagnostique une cystite. Un traitement améliora la cystite, mais la dysurie reparut bientôt plus accusée. Ces dernières années le patient dut être cathétérisé chaque jour. Il apprend peu à peu à se cathétériser, et le fait depuis un an deux fois par jour. Il à toujours la sensation de plenitude vésicale et pousse pour uriner, mais il ne sort que quelques gouttes d'urine. Dans ces derniers mois le résidu d'urine oscillait au dire du patient entre 500 gr. et 1 litre. Pas d'incontinence. La miction se répète six fois le jour et la nuit seulement s’il ne s’est pas cathéterisé avant de se coucher.
Jamais d’hématurie, pas de perte de poids. Le malade vient consulter la 4-4-1913 pour qu'on le soulage de ses troubles vésicaux.
Etat actuel. — Malade pâle, osseux, muscles et panicule adipeux peu développés. Rien de spécial à noter du côté du système nerveux, de l'appareil digestif, des organes respiratoires ou circulatoires.
Urine vésicale très trouble, ne contenant ni albumine, ni sucre, mais beaucoup de pus et quélanee hématies.
Urêtre non rétréci. On retire 600 gr. d’urine résiduelle après la miction.
Au toucher rectal la prostate paraît particulièrement petite et dure.
5-4. Cystocopie : cystite, cellules, colonnes vésicales. Une petite saillie au niveau de la prostate (lobe moyen ?), aucune trace d’hypertrophie de la prostate. Pour le soulager de sa dysurie on met une sonde à demeure. La vessie est lavée une fois par jour à la solution de nitrate d'argent au millième et 2 fois à la solution boriquée.