‹ De la Prétendue Atrophie de la ProstateChapitre 36 sur 39 · OBSERVATION XXXIX (M. MARION · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXXIX (M. MARION

Manc. Eug. 68 ans, entre salle Civiale, n° 32 le 18 mai 1914 pour une fausse incontinence et pyurie.

Le début de ces troubles remonte à un an et s’est signalé par de la pollakiurie. Mais le malade jusqu'alors ne s'était pas inquité il avait pourtant remarqué qu'il avait dela peine pour uriner, que le jet d'urinesétait de plus en plus faible ; il me vint. consulter que parce qu’il ne pouvait plus uriner depuis 2 jours, malgré tous ses efforts il n'arrive plus à émettre d'urine spontanément, mais cependant existe actuellement un coulelement d'urine goutte à goutte, une incontinence par trop plein.

La vessie est très distendue. Les urines sont troubles. Le malade nie toute blennorragie antérieure. Rien d’anormal du côté de l’urêtre. Au toucher rectal la prostate montre un lobe droit de volume normal, alors que le lobe gauche semble un peu augmenté de volume.

A la cystoscopie on voit une petite tuméfaction cervicale ressemblant à un lobe médian.

26 mai 1914 — Prostatectomie à l’anesthésie générale. On retire avec un peu de difficulté ou plutôt avec moins de facilité qu'en cas de grosse hypertrophie, une petit masse grosse comme une noisette arrondie dans l’ensemble, mais avec de petites rugosités à la surface. Masse entourée de fibres

circulaires à type sphinctérien.

Les suites opératoires sont normales sauf que la plaie à. peu de tendance à la cicatrisation.

Examen histologique. — Cette pièce est un Mmyome presque pur contenant de très rares formations glandulaires, glandes aplaties et très déformées, ailleurs un peu Kkystiques comme elles le sont d'habitude.

Il n’y à pas d'infiltration inflammatoire sauf juste au-dessous de lurêtre dont on voit la paroï en un point sur le bord de la coupe.

Les paroïs musculaires sont très épaissies,

OBSERVATION XL (Dr MARION)

Cam. Ant. 51 ans, cocher, a déjà été soigné dans le service en 1908 pour des signes de prostatisme. Il urinait difficilement, et présentait des douleurs le long de l’urêtre.

Il a eu plusieurs M D ed mais n'avait plus d’écoulement à ce moment-là.

La prostate semble normale. Il n’y avait pas de rétrécissement. Mais les urines étant troubles on lui fit des instillations au nitrate d'argent. |

Il revint pour la même affection le 10 janvier 1910. L'urêtre est douloureux au passage de la sonde et semble par places épaissi : on retire de la vessie 40 gr. durines résiduelle trouble, sale, blanchâtre. La prostate est un peu grosse, mais non douloureuse. !

A la cystoscopie : vessie à colonnes. On reprend les lavages au nitrate et quelques massages de la prostate. Enfin le 13 février 1913, le malade revient se plaignant de mictions de plus en plus fréquentes et douloureuses, la ‘pollakiurie est telle qu'il urine 5 à 6 fois le jour et la nuit, les urines ne contiennent plus à ce moment que quelques filaments, elle ne sont plus purulentes ; le résidu persiste, la prostate n’est pas sensiblement augmentée devolume. On pense donc que l’on a affaire à un vrai prostatique avec lobe médian, ayant traversé une longue phase de prostatite et on finit par l'opérer.

Opération te 27 décembre 1913. — Prostatectomie transvésicale. L'ouverture de la vessie est très difficile car la paroi vésicale est épaissie et friable et se déchire sous Ia traction des fils.

On enlève une très petite hypertrophie, formée de petits adénomes gros comme des pois, enlevés en bloc avec le sphincter. Tamponnement après une ablation assez facile.

Suites opératoires normales d’une prostatectomie, les mèches sont retirées au 3 jour, le drain changé, la sonde à demeure mise au & jour, la plaie est fermée au 16° jour.

Dès ce moment les mictions sont absolument normales. L'évacuation vésicale est. complète à la sa sortie.

Examen histologique. — Coupe longitudinale passant par une des petites masses adénomateuses. La coupe intéresse deux formations différentes. En bas c'est une masse fibromyomateuse, contenant à parties égales du tissu conjonctif et du tissu musculaire, disposés en mailles plexiformes, sans formations glandulaires. Cette partie correspond à la zone du sphincter modifié car, au-dessus, dans la portion qui correspond au noyau adénomateux les glandes prédominent, glandes dilatées, festonnées du même type que celles que: l'on rencontre dans l’'hypertrophie prostatique habituelle. Entre ces glandes dans les rayons du stroma qui les sépare et à leur voisinage on trouve autour de plusieurs d’entre elles

de l'infiltration lymphocytaire comme dans une prostatite

chronique. Revêtement épithélial en deux couches, profonde, cylindrique, superficielle, formée de cellules arrondies. Donc noyau dit adénomateux sur un anneau fibromye

mateux.

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