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OUNCREE La
Historique et définition du sujet
Il pourrait sembler superflu de définir l’atrophie dé la prostate, le terme est assez explicite par lui-même. Cependant il est bon de préciser la valeur des mots sur un pareil sujet, l’histoire de l'hypertrophie prostatique nous l’'apprend : si l’on pensait, il y a peu de temps encore que l’hypertrophie est localisée sous forme d’adénome, réelle de toute la glande, actuellement il est admis de tous que l’hypertrophie est localisée sous forme d’adénonus, on discute seulement pour savoir quel est le point de départ de ces adénomes, c’est pourquoi on n’a pas encore changé définitivement le nom de l’hypertrophie prostatique, mais ce nom ne trompe plus personne.
En serait-il de même pour l’atrophie prostatique P aucunement « le mot d’atrophie devant être interprété, ici comme ailleurs, dans le sens d’une diminution de volume portant en même temps sur la masse de l'organe et sur chacun de ses éléments constitutifs. » (VorLLEeMmiER et L. DENTu).
Telle est bien en effet la conception des auteurs allemands qui décrivent l’atrophie de la prostate, Voiei comment BurxknArpr la comprend : « Par atrophie de la prostate on comprend tous les cas dans lesquels il y a diminution de la glande en volume et en poids, résultant soit
d’une régression plus ou moins régulière, soit d’une ab-
pores
sence de développement des éléments constitutifs normaux. Cette atrophie est ou partielle limitée à l'un ou l’autre lobe, ou totale intéressant la prostate dans toute ses parties. »
Von Frison n'est pas moins clair : « on enténd par atrophie de la prostate une diminution de volume de cet organe, due à des causes très diverses et pouvant provenir de métamorphoses régressives très variées. » C’est donc indéniablement de l’atrophie vraie de la prostate que veulent parler les auteurs qui la décrivent, de l'atrophie de la glande elle-même. Cette atrophie peut bien évidemment avoir pour, conséquence d'altérer plus ou moins l’urètre et le col de la vessie qu'entoure la glande, mais ces altérations seraient secondaires et l’atrophie primitive. Ainsi comprise, l’atrophie prostatique est une conception essentiellement allemande, tous les traités de langue allemande lui consacrent une étude détaillée et lui réservent une place à côté de l’hypertrophie. Socix dans le traité de chir. de BizzrorTa-Prra (1895) BURKARDT dans la Deutsche Chirurgie (1902) Von Friscx dans son traité des maladies de la prostate (1903) Casper enfin dans son traité d'urologie (1910). Entre temps paraissent des monographies ou articles de Micxagz (1891) STRAUCH (1894) et surtout celle d'Excriscn (1902). En Angleterre THompsox a consacré (1886) un important chapitre à ce sujet.
Toutes ces descriptions se ressemblent beaucoup.et le sujet était resté stationnaire jusqu’à ces dernières années C'est depuis trois à quatre-ans seulement qu'il est redevenu d'actualité en Allemagne à la suite de la publication de BarTn (1911) relatant deux cas d'énucléation de petite prostate suivis de succès — et de l’article important
de Grocszix qui est d’ailleurs antérieur à la publication de Barth. Depuis lors les cas se succèdent sans cesse dans lés périodiques allemands (KummeL, SussENGUTH, COESAR, Posner, DaATyNErR) et au dernier congrès d'urologie allemand tenu à Berlin en 1913, le traitement chirurgical de Fatrophie prostatigne a fait l’objet d’un rapport de STEINER et la question a été discutée par BLium, Scaut- THEIS, KROPELT, F. STRAUS, VOELKER, ZUCKERKANDL. Cette: recrudescence d'intérêt a été provoquée par les résultats favorables obtenus par énucléation transvésicale de ces petites prostates, origine de nombreux troubles urinaïres, que nous nommons depuis Guyon « prostatisme sans prostate. » Il semblerait donc que la science allemande ait découvert la cause de ce prostatisme sans prostate qui serait en réalité un prostatisme avec petite prostate atro- . phiée. Cette conception ne s’appuyait guère que sur des données cliniques jusqu'à ces toutes dernières années, et l’opération de FReyer aurait justifié pleinement cette conception, puisque grâce à elle on retire par énucliation un petit noyau d’un poids inférieur à celui de la prostate normale et puisque les malades guérissent par cette simple opération. La logique oblige donc à conclure que ces petites prostates, dites atrophiées, sont bien la cause das troubles urniaires.
Cette conception apparemment simple de la « Pros- TATAATROPHIE » soulève en réalité un problème beaucyup plus complexe, car jamais jusqu'alors il n’a été démontré que les prostates enlevées étaient des :prostates atrophiées. Dès lors la Prostataatrophie n’a pius que la valeur d'un nom, tout.comme la dite hypertrophie.
Ceci nous explique lé mutisme presque complet des auteurs français sur ce sujet. On ne trouve l’atrophie pros-
tatique traitée que dans les anciens classiques, et encore n’en est-il fait mention que comme d’un état fortuit sans portée clinique : c’est ainsi que Civiare dans son traité des maladies des organes genito-urinaires (1841) signale l'atrophie réelle de la glande après abcès prostatique, rétrécissements urétraux avec dilatation rétro-stricturale enfin l’atrophie concomitante des calculs vésicaux ; mais il ne lui donne pas de personnalité clinique. HaRRISON, dans l'encyclopédie de chirurgie de Gosserin (1888) fait plutôt mention de quelques cas spéciaux observés par lui et pense que l'atrophie de la prostate peut jouer un rôle important dans l’impuissance masculine. Lui aussi ne reconnaît aucun intérêt clinique pratique à cette affection. Enfin Vorrremier et Le Denru (traité des maladies des voies urinaires 1880) traitent ce sujet plutôt pour l'éliminer « par suite d’un fâcheux abus de langage on a décrit sous le nom d’atrophie de la prostate des altérations d'un ordre tout différent qui souvent n'avaient entre elles aucun rapport. Par exemple qu'y a-t-il de commun entre le développement incomplet de la prostate, qui est un vice de conformation congénital et la destruction partielle de l'organe par un abcès ou un néoplasme ? Et pourtant ces deux sortes de lésions figurent dans la classification de Thompson. » — aussi dans la suite l’atrophie de la prostate est-elle rayée du cadre des ouvrages classiques : ALBARRAN, LEGUEU n’en font pas mention, sinon à l’occasion d’autres affections qui peuvent la provoquer.
En tout cas, pour les auteurs français, jamais l’atrophie de la prostate n’a été rendue responsable de troubles urrinaires graves, comme la rétention et l'incontinence. sa partie clinique, la description allemande correspond aux Cas que nous appelons « prostatisme sans prostate » appellation d'attente, au « prostatisme visical » ( Guyon, CIEKANOWSKT) appellation erronée.
En somme, toutes ces recherches, en apparence divergentes, convergent vers un même but, trouver la cause de ces rétentions en apparence essentielles qu'on observe assez souvent sans qu'on leur découvre une raison mécanique, réflexe ou nerveuse. On sait que Guyon, Creca- Nowskt accusaient la dégénérescence du muscle visical, qu'Arsarran et Nocues, Bazy et JANET rapportaient ces | cas à une « inhibition vésicale » provoquée par une lésion minime. S'il est démontré que des cas isolés peuvent avoir une étiologie spéciale : pyclonéphrite (MaAr1oN) calcul inférieur de l’urètre (Fenwicx), la majorité de ces rétentions conservent une étiologie obscure, hypothétique et leur traitement reste ou plutôt restait forcément livré au hasard. Et comme, en désespoir de cause et en raison de l'analogie symptomatique avec l’hypertrophie, on en vint à rechercher l'obstacle au niveau du col de la vessie sous forme d’un petit nodule ou d’un anneau, on a ainsi observé que la rétention pouvait dépendre d'obstacles très minimes, et qu’elles guérissaient complètement après ablation de très petites prostates: PerTir cite déjà (1902) de ces petites hypertrophies enlevées par voie périnéale par Albarra, BarTRiNA au Congrès d’urologie de 1908 rapporte un brillant succès obtenu en enlevant un prostate de 8:gr. de ‘même River en 1lg1l2,: Viannay, (lgl2) ‘BLANC (1913). Enfin et surtout M. Marion (lol2 a attiré l'attention sur ces très petites prostates qui sont très souvent les facteurs du prostatisme sans prostate, confirmant ainsi les vues de Morz et ARRÈSE (1903) et établisse l’origine cervicale du nombre de ces rétentions. On peut interpréter dans le même sens les observations rapportées par CATHELIN et EscaT au dernier congrès d’urologie (1913).
En somme la valeur de l’énucliation de ces petites pros-
tates, de ces petits adénomes est connue chez nous depuis plusieurs années déjà, de mérite n'en revient nullement à Barrm comme le disent les auteurs allemands qui appellent prostates atrophiées ce que nous appelons de petites hypertrophies. . |
Mais ces petites hypertrophies affectent parfois la forme d'anneaux lissés, arrondis et gros comme une cerise, contenant l'urètre à leur centre et l’enserrant ; ces cas correspondent certainement à la « Contracture du col » des Américains (Furrer, Keves, CuerWocp, et cette contracture du col n’est elle-même que l’analogue de l’atrophie inflammatoire de la prostate, si bien qu'elle doit trouver place à côté d’elle. Nous présenterons donc le-tableau de l’atrophie de la prostate telle qu’elle est conçue par les Allemands, puis celui de la contracture du col.
Nous rappellerons ensuite brièvement l'anatomie de la région prostatique et surtout cervicale afin de situer avec plus d’exactitude et d'établir avec plus de solidité les deux processus que l’on confond sous le nom d’atrophie de la prostate :
— T’atrophie glandulaire vraie qui est un état anatomique sans valeur clinique. ;
— La pseudo atrophie, qui comprend les petites prostates énuclées chirurgicalement, et correspond en clinique à ces faits de rétentions sans cause, de « prostatisme sans prostate ».