‹ De la Prétendue Atrophie de la ProstateChapitre 5 sur 39 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Atrophie de la Prostate

Description Allemande

La description qui va suivre est empruntée essentiellement à BurkxaARpT dont nous suivrons le plan.

ETIOLOGIE, PATHOGÉNIE. — L’atrophie prostatique peut s’observer à tout âge, mais elle est plus fréquente de beaucoup après 5o ans. |

C’est au total une affection assez rare, mais dont la fréquence est diversement appréciée par les différents auteurs suivant que leurs statistiques ont été faites sur le cadavre ou sur le vivant. Des statistiques nécropsiques ont été faites par Socin, Thompson, Mener, et Burkhardt. Soain trouve que 20 à 30 % des hommes ayant passé la cinquantaine ont de l’atrophie. Tuomeson qui a examiné 164 cadavres d'hommes de 60 ans et au-delà et qui considère comme atrophiée toute glande pesant moins de 12 gr. 5, trouve que dans 97 cas la prostate était normale, dans 56 autres hypertrophiés, enfin dans 11 atrophies, l’atrophie serait donc cinq fois moins fréquente que l'hy-

a f$ min

pertrophie. Messer trouve que dans 20 % des cas la prostate pèse moins de 15 gr. 3. Enfin BURKHARDT au cours de 300 autopsies d'hommes de plus de 36 ans constate que l’atrophie existe dans 2,6 % des cas. Ces différences déjà assez nuisibles s'expliquent par ce double fait que les sujets examinés étaient suivant les cas d'âges très différents et qu’on n’a pas tenu compte du poids relatif de l'organe par rapport au poids du corps. Il faut reconnaître aussi que le poids normal de l'organe varie sensiblement suivant les auteurs.

- Drrrez et CarAsTINA ont examiné la prostate sur le vivant et sur 115 examens ont trouvé que l'hypertrophte se rentontrait dans 15,6 %, et l’atrophie dans 30,5 %, l’atropiuie serait donc deux fois plus fréquente que l'hypertrophie ! Cette proportion est manifestement exagérée; Grocsricrk a relaté dans 110 cas d'insuffisance vésicale observés par lui chez des individus de 52 à 90 ans &3 cas d'hypertrophie, et 23 cas d’atrophie, soit 21 % d'atrophie, Encore faut-il insister sur la valeur théorique de ses résuliats, fournis uniquement par l'examen physique qui permet d'apprécier très approximativement le volume de l'organe. D'ailleurs qu'importe la fréquence de l’atrorhie prostatique elle-même ; bien plus intéressante serait la connaissance de la valeur clinique de l’atrophie de la. prostate, c'est précisément ce qu'a tenté de déterminer Burknarpr en recherchant non plus l’atrophie sur des cadavres ou sur des malades de toute nature, mais au contraire sur des patients souffrant d'affection des voies urinaires : or sur 1673 patients de cette sorte il n’a pu découvrir d’atrophie certaine que 11 fois, soit dans 0,65 % et encore sur ces 11 cas 7 concernaient des hommes de plus de 5o ans. On voit donc combien est rare l’atrophie

de la prostate susceptible de présenter un intérêt clinique.

Enfin plus récemment SreIxER, SCHULTHEIS ont montré quelle était Ja fréquence opératoire de ces atrophics, de ces petites prostates obtenues par énucléation transvésicale : Stenier l’a rencontrée 4 fois sur 43 prostatectomies ; Schultheis 3 fois sur 47, proportions toutes différentes de celles qu'avait fournies Grocszix sur les données. de l'examen physique. Le nombre de ces cas opératoires actuellement publié en Allemagne est de 22 (SrentErs : BARTH : 2 — Grocsirk 3 — SUNENGUT 1 —

KUMMEL 4 — Posnen 4 — Corsar 3 — STENIER 5.

Tous ces cas d’atrophie n’appartiennent d’ailleurs pas à une même espèce, il y a plusieurs variétés : BURKHARDT en décrit & formes : inflammatoire, cachectique, par pression, sénile et congénitale. Encziscx réserve le nom d’atropbic vraie aux 4 premières formes et appelle la forme congénitale : petitesse (Kleniheïit) de la glande. Chacune äe ces formes a une pathogénie spéciale.

1) Forme inflammaloire et traumatique (Soaiw), encore apnelée avec subtilité destructive (Schweind) par Excrisen raréfiante (verôdiug) par V. Friscx. Cette forme est consécutive à une inflammation où une suppuration de la glande. Cette inflammation aboutirait à l’atrophie et non plus à l’hypertrophie, quand elle commencerait par la périphérie de la glande d’après Ciscanowskr : « les prostates dans lesquelles on ne trouve pas de lésions inflammatoires intraglandulaires et où la prolifération conjonctive se localise exclusivement ou presque exclusivement à la périphérie, aboutissent à une atrophie post-inflammatoire. La plus grande partie du tissu conjonctif de nou-

velle formation, apparu à la périphérie, se transforme ici en tissu cicatriciel, se rétrécit et provoque peu à peu l'a- . trophie complète des fibres musculaires et surtout des culs de sac glandulaires qui se trouvent entre ces foyers cicatriciels ». Au contraire en cas de suppuration il y a destruction d’une partie de la glande et formation à sa place d’un noyau cicatriciel rétractile. Comme origine cette inflammation est le plus souvent blennorragique (3 cas de Srraucu chez des individus de 21 à 32 ans, 2 cas de Banru 5 cas de STENIER, etc.).

Parfois elle est consécutive à une tuberculose guérie de l'organe et BURKHARDT ae à ce sujet $ observations personnelles, l’une dd ie gauche avec atrophie du lobe prostatique correspondant, l’autre survenue au cours d’une périurétrite tuberculeuse, le 3° chez un tuberculeux rénal bilatéral avec atrophie complète. Exceptionnellement enfin l’atrophie peut être consécutive à une suppuration métastasique au cours de pyohémie (typhus, grippe, pneumonie, variole, rougeole). BURKHARDT cite une observation personnelle d’atrophie consécutive au typhus.

La forme traumatique ou opératoire se rattache à la forme inflammatoire au traumatisme et à l’atrophie. Cette atrophie post-opératoire se voyait surtout au temps où l'on faisait la taille périnéale latérale, un des lobes prostatiques était intéressé, se sclérosait et s’atrophiait après l'opération. Et BurkHArpr pense que l'on doit faire entrer dans cette catégorie certains cas d’atrophie observés après tentatives thérapeutiques sur le testicule ou le déférent : ainsi après injection d'iodoforme dans l'extrémité sectionnée du déférent, opération préconisée par JABoULAY dans l’hypertrophie prostatique ou injection de chlorure

Op

de zinc dans le parenchyme testiculaire faits dans les mémes circonstances à la façon de LanweLoxeue-Bouix. Dans ce cas l’inflammation provoquée se serait propagée à la prostate et aurait entraîné l’atrophie. Ajoutons enfin qu'on à pu observer l’atrophie après traumatismes non opératoires : OBERLANDER et KoLLMANN citent chacun un cas de contusion grave du périnée (sans rupture de l’urètre) guérie lentement et ayant laissé à leur suite une atrophie partielle ou totale de la glande. La contusion aurait agi, ici aussi, en appelant et localisant un processus infectieux. Les fausses routes, en blessures de l’urètre prostatique pourraient également avoir la même conséquence : l’atrophie d’origine inflammatoire.

Cette forme est relativement fréquente par rapport.aux autres, Brrkt#arpr lui indique comme pourcentage

2) Atrophie consécutive aux maladies générales, forme cachectique (Soc, EnGriscn), atrophie par épuisement (THompsow). — Toutes les maladies cachectisantes, avec dénutrition lente ou rapide peuvent produire l’atrophie de la prostate, atrophie par réduction, par amaigrissement . comme celle de tous les autres organes. On l’observera donc surtout au cours de la tuberculose et surtout de 1x tuberculose pulmonaire, dans le cancer d’autres organes, enfin dans les maladies aiguës accompagnées de consomption. THompson a trouvé à l’autopsie d’un tuberculeux jeune de 21 ans une prostate pesant seulement 3 gr. 4F, et chez un tuberculeux âgé de 78 ans une prostate de lo gr. 5. Le même chez un vicillard de 90 ans mort de cancer de la prostate ne pesait que 10 gr. 9 et Trompsow

spécifie bien que dans ces cas il ne s’agissait pas d’atro-

phie cachectique d'après l'aspect différent des altérations “histologiques de la glande.

3) Atrophie par pression. Celle-ci résulte d’une com- : pression mécanique persistante, progressive de la prostate qui entraîne une destruction des tissus, semblable à celle que nous observons dans les autres organes en de semblables circonstances. Souvent cette compression est exer-. cée par des tumeurs des organes voisins : néoplasmes osseux ou rectaux, tumeurs liquides d’origine osseuse (abcès froids) ou nées dans les tissus voisins kystes hydatiques du bassin). Fréquemment aussi l’atrophie est d’origine calculeuse ‘: Cuviace avait remarqué que ‘dans maints calculs vésicaux la prostate est petite, atrophiée, son développement a été entravé. BurkmarpT conteste la fréquence d’une telle atrophie, ne l’ayant pas observée, et admet au contraire comme constante l’atrophie provoquée par la présence de calculs de l’urètre prostatique ou de calculs vraiment prostatiques : ceux-ci atrophient plus ou moins la prostate suivant leur volume et leur nombre, ils peuvent la creuser de cavités ou même la réduire à l’état de simple bourse. Les rétrécissements sérrés de l’urètre peuvent de même provoquer l’atrophie par un mécanisme un peu différent : sous la pression de l'urine retenue en arrière du rétrécissement, l’urêtre se dilate en entonnoir, la glande s'étale avec lui et s’atrophie : de plus les canaux excréteurs et les glandes se dilatent et s’atrophient par pression intrinsèque tout comme le fait de rein au cours des hydronéphroses. CRUVEILHIER dans son traité d'anatomie pathologique a rapporté deux cas de cette sorte. « Cette cause reste cependant rare et il est relativement plus fréquent de trouver associée à un re-

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