PLANCHE IV
Le n° 1 , H , se trouve dans le même livre ci-dessus mentionné de Georges Paehymère, imprimé par la veuve Chevallon en 1538. Cette lettre est remarquable par les deux têtes qui entrent dans sa composition , et qui changent le caractère artistique des lettres grises. Les lettres H, avec un hibou -, N , avec figure grotesque ; et Q , avec un chien , se trouvent dans un volume intitulé : Pandectes Sciipturœ divinitus inspirâtes , imprimé pour Jacques Kerver, Paris, 1543 , in-4°, cum privilegio Senatus Pcirisiensis. Les figures employées comme ornemens de ces lettres nos 2 , 3 et 4 , n’ont assurément aucun rapport avec le texte auquel elles sont accolées, et notre époque s’est trouvée également devancée , comme on voit , en fait de disparates et de bizarreries, dont nos lettres ornées modernes offrent de si nombreux exemples. C’est vraiment jouer de malheur que de ne pouvoir absolument rien produire de nouveau , même en s’affranchissant de toutes les règles. Au reste , les artistes qui ont exécuté ces lettres, n’étoient eux-mêmes que des imitateurs ou plutôt des copistes de manuscrits des xme, xive et xve siècles, qui leur fournissoient amplement des modèles en ce genre. « Tout ce qu’un goût dépravé peut « produire de plus absurde , tout ce qu’un goût phrénétique a peut enfanter de chimères, fut presque l’unique caractère <( des lettres historiées de ce moyen âge. Ce ne fut guère « que vers ce dernier siècle (le xve) qu’on commença un « peu à se réconcilier avec la belle nature. » Nous verrons dans les Planches suivantes que le xvT siècle prit une belle part dans cette réconciliation.
EXPLICATION DES PLANCHES