‹ De la profession d'imprimeur, des maîtres imprimeurs, et de la nécessité actuelle de donner a l'imprimerie les règlemens promis par les loisChapitre 9 sur 22 · PLANCHE III · texte numérisé non relu

PLANCHE III

La lettre L, n° 1, se trouve au folio CXL du volume intitulé : Pontii Paulini episcopi Epistolæ , imprimé par Josse Bade en 1516 , in-8°. Les nos 2, 3 et 4, 1,0, H, sont pris dans le volume : De Maria Magdalena Disceptatio , imprimé par Henri Estienne Ier en 1518, in-4° : le I, p. 11; le H, p. 40, verso; le O, p. 62, verso. L’élégance et la légèreté des ornemens de ces trois lettres , et leur exécution, attestent des progrès bien rapides dans ce genre de gravure. Ces lettres paroîtront surtout remarquables, si l’on considère qu’il n’y avoit pas cinquante ans que l’imprimerie étoit introduite à Paris lorsque Henri Estienne et Josse Bade publioient ces volumes. Ces lettres gracieuses semblèrent alors pouvoir suffire à tous les besoins de la typographie , et elles furent exécutées dans les trois dimensions appropriées aux formats les plus usités, l’in-folio, l’in-quarto et l’in-octavo. Pendant plus de la moitié du xvie siècle, les imprimeurs les plus renommés n’employèrent presque pas d’autres lettres grises. On les voit successivement reparoître dans diverses éditions à plus de quarante ans de distance ; dans le Virgile de Robert Estienne de 1532, in-4°, et les mêmes lettres de ce Virgile dans sa belle Bible in-folio de 1540. Les imprimeurs, qui ne pouvoient ou ne vouloient pas faire la dépense de ces alphabets historiés, mettoient en tète des chapitres une simple lettre majuscule au milieu d’un carré de la même dimension qu’auroit eue la lettre grise dont elle tenoit la place , comme cela se pratiquoit dans les premières années de l’invention de l’imprimerie. Ainsi le trouve-t-on dans beaucoup d’éditions de nos imprimeurs du xvi* siècle, et entre autres dans le livre de Re rustica , in-folio, imprimé par Antoine Augereau en 1533. A la page 1 on voit une

EXPLICATION DES PLANCHES

lettre grise E , d’une légèreté et d’une délicatesse remarquables, et, dans le reste du volume, les Traités des divers auteurs qui ont écrit sur le même sujet commencent par une simple majuscule du caractère du texte. Mais dans cet ouvrage , comme dans beaucoup d’autres du même temps, à défaut d’enjolivemens étrangers à l’art typographique, on aperçoit certains soins de l’imprimeur, qui étoient sans doute mieux appréciés des lecteurs; ainsi, dans ce volume de lie rustica, les lignes sont numérotées de cinq en cinq.

Quelquefois , dans les imprimeries même les plus complètes, on faisoit usage de passe-partout. La place laissée vide dans leur intérieur permettoit d’y placer la lettre nécessaire, que l’on changeoit selon le besoin. Ces passepartout étoient ornés de la même manière que les lettres grises , dont ils avoient la dimension. On en voit dans l’édition du Xénophon de Henri Estienne , 1581, in-folio, après la belle lettre grise qui se trouve en tète des traductions latines. Lorsque la même lettre se trouvoit fréquemment répétée , à peu de distance , comme on n’avoit pas la ressource du polytypage des gravures en bois, afin d’éviter la dépense , la lettre grise étoit suppléée par une majuscule ou minuscule. Dans une Bible latine de Simon Bivilaqua , ornée de gravures en bois, et de lettres grises à chaque chapitre, il se trouve de suite douze lettres P, du nom Paulus , qui ont été laissées en blanc, et remplacées par un p minuscule. Cette Bible est de 1498, in-4°, à deux colonnes, et chaque colonne porte en marge les lettres A, B, C, D, qui recommencent à chaque alinéa, comme points de repère pour le lecteur.

EXPLICATION DES PLANCHES

Page 1