L.-F. PRAULT
Portrait en médaillon dessiné par Cochin en 1786, gravé par Saint- Aubin.
Louis-François Brault, premier fils de Laurent-François, imprimeur ordinaire du Roi. — Libraire en 1755, imprimeur en 1781, exerçoit depuis trente-six ans à l’époque de la révolution de 1789.
P. -J. MARIETTE , contrôleur-général de la Grande-Chancellerie, honoraire de l’Académie de peinture et sculpture, né à Paris le 7 mai 1694.
Dessiné par C. -N. Cochin en 1756, gravépar Aug. de Saint-Aubin en 1765.
Pierre-Jean Mariette, libraire et imprimeur; secrétaire du Roi en 1752, après s’être démis de son imprimerie; mort en 1774. Mariette est auteur de plusieurs ouvrages estimés, et qui font autorité dans les arts. 11 a publié entre autres un Traité des Pierres antiques gravées du Cabinet du Roi, 2 vol. in-fol., 1750, de l'imprimerie de l’Auteur; le Catalogue des Collections d’estampes qu’il a laissées après sa mort forme un volume in-8° de plus de 500 pages. — Trente-six ans d’exercice, de 1714 à 1750.
Pierre-Guillaume SIMON, imprimeur du Parlement, né le 10 avril 1722, reçu en l’année 1735, adjoint en survivance de Pierre Simon son père, décédé le 29 juin 1741. Peint par Pougin de Saint-Aubin en 1770; gravé par Ingouf en 1786.
Pierre- Guillaume Simon, imprimeur du Clergé de France et du Parlement. — Quarante-neuf ans d’exercice, de 1758 à 1787.
Au verso de l’exemplaire de ce portrait, qui est à la Bibliothèque royale, se trouve la lettre suivante, écrite de la main de Simon, et adressée à M. Le Noir, conseiller d’État , lieutenant de police :
« Cette estampe a paru d’un grand mérite pour la ressemblance. «Elle est si supérieure par la finesse du burin, qu’à ce dernier « titre seul (ces mots sont soulignés dans la lettre), j’ose prendre « la liberté de la mettre sous les veux de Monsieur.
PORTRAITS
« Depuis trois ans un rhumatisme goutteux a privé Simon de « présenter ses vœux annuels à ses supérieurs. »
Au bas de cette lettre une autre main a écrit ces lignes :
« Celte estampe fut terminée à peine huit jours avant la mort « de M. Simon , dont les amis ont exprimé leurs sentimens par « ce distique :
« Du suprême Sénat ( le Parlement ) il eut la confiance,
« De ses égaux l’amour, de son art la science. >»
Charles-Antoine JOMBERT , libraire du Roy pour le Génie et l’Artillerie.
Portrait en médaillon dessiné par C.-N. Cochin, gravé par Aug. de
Saint-Aubin en 1770.
Libraire et imprimeur, syndic de la Communauté. — Quarantehuit ans d’exercice, de 1756 à 178-1, comme libraire, et seulement six ans comme imprimeur, de 175i à 1760.
P. -S. FOURNIER, né en 1712 , mort en 1768.
Peint par Bichu en 1748, gravé par C.-S. Gaucher.
Pierre-Simon Fournier , graveur et fondeur, imprimeur par arrêt du Conseil, en 1762; auteur du Manuel typographique.
SAUGRAIN, sixième libraire de ce nom, de père en fils, depuis 1518.
Portrait en médaillon gravé par Ficquet.
11 ne se trouve, sur le portrait, aucune autre indication de la personne de ce libraire, qui est probablement Claude Marin ii, libraire depuis 1759, et qui exerçoit encore en 1789, avec les fonctions de garde de la Bibliothèque du comte d’Artois. — Trente ans en exercice, de 1759 à 1789.
A . -F. KNAPEN , syndic de la Librairie et consul.
Portrait dessiné au physionotrace.
André-François Knapen, imprimeur de la Cour des aides, avoit été reçu libraire en 1717, et imprimeur en 1719. Ii a exercé encore
DES IMPRIMEURS ET DES LIBRAIRES
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pendant quelques années du xixp siècle. Il est mort âgé de plus de quatre-vingt-dix ans. Je l’ai vu plusieurs fois dans son imprimerie séculaire, située au quatrième étage de la maison qui fait face au pont Saint-Michel. — Environ soixante ans d’exercice.
A.-M.-P. KNAPEN, membre de plusieurs Académies et Sociétés littéraires.
Portrait au physionotrace.
Achille- Maximin- P hilogone Knapesn , libraire de la Grande- Prévôté. En 1785, imprimeur pour exercer concurremment avec son père. Il quitta la librairie à l’époque de la révolution, pour suivre la carrière des lettres.
Augustin-Martin LOTTIN.
Dessiné par Fouquet, gravé par Chrétien, inventeur du physionotrace, en 1792. (À la Bibliothèque royale.)
Augustin-Martin Lottin, libraire et imprimeur de l’Hôtel-de- Ville; reçu libraire le 9 février 1748, reçu imprimeur le 3aoûtl752. Au haut du portrait on lit : Amiens , Amicum, Amicis ; et au bas est écrit : « Cet imprimeur a enseigné l’art de l’imprimerie à LL. MM. Louis XVI et Louis XYIÎ1, et à S. À. R. Monsieur, comte d’Artois. » — Quarante-deux ans d’exercice, de 1746 à 1788, et exerçoit encore à l’époque de la révolution de 1789.
DE LA TOUR, libraire-imprimeur de la Compagnie des Jésuites.
Médaillon au physionotrace. (Collect. de M. De Bure.)
Louis-François De La Tour, fut reçu libraire en 1745, et imprimeur en 1750. Il se démit de son imprimerie en 1778, pour acheter une charge de secrétaire du Roi en 1779. Gendre et associé de Guérin, libraire et imprimeur de beaucoup de mérite, il réunit la fortune de deux maisons des plus riches de la librairie de Paris; on l’appeloit De La Tour-Guérin. Le titre d’imprimeur de la Compagnie des Jésuites, qui dut être très productif à De La Tour pendant le long procès de cette riche Compagnie, se trouve sur le portrait
PORTRAITS
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ci-dessus mentionné. Louis-François De La Tour, né en 1727, mourut à Paris en 1807, âgé de quatre-vingts ans. Son goût pour les arts le porta à recueillir des curiosités de la Chine. Pendant trente ans il fut en correspondance avec les missionnaires de Pékin, qui lui envoyoient les collections les plus précieuses en tous genres. C’est à l’aide de ces matériaux que De La Tour a composé un ouvrage intitulé Essais sur l’Architecture des Chinois, sur leurs Jardins, leurs principes de Médecine, et leurs Mœurs et Usages, avec des notes; en deux parties, 1803, in-8°, avec une seule pagination. La deuxième partie commence à la page 245, par un faux titre. Le volume contient 568 pages, et un feuillet d'errata. Cet ouvrage n’ayant été tiré qu’à trente-six exemplaires, il peut être regardé comme une rareté bibliographique. Un de ces trente-six exemplaires, qui m’a été communiqué par M. Leblanc, ancien imprimeur-libraire, est orné d’un portrait original de l’auteur, dessiné à l’encre de la Chine par une main habile.
Philippe-Dewys PIERRES.
Portrait au trait, en médaillon.
Premier imprimeur du Roi et de l’Assemblée des Notables à Versailles, en 1787. Il étoit en outre imprimeur de la Police, de l’administration des Postes, du Collège royal de France, des Chanoines réguliers de la congrégation de France, des Bénédictins de la congrégation de Saint-Maur, des États de Provence, et de la Société royale de Médecine. — Vingt-six ans d’exercice, depuis 1765 jusqu’à 1789.
Charles-Joseph PANCKOUCKE.
Portrait lithographié par Langlumé.
On lit au bas de ce portrait : « A C.-J. Panckoucke, éditeur de « F Encyclopédie méthodique, son fils C.-L.-F. Panckoucke, éditeur .< des Victoires des Français, du Dictionnaire des Sciences médi- « cales, etc., etc. 1819. »
Charles- Joseph Panckoucke, libraire de Lille, reçu libraire à Paris en 1762, a exercé jusqu’à la lin de 1798, époque de sa mort. — Trente-six ans d’exercice.
DES IMPRIMEURS ET DES LIBRAIRES
ONFROY (Eugène), gendre d’Augustin -Martin Lottin, reçu libraire à Paris le 13 mars 1772, mort le 1 4 décembre 1809.
Portrait en médaillon , dessiné au pliysionotrace , et gravé par Quenedey en 1803.
Eugène Onfroy étoit libraire de la Grande-Prévôté en 1788. — Trente-sept ans d’exercice, de 1772 à 1809.
A.-F.-M. MOMORO, imprimeur de la Liberté nationale,
Portrait en médaillon , au bas duquel se trouve ce quatrain :
Liberté d’imprimer, liberté de penser,
11 osa le premier d’un si beau droit user;
11 étoit citoyen, il eut de l’énergie:
L’amour du bien public fait son apologie.
Antoine-François Momoro, natif de Besançon, reçu libraire à Paris le 29 décembre 1787. Il n’attendit pas, en effet, la loi de 1791 pour établir une imprimerie, et fut, comme il s’intituloit, le premier imprimeur de la Liberté. A cette imprimerie il joignit la fonderie de Jean-François Fournier, dont il avoit épousé la petitenièce. C’étoit plus qu’il n’en falloit pour exercer toutes les facultés d’un homme passionné pour la typographie : mais Momoro étoit plus ardent que le feu des fourneaux de sa fonderie. Sa fougue révolutionnaire le fit entrer des premiers dans le club des Cordeliers, et de là il monta à l’échafaud, le 24 mars 1794, avec toute la séquelle Hébertiste; il étoit à peine âgé de trente-huit ans. Dans cette même année 1794, et à peu de jours de distance, trois imprimeurs périrent sur l’échafaud à Paris : Collignon, de Metz', comme royaliste; Anisson-Itupéron , comme aristocrate ; et Momoro, comme furieux démagogue. Il n’avoit pas d’autres prénoms que
‘ Jean-Baptiste Collignon, né le 7 janvier 1704, guillotiné le 1 8 mars 1 7g4 , âgé de soixante ans ; Momoro , le 24 mars ; et Estienne- Alcxandrc-Jacques Anisson-Dupéron , le i5 avril , à l’âge de quarante-
six ans.
PORTRAITS
ceux d 'Antoine-François. Les trois initiales A.-F.-M. qui précèdent son nom sur son portrait ne peuvent donc être attribuées qu’à une erreur. Il n’y a pas eu, et il n’existera probablement jamais, deux imprimeurs de la trempe et du caractère de Momoro, qui s’étoit séparé de Danton et de Robespierre parce qu’il les trouvoit trop modérés.
Momoro avoit publié, en 1789, un Manuel des impositions typographiques, in-12 de 24 pages, contenant soixante-douze impositions des différens formats, en 25 planches. En 1792, il donna un supplément de vingt-cinq impositions, en 4 planches. En 1795, il imprima son Traité élémentaire de l’Imprimerie, ou le Manuel de l’Imprimeur, in-8°, avec 56 planches, et non pas 40 , comme il est imprimé sur le titre du livre. Ce Traité de l’Imprimerie est loin de justifier l’éloge qu’en ont fait les bibliographes et les biographes, qui se sont répétés sans qu’aucun ait probablement jeté les yeux sur la première page du livre. C’est une nomenclature incomplète et indigeste de termes typographiques, rédigée dans un langage informe. L’ouvrage, imprimé en 1795, étoit composé depuis 1785, et l’on s’en aperçoit à certains mots qui figurent dans le vocabulaire, tels que Bienvenue, Billets de congé, Chapelain, Droit de chevet, Droit des quatre HEURES , Privilège , Adjoint, etc. L’auteur a soin d’indiquer que ces articles, et autres du même genre, sont d’ancien régime : mais c’est aujourd’hui la seule partie intéressante de son livre, où l’on retrouve ainsi la trace de quelques usages de l’ancienne imprimerie. Ce qui s’y fait aussi remarquer, c’est l’enthousiasme de l’auteur pour l’imprimerie, qu’il n’exerçoit pas encore lorsqu’il rédigeoit son Traité; enthousiasme qui, plus tard, changea si malheureusement de nature; c’est aussi le désintéressement qui l’anime, et qu’il voudroit plus souvent rencontrer pour l’honneur de l’imprimerie. Afin de mieux faire connoîlre les sentimens de l’auteur à cet égard, je citerai textuellement quelques passages de son livre, fort peu connu d’ailleurs, et encore moins consulté aujourd’hui.
« Un imprimeur, curieux de voir sortir de beaux ouvrages de ses presses, n’épargne point les étoffes; il ne permet même pas qu’on travaille avec des étoffes un peu usées.
« Les maîtres imprimeurs peu curieux de belle impression , et plus avides d’argent que de renommée, ou donnent des étoffes de
DES IMPRIMEURS ET DES LIBRAIRES
loin en loin, ou se font tirer l’oreille pour en donner; cela coûte de l’argent . (Page 168.)
« La manie d’imprimer est portée, au siècle où j’écris, au point de faire des ouvriers de tout ce qui se présente pour entrer dans cet état.
« Les Estienne avoient raison de se plaindre de l’ignorance de certains imprimeurs de leur temps. S’ils voyoient une partie de ceux d’aujourd’hui, que ne diroient-ils point?
«Loin qu’un maître imprimeur sache la langue latine, lire le grec, et son état, le dirai-je? quelques-uns ne savent pas leur français , leur langue naturelle.
« J’ai vu des chapeliers, avec de la fortune, acheter une imprimerie , obtenir un privilège , et , ne sachant faire que des chapeaux , se mettre à la tête d’un état dont ils n’avoient pas les premières notions.
«D’autres, après avoir fait le métier de charlatan, de baladin, de musicien, devenir imprimeurs. O honte !
« D’autres encore traiter d’une imprimerie comme d’une usine; spéculer son produit, et non l’honneur de l’art.
« Comment est-il possible qu’il sorte de beaux ouvrages, et bien corrects, de ces presses? Comment peut-on accorder des privilèges aussi facilement? que ne les donne-t-on au mérite? Pourquoi ne tient-on pas la main à ce que l’on n’admette au concours que des imprimeurs instruits, et ayant les qualités requises pour obtenir des privilèges? » (Pages 211 et 212.)
Les abus que signale Momoro n’avoient pas encore lieu à Paris, mais ils étoient déjà fréquens dans les provinces, surtout vers l’époque où il écrivoit son Traité de l’Imprimerie ; car dans le même temps l’autorité commençoit à perdre de sa force, et laissoit empiéter sur les règlemens.
Plus loin, à l’article orthographe, l’auteur fait cette remarque : « Dans les premiers temps de l’imprimerie, des gens de lettres se sont fait honneur d’exercer cet art. Mais, hélas! dans la suite, la cupidité leur a substitué ou des ignorans, ou des spéculateurs intéressés, qui, comme on le sent d’avance, ont conduit leurs imprimeries tout ainsi qu’on mène les usines. »
L’impression du livre de Momoro se ressent plus que toute autre du désordre des temps où il fut imprimé (1765), et ce n’est pas