DONT IL EXISTE DES PORTRAITS GRAVÉS
Uldericus GUERJMCH , Proto -Typographus , Parisiis , 1510 \
Gravé par L. Boudan. (A la Bibliothèque royale.)
Au bas est écrit : « Gist au Colege de Montaigu, à Paris. Il en est « bienfaicteur, et son portrait est dans la chapelle, sur lequel « celuy-cy a esté pris. — Il a aporté le premier l’imprimerie en « France. »
Ulric Gf.ring, de Constance, premier imprimeur de Paris. — Quarante ans d’exercice, de 1470 à 1510.
Jodocus BADIUS Ascencius, linguæ latinæ et græcæ Professor Lugdunensis , Typographus dein Parisiensis celeberrlmus. Natus 1462; denatus an. 1535.
Dans l’ouvrage de Frédéric Roth-Scholtz , intitulé Icônes Bibliopolarum et Tijpographorum de republica litteraria bene meritorum , ab incunabulis typocjraphiœ ad nostra asque tempora. Norinbergæ, 1726-1729, 2 part, in-fol.
Josse Bade d’Asch, imprimeur-libraire, graveur et fondeur de caractères. — Trente-sept ans d’exercice, de 1498 à 1555.
' M. De Bure l’aîné possède dans sa Collection une épreuve de ce même portrait gravé par Boudan, sur laquelle se trouve la date de 1469, au lieu de i5io. La date de 1469 est celle de l’arrivée de Gering à Paris; la date de i5io est celle de sa mort. M. De Bure a mis le plus obligeant empressement à m’ouvrir les cartons de sa collection, qui contiennent les portraits des imprimeurs et libraires de France et des pays étrangers; et je lui suis redevable d’avoir pu compléter cette liste. Sa collection, la plus riche peut-être qui existe aujourd’hui en Europe, se compose de plus de soixante mille porti’aits de divers personnages.
PORTRAITS
Ro ek rt us STEPHANUS.
Deux portraits : l’un gravé par Henri Hondius, au monogramme Hi ; l’autre , par Desrochers.
Au bas du portrait de Desrochers, on lit ces lignes gravées : « Sçavant imprimeur par sa parfaite connoissance des langues et «des belles -lettres. Né à Paris; mort protestant à Genève, l’an « 1559, âgé de cinquante-six ans. »
Et plus bas, dans un cartouche, ces vers de Thiboust, l’auteur du poème latin sur la Typographie :
Ce savant à jamais vivra Digne du temple de Mémoire,
Et chez les imprimeurs sa gloire Autant que leur art durera.
Un autre portrait de Robert Estienne se trouve dans les Annales typographiques de Maittaire, gravé par D. Coster.
Au bas de ce portrait on lit ce quatrain :
Robertum cernis Stephanom, quem gallicus orbis Miratur. Primus calcograpkum Stephanus,
Qui pius et doctus procudit scripta piorum .*
Sorbona bine non vu/t irnpia ferre virum.
Un quatrième portrait en pied, dessiné par C. Jacquand et gravé par Leclerc, a été inséré dans la Notice sur Robert Estienne, qui fait partie du Plutarque français publié par M. Mennechet.
Robert Estienne , imprimeur-libraire. — Trente-quatre ans d’exercice , de 1525 à 1559.
Feber. MORELLUS Federici nobilis genere Campani filius, Professorum et interp. regiorum decanus. Anno ætatis lix , Sal. 1617.
Frédéric Morel, deuxième du nom; imprimeur du Roi. — Cinquante ans d’exercice, de 1580 à 1630.
Claubius MORELLUS , Archytypographus regius anno 1626, ætatis suæ 52.
Claude Morel, second fils de Frédéric î, imprimeur-libraire. — Quarante-sept ans d’exercice, de 1579 à 1626.
DES IMPRIMEURS ET DES LIBRAIRES
Sebastien CRAMOISY, Regis Àrchytypographus, regiæ typographiæ Lupareæ Director, urbis Parisiensis ex-Consul , pauperum Administrator, vixit annos 83, obiitanno 1669, die 29 januarii.
Gravé par Rousselet en (672.
Sébastien Cramoisy, deuxième du nom, premier directeur de l'Imprimerie royale établie au Louvre, échevin, juge-consul, syndic. — Soixante-sept ans d’exercice, de 1602 à 1669.
Sebastianus MABRE CRAMOISY , Regis Archytypographus , regiæ typographiæ Lupareæ Director. Yixit annos 45, obiit anno 1687, die 9 junii.
Gravé par Vermeulen.
Sébastien Mabre-Cramoisy, petit-lils maternel de Sébastien 11, premier imprimeur du Roi , successeur de Sébastien Cramoisy dans la direction de l’Imprimerie royale. — Vingt-huit ans d’exercice, de 1659 à 1687.
Quoiqu’il ne se trouve pas d’écusson au bas de ce portrait, la famille Mabre-Cramoisy avoit des armoiries qui porloient d’argent coupé de sable à trois colonnes de l’une en l’autre posées en pal , parti d’argent à un ancre de sable posé en pal et un chef d’azur chargé de trois étoiles d’or. ( Armorial de Paris, au nom Cramoisy; Ms. de la Bibliothèque royale.)
Antonius VITRE, Regis et Cleri gallicani Typographus.
Peint par Philip. Champaigne , gravé par Morin.
Autre portrait, gravé par Moncornet.
Autre portrait, dans l’ouvrage de Roth-Scholtz.
Antoine Vitré, imprimeur ordinaire du Roi ès langues orientales, et directeur de l’Hôpital-général. Son nom se trouve imprimé Vitray et Vitré dans sa Polyglotte. — Soixante-quatre ans d’exercice, de 1610 à 1671.
96 PORTRAITS
François LANGLOIS, dit de Chartres , libraire et marchand d’estampes.
Peint par Van Dyck; grave par Nie. Poilly en 1 G45.
Libraire. — Vingt et un ans d’exercice, de 1634 à 1653.
Robert BALLAPtD , Consulariæ (sa) jurisdict. Præfect. anno 16G6, Regis Christ, musicæ Monotypographus , neenon Psal. capitulæ Notator ad an. 1672.
Peint par Lefèvre; gravé par Duflos en 1713.
Un écusson armorié est gravé au bas du portrait. Il porte d’azur à une face d’or chargée d’un demi-vol de sable, et accompagnée de trois balles d’argent. ( Armorial de Paris , page 1345, recto; Ms. de la Bibliothèque royale.)
Robert Ballard, deuxième du nom de Robert, imprimeurlibraire, et seul imprimeur du Roi pour la musique. — Trenteneuf ans d’exercice, de 1640 à 1679.
DENISE, fille de Jean Camusat, et femme de Pierre Le Petit, morte le 12 novembre 1675, âgée de 46 ans.
Gravé par Trouvain en 1697.
Pierre Le Petit, gendre de Jean Camusat, étoit imprimeur du Roi et de l’Académie française. Sa femme étoit d’une grande beauté, et le graveur n’est pas resté inférieur au modèle.
Au bas du portrait est gravé ce sixain :
Ce front offre à tes yeux la douceur, la prudence De celle que la Providence Mit trop tôt pour les siens dans l’éternel repos.
C'est le visage d’une femme;
Mais si tu pouvois voir son âme ,
Tu verrois l’âme d’un héros.
DES IMPRIMEURS ET DES LIBRAIRES
Dy onysius THIERRY, Consularis jurisdictionis Parisiensis Præfectus , anno 1689.
Peint par Ferdinand en 1690, gravé par Duflos en 1 7 1 i ,
Autre portrait d’après Lahire, gravé par Landry. Ce dernier portrait, gravé de nouveau par Landry, pour le frontispice d’un Missel de l’ordre de Saint-François, dont Thierry étoit imprimeur.
Denys Thierry, deuxième du nom, imprimeur-libraire. Il étoit libraire de Boileau, qui l’a nommé dans l’Épître à ses Vers. En 1682 , l’ambassadeur de Maroc visita son imprimerie. — Soixante ans d’exercice, de 1652 à 1712.
Fredericus LEONARD BruxeUensis, Regis, serenissimi Delphini et Cieri gallicani Archytypographus. Ætatis lxvi , anno mdclxxxix.
Peint par Rigaud, gravé par Edelinck.
Avec écusson armorié , et la devise Fortior invidia virtus. Il porte de sinople à une tête de bélier d’or, accompagné de trois bezans d’argent, deux en chef et un en pointe.
Autre portrait, ætatis lxix, 1693; peint par Rigaud, gravé par Vermeulen, avec les mêmes armoiries et la même devise.
Autre portrait gravé par Beck dans l’ouvrage de Roth-Scholtz.
Frédéric Léonard, premier du nom, de Bruxelles, imprimeur ordinaire du Roi. — Cinquante-neuf ans d’exercice, de 1633 à 1712.
Joannes-Bai>tista COIGNARD , Regis et Academiæ gallicæ Archytypographus. Obiit Parisiis anno 1689, 10 sept., ætatis suæ lii.
Gravé par Duflos.
Au bas du portrait sont gravées les armoiries de Coignard, qui portoit de gueules à trois coignées d’argent emmanchées de même , posées deux et une, et un chef cousu d’azur chargé d’une couronne
PORTRAITS
de laurier d’or, accostée de deux étoiles à six rais de même. [Armorial de Paris, page 82G, verso.)
Jean-Baptiste Coignard, premier du nom, imprimeur-libraire. — Trente et un ans d’exercice, de 1658 à 1689.
Jean-Baptiste COIGNARD , Regis et Academiæ gallicæ Typographus, Parisiensis ex-Consul , Typographorum ac Bibliopolarum ex-Syndicus , Âdministrator pauperum. Ofïerebat Joannes Baptista Coignard filius , Typographus regius.
Peint par Pesne en 1724, gravé par G.-E. Petit en 1732.
Avec l’écusson armorié, comme ci-dessus, au bas du portrait.
Jean-Baptiste Coignard, deuxième du nom, imprimeur du Roi et de l’Académie française. — Cinquante ans d’exercice, de 1687 à 1737.
Jean-Baptiste COIGNARD , Regis et Academiæ gallicæ Typographus. Offerebat P. Æ. Le Mercier et Elisabeth Boudet.
Peint par Voiriot , gravé par Daullé.
Jean-Baptiste Coignard, troisième du nom, imprimeur du Roi et de l’Académie française , fondateur d’un prix à l’Université. — Quarante ans d’exercice , de 1715 à 1752.
François MUGUET , premier imprimeur du Roy et du Clergé de France.
Peint par Simon Dequoy, gravé par S. Thomassin en 1700.
Avec écusson armorié.
Le même portrait réduit.
Cet imprimeur du Roi fut décrété de prise de corps par arrêt du Parlement du 29 avril 1663, pour avoir imprimé une bulle reçue
DES IMPRIMEURS ET DES LIBRAIRES
en lit de justice le même jour. Par le même arrêt il fut fait défenses de publier les bulles avant que les Lettres-patentes eussent été enregistrées en la Cour.
Imprimeur-libraire. — Quarante-quatre ans d’exercice, de 1658 à 1702.
Petrus EMERY, Biblio-typographorum Parisiensium, necnon suæ Societatis procuratorum Decanus. .
Gravé par Moyreau en 1729.
Pierre Émery, doyen des syndics de la Communauté des librairesimprimeurs, libraire. — Quarante-sept ans d’exercice, de 1683 à 1750.
Pierre-Augustin LE MERCIER, imprimeur ordinaire de la "Ville, ancien syndic de la Communauté , mort le 9 janvier 1734 , âgé de soixante-huit ans.
Peint par L. Vanloo , premier peintre du Roi d’Espagne , gravé par J. Daullé.
L’abbé Molinier a écrit ce quatrain , qui se trouve sur quelques exemplaires de ce portrait :
La Nature avoit peint de ses traits les plus doux Celui dont le burin rend ici la figure;
Obligeant, ami vif, bon père, bon époux ,
On le voit : mais quels traits auroient peint sa droiture ?
Imprimeur - libraire , imprimeur ordinaire de la Ville, syndic. Reçu libraire à vingt-deux ans, imprimeur à vingt-neuf ans. — Quarante-sept ans d’exercice, de 1687 à 1754.
Claude-Louis THIBOUST , imprimeur et libraire , né à Paris le 1 4 novembre 1667, mort le 22 avril 1737.
Gravé par J. Daullé.
PORTRAITS
Auteur du poème Typographies excellentia. Son iils Claude- Charles Thjboust a fait ce quatrain, gravé au bas du portrait :
Docte, enjoué, plaisant, ce vieillard agréable Fut un mortel humain , généreux, secourable ;
Bon père , tendre ami , sans détour et sans fard ;
Et celui de nos jours qui sut le mieux son art.
Libraire et imprimeur de l’Université , graveur et fondeur de caractères. — Quarante-trois ans d’exercice, de 1694 à 1737.
Jacques VINCENT , imprimeur-libraire, syndic en 1744 , mort le 7 mai 1760, âgé de quatre-vingt-huit ans.
Gravé par N. -P. de Poilly.
Au bas du portrait on lit ce quatrain :
Aux mœurs de l’ancien temps il joignit la bonté,
Aux talens , aux succès l’exacte probité;
Austère pour lui seul, il fut pour tous affable,
Tendre époux , ami , père , en tout inimitable.
Imprimeur des États de Languedoc. Le graveur de Poilly étoit son gendre. Son fils Jacques-Claude Vincent, bibliothécaire de Saint-Remy de Reims, étoit bénédictin de la savante congrégation de Saint-Maur. — Quarante-six ans d’exercice, de 1704 à 1730.
P. PRAULT , Typographus Parisiensis.
Portrait en médaillon dessiné par Cochin, gravé par Laurent Cars, 1755.
Pierre Prault, de Bourges, libraire et imprimeur des Fermes et Droits du Roi. — Quarante-sept ans d’exercice, de 1711 à 1758. Mort en 1768, âgé de quatre-vingt-trois ans.