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fois; un peu de sang était mêlé aux déjections stomacales. Une légère douleur sur le pulvis se révélait au toucher abdominal. Le pouls était bon: pas de douleur bien nette. I y avait un peu de diarrhée, quoique la constipation fût la règle; la température rectale était normale. La petite, à cette visite, était tout à fait en train, quoique très faible.
A la visite du matin, le tableau s'était assombri, et la malade était en collapsus. Cet état avait commencé peu auparavant. La température était maintenant au-dessus de la normale ; on constatait de la douleur dans Ia fosse iliaque droite, avec rigidité musculaire du même côté de Pabdomen ; vomissements répétés.
Prenant en considération ce que l'attaque avait de soudain, le collapsus, la température élevée, la douleur dans la région inguinale droite, ainsi que les troubles digestifs qui laccompagnaient, et le fait antérieur de la constipation, j'étais porté à soupçonner une perforation de l'appendice vermiforme.
Quelques heures après, le D' Charles Deuhard (1° juin) vit l'enfant ct exprima la mîme manière de voir.
Le lendemain matin (2 juin), on nota de la difliculté à uriner, attribuée à une péritonite. L'enfant s'était relevée de son collapsus et allait certainementmieux. Moins de vomissement. Le professeur À. Jacobi fut appelé en consultation, et pour les raisons rapportées plus haut confirma le diagnostic. Comme lurine n'avait pas été examinée depuis la veille au matin, elle fut examinée et reconnue pure d’albumine. Le vomissement réapparut bientôt, et rapidement devint verdàtre. Le tympanisme commença et s’accentua; l'abdomen était un peu plus mou. Malgré la morphine, les douleurs étaient très aiguës. Le pouls devint plus fréquent et plus faible ; état général mauvais.
PACA
Le jour suivant, lundi 3 juin, à cinq heures du soir, le professeur Win. T. Bull fut appelé en consultation. Le diagnostic de péritonite aiguë due probablement à une perforation, fut porté par lui. Une laparotomie fut proposée, le danger du cas étant pleinement expliqué à la famille.
Température rectale 101 F.
Pouls 150 et très faible.
Vomissemcents incessants et réfractaires à tous les nombreux remèdes auxquels on eut recours.
Huit heures après (une heure du matin, 4 juin), les parents finirent par consentir à une opération, bien qu'ils eussent été informés que le cas était désespéré et que les perspectives du succès final n'étaient pas bien encourageantes.
Le chloroforme fut administré avec circonspection ct habileté par le docteur Deuhard, et le docteur Bull ouvrit l'abdomen par une incision latérale au-dessus du colon.
Un liquide sero-purulent fut trouvé en grande quantité dans la cavité abdominale ; Les intestins étaient distendus par les gaz, congestionnés et çà et là tapissés de Iymphe. L’appendice fut recherché et découvert après quelque difficulté. Il présentait un aspect parfaitement normal ct aucune concrétion fécale, aucun corps étranger ne pouvait être découvert à travers la paroi.
La trompe droite de Fallope, cependant, avec ses extrémités frangées, était enflammée et épaissie ct évidemment avait fermé la voie par laquelle le processus de linfection avait réussi à pénétrer jusqu'à la cavité péritonéale et de la sorte avait donné naissance à une série de symptomes simulant exactement une perforation de lappendice.
Le véritable caractère du cas ne se révélait qu'au mc-
Se
ment de l'opération. L’abdomen fut nettoyé avec de l'eau chaude, la blessure recousue et un pansement antiseptique appliqué.
Une injection rectale d'eau chaude et d'alcool fut alors administrée et la malade remise au lit avec la tête basse.
Selon toute apparence, l'opération n’ajouta aucun élément de trouble à l’état déplorable de lenfant.
Vingt heures après la mort survint d’une syncope, la souffrance et les vomissements ayant persisté jusqu'à fa fin.
Dans l’article que Huber de New-York consacre à l'observation remarquable que l’on vient de lire, il est également mentionné deux autres cas de péritonite qui semblent bien aussi avoir eu pour point de départ un écoulement vaginal :
Il y a quelques jours j'ai vu, grace à la courtoisie du docteur A. W. Newfield, une fillette de 11 ans avec une maladie aiguë dont la manifestation principale était une souffrance intense dans l’aine droite, avec difliculté à uriner, quelques vomissements et une sensibité douloureuse avec rigidité du côté droit de l'abdomen; la cuisse était elle-même infléchie sur l'abdomen.
L'existence d’un sérieux catarrhe vaginal nous mit sur nos gardes, et l’examen vaginal révéla l'absence de l'hymen et un ovaire enflammé et d’une exquise sensibilité. »
Hadfield (1) rapporte un cas où la péritonite se généralisa également. ,
Le docteur Caillé (2), dans la discussion qui suivit le récit de l'observation de Huber; rapporte également qu'il a observé un cas chez une enfant de 5 mois. Le père avait la chaude-pissse. L'enfant avait une opthalmie purulente et une vulvo-vaginite. Finalement, elle fut prise d’une péritonite à laquelle elle succomba.
© Nous avons trouvé dans la littérature anglaise une ob-
servation qui mérite également d’être citée complètement :