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OBSERVATION IV

Cas de péritonite généralisée, aiguë, rapidement mortelle chez une enfant qui présentait de la vulvo-vaginite, par Lindsay Steven, médecin assistant à lhôpital royal” de Glascow (3).

La malade était une fillette de quatre ans, Marie M... Son père et sa mère avaient loujours éti bien portanis.

(1) Hadfield. Archives of Pediatric. 1836.

(2) Caillé. Communication de Huber. (Loco citato.)

(3) Lindsay Steven. The Lancet. 30 mai 189r.

SE

L'enfant, avant l'apparition de la maladie, qui devait lui être fatale, n'avait jamais été soumise aux soins du docteur Headrick, médecin habituel de la famille et qui avait soigné ses frères et sœurs pour des indispositions insigniliantes.

Le 12 mai 1890, au matin, l'enfant prit son déjeuner comme d'habitude: elle avait été à la selle avant le repas et semblait aussi bien qu'à l'ordinaire.

A dix heures du matin, elle vint se plaindre à sa mère de mal au ventre et sa mère, pensant qu'elle avait besoin d'aller au cabinet, l'y conduisit; mais elle n'eut pas de selle et urina seulement un peu.

Durant la matinée, l'enfant fit une marche d'un demi- ‘mille pour aller chez sa grand'mère: mais là, les souffrances abdominales devinrent si aiguës, qu'on lui administra deux gouttes de laudanum. Au retour, la malade dut être portée pendant toute la route: après quoi, une dose de sels lui fut administrée par la mère. L'après-midi, le mal empira et l'on fit chercher le docteur Headrick, entre cinq et six heures du soir. Il trouva l'enfant pale et l'air un peu abattu : il y avait une sensibilité extrême dans le côté droit de l'abdomen. La température était de 104F.; le pouls était faible et assez fréquent. Il n'y avait pas de toux : l'urine paraissait normale. On fit des fomentations ; le docteur Ileadrick prescrivit une potion calmante avec une goutte de teinture de digitale, pour relever l'état du pouls.

Le lendemain, 13 mai, au matin, l'enfant n'était pas mieux et durant l'après-midi elle devint très agitée et se mit à délirer. Le docteur Headriek m'appela dans la soirée par télégraphe et je vis la malade vers huit heures.

Elle était tout à fait abattue, ses lèvres étaient sèches et elle essayait sans cesse de les mouiller. Elle était très

inquiète et par instant faisait des efforts pour vomir.

Le pouls était à 120: la langue épaisse ; la face pale: l'abdomen était uniformément distendu ; et la percussion montrait du tympanisme extrême. La pression du ventre au-dessous de lombilic et sur Le côté droit de Fabdomen produisait une souffrance considérable. Pendant que je l’examinais, une selle claire, abondante, d’odeur acide, mêlée de mucus fut évacuée, et en même temps je remarquai un écoulement vaginal. La mère, questionnée sur l'écoulement vaginal, nous dit qu'il s'était montré depuis quelque temps, mais que l'enfant ne s'était pas plaint, et que pour cette raison elle n'y avait fait que peu d'attention. Comme diagnostic, nous posämes le diagnostic de péritonite généralisée, et je ne pus m'empêcher de penser que le catarrhe vulvo-vaginal était, suivant toute probabilité, la cause de cet état grave du péritoine. Cela me paraissait extrêmement vraisemblable en Fabsence de tout antécédent pouvant être l'indice de troubles intestinaux ou péritonéaux préalables. De plus, les copieuses selles rendues pendant ma visite, rendaient peu probable l'idée d’une obstruction intestinale. En dehors de la leucorrhée, la seule conclusion à laquelle nous aurions pu nous arrêter, aurait été que la péritonite était due à une rupture de l'intestin, et probablement de l'appendice.

Le pronostic étaitnécessairement très sérieux, et comme traitement nous conseillâmes de continuer les fomentations, quatre gouttes de laudanum toutes les quatre heures et une demi-cuillerée à thé d’eau-de-vie toutes les heures.

Le jour suivant, le 14, je reçus une note du docteur Headrick m'informant que l'enfant avait succombé vers les dix heures du matin de ce même jour. Elle s'était

affaiblie graduellement et à la fin était devenue livide. Des attaques convulsives étaient survenues peu de temps avant la mort et l'abdomen s'était distendu davantage. Malheureusement on ne put obtenir l’autopsie (1).

Si maintenant nous essayons de résumer en quelques mots l’ensemble des faits que nous venons de rapporter, nous nous croyons autorisé à admettre que parfois, au cours des vulvo-vaginites, les organes génitaux internes peuvent être touchés sans qu'aucun symptôme morbide apparent ne se montre; que d'autres fois le péritoine peut être touché et réagir violemment, mais qu'alors même que Île tableau clinique est en tous points celui d’une péritonite, les accidents peuvent retrocéder et la santé complètement se relater. Enfin que, dans certains cas, la péritonite continue à évoluer, que la suppuration devient abondante et qu'alors la mort semble fatale très rapidement dans certains cas, en quelques jours au plus

dans d’autres.

(1) Cette observation concorde en tous points avec une observation (observation V) de la Thèse de Charrier, Paris, 1892, « De la péritonite blennorrhagique chez la femme », observation qui est donnée sans nom d'auteur ni indication bibliographique.

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