‹ De La Propagation Des Affections Vulvo-Vaginales De L'EnfanceChapitre 13 sur 20 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Jusqu'à ces dernières années, le diagnostic de laffection qui nous occupe n'avait pas encore été fait, tant les esprits étaient éloignés de songer à la possibilité d'une péritonite consécutive à une vulvo-vaginite.

La première fois que nous voyons un médecin penser à la possibilité d’une pcritonite développée consécutivement à une vulvo-vaginite, c'est en 1889, lorsque Æuber de New-York, au cours de la laparotomie chez une fillette qu'il croyait atteinte d’une perforation de l’'appendice, eut subitement le diagnostic devantles yeux, en trouvant un ovaire enflammé et une trompe de Fallope épaisse et

indurée. Mais aujourd'hui, prévenu par les faits rapportés

depuis cette époque, devant une enfant atteinte de vulvovaginite et présentant subitement des complications péritonéales, l'attention devra être excitée sur la possibilité de la propagation de l'inflammation de la vulve jusqu'au péritoine. Cependant nous disons que, même dans de pareils cas, c'est encore par un diagnostic d'exclusion que le médecin devra en venir à admettre comme cause de l'affection péritoncale qu’il aura devant les yeux, le catarrhe vulvo-vaginal.

Aussi, en présence d’une enfant atteinte de vulvo-vaginite et présentant des signes de péritonite soit au début, soit à la période de suppuration, voyons devant quelles variétés de péritonite on peut se trouver et quels pourront être les éléments différentiels qui permettront d'établir avec une presque certitude, dans certains cas, que l’écoulement vaginal a été le point de départ des accidents péritonéaux.

Ceci nous amène à dire quelques mots des péritonites de l'enfance et en particulier de celles qui peuvent s'ouvrir dans le vagin.

Et d'abord, it est une affection qui peut simuler en tous points, tant par son début brusque que par l’ensemble des symptômes que présente [a maladie, Paflection qui fait le sujet de ce travail : c’est l'appendicite perforante et la péritonite qui en résulte. En eilet, que voyons-nous dans le cas de Huber rapporté plus haut : une fillette de 7 ans chez qui le tableau clinique fat celui d’une perforation de l’appendice ; constipation antérieure, douleur dans

la fosse iliaque droite avec rigidité musculaire de la paroi

du inême côté, vomissements, collapsus ; et tous ces syinptômes paraissent si nets que plusieurs médecins appelés en consultation portent tous le diagnostic de per- {oration de lappendiee.

IL faut avouer que, dans de pareilles circonstances, la présence d’un écoulement vaginal ne doit passer qu’en seconde ligne ; les affections du cœcum chez l'enfant étant beaucoup plus fréquentes que la très rare complication de la vulvo-vaginite que nous avons en vue dans ce travail.

A côté des affections d’origine cœcale ou appendiculaire, en un mot intestinales, qui peuvent donner une péritonite et même parfois s'ouvrir dans le vagin, il faut citer les péritonites tuberculeuses qui, à un moment donné, peuvent donner lieu à un tableau clinique un peu semblable à celui des observations que nous avons rapportées, quand elles coïncident avec une vulvo-vaginite chez une fillette, comme le cas n’est pas rare chez les petites tuberculeuses. Maïs ici, l'histoire de la maladie, la lenteur des accidents qui marchent par poussées successives. les troubles du côté du tube digestif, l’état local de l'abdomen, diffèrent beaucoup. De plus, la marche des accidents est toute différente.

Nous aurons épuisé les maladies qui peuvent simuler chez les petites filles les accidents qui nous occupent, quand nous aurons dit quelques mots des ptritonites autres que les péritonites tuberculeuses qui peuvent s’ouvrir dans le vagin. Les observations sont très rares; les

p‘ritonites dites idiopathiques de lenfance étant elles-

ho

mêmes peu communes. C’est ainsi que si nous consultons les travaux déjà anciens de Duparcque (1), puis la thèse de Gauderin (2), nous ne voyons aucun cas parmi ces péritonites qui puisse avoir eu une origine vulvaire. La plupart des faits recueillis par Gauderin regardent cependant des fillettes ; à ce point qu'un auteur avait, avant Gauderin, dit que les péritonites idiopathiques de lenfance étaient l'apanage exclusif des petites filles. Il n’en est rien. Mais dans les observations de la thèse de Gauderin, il semble qu'il faille écarter pour ces péritonites une origine génitale (3).

Dans un seul cas seulement, il est dit que les ovaires étaient rouges et malades. Dans les autres observations, il n’est rien dit ni de l'utérus, ni des annexes, ni de la présence d’une vulvo-vaginite. Cependant plusieurs de ces péritonites étaient bien localisées au bassin et étaient, dans l’acception du mot la plus générale, des pelvi-péritonites. Du reste, l'ouverture dans le vagin de ces sortes de péritonites doit être fort rare; Gauderin (4), dans son travail sur les péritonites idiopathiques, n’en cite pas un seul exemple.

Ayant eu l’occasion de voir un cas tout à fait remar-

(1) Duparcque. Péritonite essentielle des jeunes filles. Annales d'obstétrique et des maladies des femmes et des enfants. 1842.

(2) Gauderin. Thèse. Paris, 1876.

(3) Gauderin. Thèse. Paris, 1876.

(4) Loco citato.

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