‹ De La Propagation Des Affections Vulvo-Vaginales De L'EnfanceChapitre 18 sur 20 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Le traitement des accidents péritonéaux chez les filles atteintes de vulvo-vaginite doit être d’abord prophyiactique. Nous pensons, en effet, que le meilleur moyen d'éviter les complications de toutes sortes de la maladie, est de la traiter d’une manière énergique.

Nous pensons qu'il y a intérêt à agir promptement ; les écoulements les plus anciens étant les plus rebelles, alors même qu'ils n'ont encore été l’objet d'aucun traitement.

Nous avons cru qu'il n’était pas mauvais à ce sujet de consigner, dans ce travail, le mode de traitement que nous avons vu employer à l'hôpital des Enfants malades, dans le service de M. le professeur Grancher, traitement qui n’estindiqué dans tous ses détails dans aucune publication.

Ce traitement consiste à faire toutes les 27 heures au

plus, et cela jusqu'à guérison complète, et sans manquer

un jour, en les prolongeant même quelques jours après la guérison, des injections vaginales avec une solution au permanganate de potasse à .

Les lavages demandent, pour être faits d’une façon convenable, un peu d'habitude ; aussi fait-on venir habituellement les parents des enfants soignés dans leur famille au moins une fois à l'hôpital, pour leur apprendre le manuel opératoire.

L'enfant est placée dans la position obstétricale, couchée en travers de son lit sur un carré de caoutchouc dont les deux coins, pendants sur le côté du lit, sont épinglés pour former une gouttière qui conduira le liquide ayant servi dans un seau de toilette placé devant la personne qui fait le lavage. Le lavage est fait avec un bock laveur ordinaire, contenant un demi-litre de la solution au permanganate à tiédie. On commence la désinfection par la région clitoridienne, la vulve et l'anus. Puis on adapte à la canule une petite sonde que l’on fait pénétrer dans le vagin.

La sonde est soit une petite sonde en caoutchouc très petite à œil latéral : soit mieux une sonde de même calibre terminée par une petite tête sur les côtés de laquelle se trouvent deux yeux. Cette dernière sonde a l'avantage de mieux rester dans le vagin, de ne pas être chassée par le liquide qui revient du vagin et de laver mieux par ses deux yeux.

L'introduction de la sonde est toujours facile, l’orifice de l'hymen est toujours assez grand pour l'introduction.

On fait passer ainsi dans le vagin les deux tiers du

liquide ; puis on termine la désinfection par un lavage du clitoris, de la vulve et de l'anus (x).

L'injection n’est pas douloureuse. Souvent, quand la vulvite est récente, il y a amélioration dès le premier lavage; mais il faut continuer les lavages plusieurs jours après la disparition de tout écoulement, sous peine de le voir réapparaitre après quelques jours.

Ce traitement nous a paru le meilleur pour les vulvites récentes où l'examen bactériologique montre le gonocoque à l’état de pureté.

Quant aux vulvites anciennes, les lavages au sublimé, à la résorcine, à l'eau boriquée, conviennent, nous semble-t-il, aussi bien que les lavages au permanganate. Dans les cas chroniques, le traitement général nous parait très important : l’arsenic, le fer, les’ sirops idio-tanniques, l'huile de foie de morue peuvent rendre des services, ainsi que les bains salés périodiques, les douches; car ils s’adressent à l'organisme tout entier dont le mauvais état fait durer laffection locale.

Quant au traitement des complications péritonéales elles-mêmes, elles relèvent des symptômes observés.

Quand les complications péritonéales s'éveillent, quand le péritoine commence à réagir, nous pensons que les indications sont les suivantes : l’immobilité, le repos de tous

les organes abdominaux. Pour cela, prescrire à l'intérieur

(1) La solution de permanganate tachant les mains, on peut faire disparaître les taches en se plongeant les mains dans quelques gouttes d'une solution de bisulfate de soude.

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l'opium sous la forme de laudanum, où mieux d’un peu d'extrait thébaïque dans les limites imposées par l'âge de l'enfant ; contre les vomissements la glace à l'intérieur, le sac de glace sur le ventre. On emploiera des cataplasmes laudanisés sur l'abdomen.

La révulsion pourra rendre ici les mêmes services que chez l'adulte. A la malade dont nous rapportons lhistoire, il fut mis des ventouses scarifiées sur le ventre dans la région ovarienne.

Enfin, à l'intérieur, on recommandera le lait, l'alcool, le champagne et les vins généreux.

Quand la péritonite, au lieu de se localiser, s'étend, que l'on suppose un épanchement purulent, nous croyons que la question d'intervention chirurgicale doit se poser. Le cas de Huber (1), où lon pratiqua la laparotomie sans succès, n'est pas fait pour décourager. Car nous savons, d'après l'observation, que l'opération fut pratiquée chez une fillette à toute extrémité. De plus, nous savons combien les enfants supportent bien les opérations abdominales, et Fhistoire de la petite malade opérée par M. Brun (2) est un encouragement qui vaut mieux que la pensée de l'insuccès de Huber.

Aussi nous croyons que, non seulement dans certains cas on esten droit de proposer aux parents une intervention, mais encore que €'est un devoir quand on a la certi-

tude que, sans opération, la mort doit arriver fatalement.

(1) Loco citato.

(2) Voir Diagnostic. Observation.

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