CHAPITRE V
Indications thérapeutiques.
Le diagnostie de propagation d'une tumeur maligne de l'ovaire à l’appendice n'étant pour ainsi dire jamais fait, c'est au cours d'une intervention dirigée contre une. tumeur ovarique ayant pris un grand développement, ou étant l’origine de crises douloureuses, d’une cachexie profonde, ou de troubles divers, que l’on s'apercevra de l'atteinte du vermis par le processus néo plasique.
À ce moment, la seule conduite rationnelle à tenir est l’ablation de la tumeur ovarique et la résection de l'appendice. Cette intervention pourra mettre la malade à l'abri de la continuation de l'extension à l’appareil intestinal du processus de généralisation. Et, de fait, on obtient quelquefois (observation II) de très longues survies de plusieurs années après l’ablation de la tumeur principale. *
Les tumeurs annexielles réservent parfois d’agréables surprises, et l’on peut voir, par exemple, d'énormes
De. ARE
tumeurs végétantes ovariques, semblant avoir envahi tout l'abdomen, et pour lesquelles l’exérèse de la masse principale avait été la seule chose possible, être suivies de guérison. De même, si la présence d’une généralisation à l’appendice n'améliore sûrement pas le pronostic, du moins l’évolution des suites post-opératoires éloignées sont tellement différentes et si surprenantes quelquefois par leur résultat satisfaisant durable, qu'il y à lieu de ne rien négliger pour faire, après l’ablation des grosses tumeurs, la toilette péritonéale des points de greffe ou de généralisation.
Il faudra cependant faire des réserves pour le pronos tie d'avenir qui, même dans l'éventualité d’une extirpation complète et facile, reste naturellement douteux en présence de l’épithélioma démontré.
L'intervention donnera quelquefois des résultats excellents ; en tout cas, elle sera toujours utile, même dans le cas de greffe péritonéale, car elle amène souvent des améliorations assez longues et des survies assez durables pour être pleinement justifiée. .
En résumé, ablation de la tumeur primitive ovarique, ablation de l’appendice, &est la conduite à tenir dans les cas très particuliers que nous avons envisagés.
Il est admis, à l'heure actuelle, qu'il ne faut jamais oublier, au cours d’une laparotomie, d'explorer l’appendice et qu'il faut en faire l’ablation, non pas seulement lorsque ses lésions sont indéniables, mais aussi toutes les fois que son intégrité paraît simplement suspecte, et même lorsque cet organe, tout en étant sain, paraît prédisposé à l'infection, soit par sa longueur insolite, soit par des coudures où par une disposition spiroïde. I!
paraît intéressant de signaler aussi qu'un assez grand nombre de chirurgiens l’enlèvent préventivement et d’une façon systématique, sans se soucier du rôle excitomoteur qu'il paraît avoir sur la musculature intestinale. Nous pensons avec eux qu'en cas de tumeur ovarique il y à lieu de faire, en même temps que l’ablation de la tumeur, l’appendicectomie à titre préventif, pour soustraire le vermis à la propagation possible du processus néoplasique. Au surplus, dans ces cas, il sera assez rare de le trouver absolument sain.