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quoique déjà souffrant, revenait des côtes d'Angleterre, où il avait été en rapport avec des cholériques. C’est autour de cet homme que se développèrent les premiers cas en Hollande.
Voici une série d’autres faits d'importation constatée :
Dantzig est infecté après l’arrivée d’un vaisseau venant de Riga (mai 1834) (4).
Quebec 1832), après l’arrivée d’émigrants irlandais (2).
Le fort d’Isao, sur les bouches du Duero, en 1833, par des soldats anglais malades du choléra (3). La maladie s’étendit de là sur tout le Portugal et l'Espagne, et Marseille fut infectée de nouveau en 1834 par des bateaux espagnols (4).
L’invasion de l’Algérie en 1835 se rattache à l’épidémie de Marseille (5). |
Vers la même époque, la frégate française la Melpomene, venant de Gibraltar où son équipage a contracté le choléra, infecte le lazaret de Toulon (6).
L’importation a été constatée à la Nouvelle-Orléans en 1848 et en 4853. Peu de jours avant l'épidémie de 1853, il était arrivé dans le Mississippi 28 bateaux allemands, hollandais ou anglais, portant 13 000 émigrants, et qui avaient perdu par le choléra 1141 passagers pendant la traversée.
Il en est de même de l’importation à New-York, effectuée en 1848 par le vaisseau le New-York, qui avait quitté le Havre le 29 novembre 1848, et avait eu pendant la traversée 19 cas de choléra à bord (7).
L’épidémie de cette ville en 4854 a pu être rattachée égale-
(1) Dann, Le choléra à Dantzig. Dantzig, 1831. (2) Reports of the Commission to visit Canada, etc. Philadelphie, 1832. (3) Haeser, loc. cit.
(4) T. Sue, Relation de l'épidémie de choléra qui a régné à Marseille pendant l'hiver de 1834 et de 1835.
(5) Audouard, Histoire du choléra dans l'armée d'Afrique en 1834 et 1835. Paris, 1836.
(6) Gaxette médicale, p. 406. Paris, 1849, extrait du rapport de M. le docteur Regnaud.
(7) Docteur Bodinier, Lettre à l’Académie de médecine, 21 mai 1849.
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ment à l’importation par des émigrants allemands, dont plusieurs étaient morts du choléra pendant la traversée (1).
Saint-Thomas a étéenvahi en 1853 après l’arrivée d’un bateau venant de Liverpool qui avait perdu des cholériques pendant son trajet (2).
Le 5 juillet 1854, un vapeur, venant de Marseille, où règne le choléra, et qui a perdu 42 cholériques pendant la traversée, débarque 40 malades à Gallipoli. Le choléra éclate le 7 juillet dans le camp français, peu après dans les hôpitaux de Constantinople, d’Andrinople et de Varna, et l’on se rappelle Les terribles journées de l'expédition de la Dobrudscha (3).
Enfin on sait que le début du choléra à Marseille en 1865 a suivi de près le débarquement des passagers de la Stella,
venant d'Alexandrie, qui avait perdu des cholériques pendant la traversée (4).
Transmission particulière et création des foyers.
Si des faits d'importation sur les frontières ou sur les côtes on passe à ceux qui sont relatifs à la transmission individuelle, on trouve un grand nombre d’exemples éclatants. J'ai dù me borner à en rassembler quelques-uns.
C’est dans la relation des épidémies locales circonscerites que cette recherche a été la plus aisée et la plus fructueuse. Voici quelques faits :
Pendant le choléra de Berlin de 1853-1854, un ramoneur quitte cette ville et arrive le 3 octobre à Prenzlau; il tombe malade et meurt du choléra confirmé, le 5, à l’hôpital. Les
(1) Haeser, loc, cit.
(2) Id., ibid.
(3) Marroin, Histoire médicale de la flotte française pendant la guerre de Crimée. Paris, 4864, — et.Scrive, Relation médico-chirurgicale de la campagne
d'Orient. Paris, 1857, Victor Masson.
(4) Communication faite par M. Grimaud (de Caux) à l'Académie des sciences, octobre 1865.
premiers cas observés dans la ville éclatent à hôpital, dans la salle et près du lit qu’il avait occupé; en même temps deux autres cas éclatent dans la maison dans laquelle il était tombé malade.
C'est d’abord un jeune enfant qui succombe, et, deux Jours après lui, la femme qui l’a soigné ; la mère de cette femme, arrivée d’un village voisin pour lui donner des soins, retourne chez elle et meurt du choléra. Plusieurs cas éclatent dans ce village. Le médecin, inquiet pour sa famille, la renvoie dans une ville voisine; six jours après, son fils est atteint d’un choléra algide qui est suivi de plusieurs autres cas dans le voisinage; aucun cas n'avait été observé jusque-là dans cette localité (1).
M. Léon Gros rapporte le fait suivant, qu'il à observé à Sainte-Marie-des-Mines (2) :
Dans la nuit du 16 au 17 juillet, il constate un choléra algide chez une femme venue d’une localité voisine où sévissait la maladie. Il trouve cette femme couchée sur le lit de camp d’un corps de garde ; il la fait apporter à l'hôpital, où elle meurt le lendemain.
Un sergent de ville qui avait couché sur le lit de camp que la malade avait couvert de ses déjections est atteint, deux jours après, d’un choléra confirmé, et guérit.
Dans une excellente étude sur le mode de propagation du choléra dans l'arrondissement de Montargis, en 1854, M. le docteur Huette, a démontré l'importation directe dans 14 communes (3).
J’extrais, en abrégeant, quelques exemples de ce travail si consciencieux et si concluant :
A Saint-Maurice, où aucun cas de choléra ne s'était produit un premier éclate le 28 juin, chez un nourrisson amené la veille
(1) Loewenhardt, Journal des médecins prussiens, 1853.
(2) Docteur Léon Gros, Le choléra dans la vallée de Sainte-Marie-aux-Mines (Gazette médicale de Strasbourg, 1855).
(3) Archives générales de médecine, 1856.
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de Paris. Deux jours après, l’enfant de la nourrice est atteint et succombe ; le nourrisson succombe le lendemain ; la nourrice est atteinte Le 4 juillet et guérit ; sa mère, venue d’un village voisin, où le choléra n'existait pas, est frappée vingtquatre heures après sa fille et meurt; une seconde fille, qui lui avait donné des soins, est frappée deux jours après et guérit, L'épidémie ne s’étendit pas dans le village.
À Oussoy, un nourrisson, amené le 27 jun de Paris, meurt du choléra le 3 juillet; le 43, l'enfant de la nourrice est atteint et succombe; la nourrice elle-même est frappée et meurt le 17; deux femmes voisines qui lui avaient donné des soins meurent, l’une le lendemain et l’autre au bout de huit jours ; le mari de la nourrice est atteint le 26 et meurt; une femme habitant l’autre extrémité du village, et qui avait lavé le linge du dernier malade, est, elle aussi, atteinte du choléra. Dans ce village, l'épidémie est restée bornée aux maisons des personnes qui avaient eu des rapports avec les malades.
A Chevillon, l'épidémie fut apportée par l'enfant d’une femme morte du choléra à l'hôpital de Montargis et qui fut recueilli dans ce village où il mourut; les personnes qui l’avaient abrité eurent le même sort.
La relation de M. Huette continue de la sorte pour sept ou huit autres villages.
L’incubation a été généralement de deux à trois jours, et les jeunes enfants, quand ils ont apporté la maladie, ont déterminé autour d'eux des cas plus nombreux et plus graves que lorsqu'elle a été importée par des vieillards.
M. le docteur Brochard a rapporté plusieurs faits identiques observés à Nogent-le-Rotrou en 1849 (1).
Un des faits qui m'ont le plus frappé et qui a une grande influence sur la ténacité de mon opinion en matière de propasation du choléra est le suivant, qui s’est passé sous mes yeux à
(4) Brochard, Du mode de propagation du choléra et de la nature contagieuse de cette maladie. Paris, 1851, J. B. Baillière,
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trasbourg, en 4849, et a été consigné par M. Spindler (1) dans une œuvre de la plus grande valeur :
Aucun cas de choléra n’avait encore été observé à Strasbourg en 1849.
Un enfant de quatre ans, venant d’un village éloigné de 40 kilomètres, et où régnait le choléra, arrive Le 44 août à Strasbourg et meurt le 48 du choléra. Le 21 août, Le choléra se déclare chez une jeune fille demeurant rue des Dentelles : elle était allée voir le 19 une personne au service de la famille de lenfant mort la veille. La curiosité l’avait poussée à rester auprès du cadavre.
Le 24 août, l’oncle de cette jeune fille, chez lequel elle demeurait, est atteint de cholérine; le 25, il a le choléra. Sa femme n’est atteinte que de cholérine. Un habitant du rez-dechaussée de la maison est atteint de choléra le 24 au matin et meurt le lendemain. M. C..., habitant le premier étage du bâtiment situé sur la rue, et M. G..., habitant le premier étage d’un bâtiment situé sur la cour, sont frappés le 24 et le 25. M. C... meurt; après lui sa fille est atteinte et guérit. Le 28, une servante et une femme de charge de la famille sont frappées et meurent successivement. Madame C... est gravement malade. Le 30 août, la fille de la femme de charge, qui avait soigné sa mère, est atteinte et meurt.
M. Spindler ne s’est pas borné à montrer la propagation dans les maisons voisines, il a recherché le lien qui a rattaché d’autres foyers à ce foyer primitif.
Dans une rue éloignée, le choléra se déclare chez une garde qui à soigné un des malades de la rue des Dentelles; elle meurt. Une femme de la maison voisine est frappée immédiatement après et meurt. Deux personnes qui habitent la maison de cette dernière délogent le lendemain : l’une d'elles est atteinte dans son nouveau logement au bout de deux jours,
(4) Spindler, Le choléra à Strasbourg, mai 1849, thèse inaugurale.
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et la deuxième au bout de quatre jours. Elles ont succombé toutes deux.
Un troisième foyer éloigné se rattache encore à celui de la rue des Dentelles par l'intermédiaire d’un homme qui avait passé la journée dans la maison infectée; son fils, qui ne l’avait point accompagné, est frappé à son tour.
On ne saurait réunir trop de faits à l’appui de la doctrine de la transmission, et, dans le nombre, il n’y en a guère de plus frappants que ceux observés par M. Benoît (1). Lors même que l'accumulation des exemples serait inutile, l'équité exigerait encore que des recherches aussi bien faites ne fussent pas laissées dans l’obscurité.
Une partie de la relation se rapporte à l’ensemble des cas de choléra du village du Puix; il y en eut 16.
Le 43 août 1854, le premier cas s’est présenté chez une mendiante vagabonde venant de Belfort, où régnait Pépidémie; elle demande lhospitalité chez Marsot, maréchal du village, y tombe malade, et meurt le lendemain avec tous les signes du choléra algide. Le 16, Marsot est frappé à son tour, et guérit. Le 18, la femme Sténacre, qui a prié auprès du cadavre de la première victime, est atteinte, et meurt le 22. Le mari de cette femme, qui, malgré la défense faite par le médecin, avait continué de coucher dans le lit commun, meurt du choléra. Ses trois enfants sont lavés, habillés à neuf et éloignés, et la maison est fermée. Le 25, Perrot, voisin de Sténacre, est atteint et succombe. Un autre voisin renvoie des ouvriers qui habitaient chez lui : deux d’entre eux vont loger chez Collin, à l’autre extrémité du village: l'un d'eux, Courtaut, tombe malade le 29, et veut rentrer à son village natal, qui est à deux lieues; ne pouvant continuer sa route, il est recueilli à moitié chemin dans le village de
(1) Du choléra dans la vallée de Giromagny, et des moyens qui ont réussi à arréter les progrès de l'épidémie, par H. Benoît, médecin par intérim des épidémies dans l'arrondissement de Belfort. Strasbourg, 1855.
Chaux par Serre, chez lequel il reste quelques heures, puis est transporté chez lui, enveloppé dans une couverture appartenant à Serre. Le 30, Muller, autre ouvrier logé chez Collin, a le choléra, et meurt Le 31. Le 4% septembre, c’est l’enfant de Collin, le logeur; et le 2 septembre Desneuty, autre pensionnaire de Collin; ce jour-là encore la servante du logeur, qui était demeurée près des deux malades, meurt du choléra. La femme et les enfants de Collin sont renvoyés par ordre du médecin, qui prescrit la désinfection et la fermeture de la maison. Le mari seul résiste et se couche dans le lit où son enfant était mort; il est frappé, et meurt lui-même dans la nuit du 4 au 5 septembre.
Sa femme, rentrée depuis la maladie de son mari, est atteinte le 6, et guérit.
Le 29 août, la voisine de Perrot, la jeune Jeannenot, est atteinte de choléra, et guérit.
Revenons au foyer déterminé par la maison Collin. La femme Copatey, habitant la maison voisine, est atteinte le 44, et meurt le 42. La fille de cette femme, qui avait négligé d'exécuter les prescriptions de désinfection, est atteinte le 45, et meurt. Le dernier cas du village est fourni le 23 septembre par Claudel, ivrogne qui demeurait assez loin. C’est le seul cas pour lequel la filiation ne soit pas apparente. |
On se rappelle que Serre avait recueilli un malade, et lui avait prêté une couverture. Sa femme va le 29 août la chercher dans le village voisin, la rapporte à la maison; elle est atteinte du choléra le 2 septembre, et succombe : c’est le premier cas du village de Chaux. Serre refuse de détruire les objets qui avaient servi à sa femme; sa mère et un jeune enfant qui habitaient la chambre où elle était morte succombent le 7 et le 8 septembre.
Les faits se succèdent dans le village de Chaux dans les mêmes conditions que dans celui du Puix.
Ainsi donc, du 43 août au 23 septembre, 46 cas seulement