‹ De la propagation du choléra et des moyens de la restreindreChapitre 8 sur 8 · É,= LA · texte numérisé non relu

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mission il y a autre chose qui peut propager le choléra; c’est ce qui sera examiné.

En définitive, il reste acquis que le choléra asiatique, à ses divers degrés, est susceptible de transmission.

Cette propriété étant admise, comment peut-on établir un rapport de causalité entre ce fait simple et la nature complexe des épidémies?

Sans vouloir préjuger de sa nature, j’appellerai germe l’agent émis par le cholérique.

Ce germe, nous savons qu’il agit à distance du malade, du cadavre, et qu'il constitue ainsi un milieu toxique. J'ai démontré qu’il existe dans les déjections, qu’il adhère aux objets souillés, et peut conserver sous cette forme une efficacité assez longue. Je ferai remarquer que de cette propriété adhésive découle la présomption de la nature solide du germe.

L'effet combiné de tous ces éléments pouvant s’exercer autour du malade et partout où celui-ci a passé, il n’en faut pas davantage pour éclaircir presque toute l’histoire de la propagation du choléra. La lenteur de sa marche en Orient, où elle correspond avec celle des moyens de communication; sa rapidité en Europe, son indépendance des courants atmosphériques, sa direction, souvent inverse de ceux-ci, l'importation dans les ports, sont des phénomènes nettement expliqués. Ainsi rentre dans le néant l'hypothèse des vents cholériques qui s'arrêtent sur les côtes au moment précis où des bateaux infectés arrivent, ou celle des miasmes terrestres dégagés à travers le sillage des vaisseaux depuis le Havre jusqu’à New- York, de Londres à la Nouvelle-Orléans. L'évolution de certaines épidémies, celle, par exemple, du village du Puix, que j'ai rapportée, apparaît avec la plus grande clarté dès que la transmissibilité en est considérée comme la cause. L’importation constatée, le mal frappant exclusivement des individus qui ont approché des personnes infectées, la succession échelonnée des cas, avec l'intervalle régulier et uniforme que

mesure l’incubation, c’est l'évidence elle-même. Aucune hypothèse autre que celle du germe transmis ne peut donner la raison d’un fait de cette espèce. —Ilest exceptionnel, dirat-on.— Qu'importe, puisqu'il est. Je suis persuadé que, si l’on avait observé avec soin, l’histoire du choléra en serait remplie.

Que le choléra éclate à deux ou trois lieues d’un endroit où pareille chose sera arrivée, et que là l’importateur ne soit pas connu, devra-t-on en conclure qu’il n’y a pas eu importation et que la maladie y est née? Non, si l'importation a été possible. Dans le lieu A, on a planté une fleur exotique ; un jour on en voit sortir une semblable du sol à B, qui n’en est pas loin. Si l'on n’a vu passer la graine, dira-t-on qu’à B il y a eu génération autochthone ? Une supposition qui serait singulière dans ce cas est-elle plus juste quand il s’agit de La dispersion du germe cholérique?

D'un fait simple je passe au plus complexe. Le terrible début de l’épidémie de Paris en 4832 a lieu le 26 mars; mais, un mois auparavant, l’Académie de médecine avait été informée qu'un cas avait été observé dans la rue des Prouvaires, et M. Bouillaud (1), dans son Traité, cite un autre fait pareil. Les premiers ravages furent limités à une seule rue, celle de la Mortellerie.

Dans le quartier de la Sorbonne, le premier cas n’est observé que le 28, au n° 5 de la rue de la Parcheminerie. La maison est contiguë à un magasin de chiffons. Le deuxième cas, du 29, est encore fourni par la même maison. Les jours suivants, des cas sont signalés dans le voisinage immédiat ; ce n’est que le 4 ou le 5 avril que la maladie se propagea aux rues plus élevées.

M. Paillard a recherché d’où venaient les malades qui sont entrés à l’Hôtel-Dieu du 26 mars au 31 mai 1832 : une seule

(1) Trailé du choléra-morbus. Paris, 1832.

maison en a fourni 43, une autre 10; cinq maisons ont donné chacune 9 malades, trois en ont donné 8, etc.

Jde n’ai pas la prétention de suivre le fil de la transmission dans l'épidémie de 4832; mais si les faits que je viens de citer ne donnent pas la mesure du rôle qu'a joué cet élément, à coup sûr ils ne l’excluent pas.

Quant à certifier, comme cela a été fait, que le choléra n'a pas été importé à Paris alors qu’il régnait à Vienne et à Berlin depuis le mois d’août 1831, c’est au moins hasarder une affirmation.

L’épidémie est une force supérieure à la transmission el antérieure à celle-ci, répond-on. Les constitutions médicales qui précèdent le choléra en sont la preuve. J’ai dépouillé avec soin bien des documents, et j'ai acquis la certitude que, si, dans quelques localités, des affections plus nombreuses des voies digestives ou autres, ont été observées avant l’invasion du choléra, celui-ci a tout aussi souvent éclaté au moment où la santé générale était excellente.

La seule déduction qu’on puisse tirer des faits contraires, c’est que le germe cholérique trouve des conditions favorables à son développement et à son efficacité Ià où beaucoup d’individus sont atteints d’affections des voies digestives ou autres.

Les faits ont souvent démenti la prétendue propriété de l'épidémie en vertu de laquelle les autres maladies aiguës disparaitraient; ce qui se passe à Paris en ce moment, où la variole et la fièvre typhoïde sont fréquentes, fournit la preuve de linexactitude de cette assertion.

La transmission n’explique-t-elle pas l'influence particulière sous laquelle se trouve toute une population pendant l’épidémie? L'action exercée autour de lui parle cholérique implique une certaine diffusibilité du germe; quand des centaines ou des milliers de malades auront mêlé ce germe à l'atmosphère,

au sol, peut-être à l'eau, qu'y aura-t-il d'étonnant à ce que son

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effet se produise à des degrés différents, selon qu’on est plus ou moins près de sa source?

D’autres objections, fondées sur la rapidité de l'invasion, sur un certain éloignement des lieux infectés, ont été opposées à la théorie de l'épidémie par le germe humain. On peut dire, d’une maniere générale, qu’en les formulant on a méconnu les propriétés inhérentes à ce germe et à la multiplicité des formes sous lesquelles la transmission peut se faire.

Mais si par hasard (je crois que le fait ne s’est jamais rencontré en Europe) le choléra asiatique venait à se développer dans des circonstances où la transmission eût été réellement impossible, pourrait-on en conclure que cette maladie autochthone serait intransmissible, etfaudrait-il s'attacher moins à en prévenir l'extension? J’ai été à même de voir naïître le typhus pendant l’expédition de Crimée, où bien des conditions se trouvaient réunies pour le produire : la fatigue, les privations, cent mille cadavres humains, trois fois peut-être autant de cadavres d'animaux à peine enfouis dans trois ou quatre lieues carrées. La maladie, pour être autochthone, n’en a pas moins été transmissible. La mort de 80 médecins, limportation et l'extension du mal à Constantinople, et même à Marseille, l’ont amplement démontré.

Il en serait de même pour le choléra s’il pouvait prendre naissance en Europe.

En définitive, la seule force connue à laquelle on puisse attribuer la propagation du choléra c’est le germe engendré par le cholérique.

Tout ce qui est en dehors de cette notion se réduit à ceci : l'immense majorité des hommes peut en subir -impunément l'influence, et l’efficacité du germe toxique peut être exaltée, restreinte ou annulée par l’état des personnes qui se trouvent dans le rayon de son action, par la nature des lieux dans les-

quels il est importé, et par des circonstances atmosphériques.

La partie véritablement obscure du problème est dans les causes qui déterminent la réceptivité ou l’immunité des personnes et des lieux. Pourquoi le germe cholérique, émis par un nombre souvent si restreint de malades, acquiert-il quelquefois en un temps si court une si terrible énergie ? pourquoi dans d’autres cas semble-t-il frappé d’impuissance ?

L'histoire de toutes les épidémies de choléra, à quelque point de vue qu’on les ait comprises, nous a fait connaitre quelques conditions favorables au développement du mal chez certaines personnes et dans certains lieux.

Une maladie antérieure, une alimentation mauvaise, la faiblesse du système nerveux, l'alcoolisme, ete., rendent l’organisme plus apte à être frappé.

L’insalubrité, la malpropreté, lPaccumulation des immondices, le manque d’aération, la situation déclive, le voisinage des rivières, etc., semblent avoir souvent fixé le germe et en avoir exalté l’activité. ;

- La chaleur excessive, l'humidité de l'atmosphère, ont encore agi ainsi.

Parmi les circonstances restrictives à lendroit des personnes, on trouve l'intégrité habituelle de la santé, la vigueur du système nerveux, le bien-être que donne la fortune, et par-dessus tout l’éloignement des sources de transmission.

L’abaissement de la température a presque loujours anéanti ou endormi la puissance du germe ; le réveil a été quelquefois terrible.

Les conditions qui restreignent le développement du germe dans une ville sont : l'assainissement, la grande aération des voies publiques, l'enlèvement régulier des immondices, etc.

I ne me parait point douteux que la bénignité relative de

l'épidémie de Paris, en 4865, doit être attribuée, en partie, aux progrès de la salubrité.

Un des arguments qu'on à cherché à faire valoir contre l'importance de la transmission a été tiré de l’immunité de certaines localités. Cette immunité, qui souvent à été frappante, s’expliquerait bien moins par l’hypothèse des courants atmosphériques empoisonnés que par celle de Ja transmission. |

Si le germe importé dans certaines localités ne peut s’y développer, cela doit conduire à penser qu’il y rencontre une force antagoniste qui amoindrit sa vitalité ou la détruit. Quelle est cette force? Où est son siége, je l’ignore. Les recherches de MM. Fourcault et Boubée tendent à démontrer qu’en dehors de l'altitude à laquelle on doit reconnaitre une action marquée, les localités qui ont été les plus éprouvées sont généralement bâties sur des terrains d’alluvion, sablonneux, calcaires, et que celles qui ont été le moins atteintes, ou ont joui d’une immunité complète, se trouvent au contraire sur des roches granitiques.

Comment cette différence de sol agit-elle sur l'activité du germe? Ne peut-on pas supposer que l’humidité persistante des premiers sols puisse maintenir l’efficacité du germe ?

Pettenkoffer est arrivé à conclure que létat physique du sol, non-seulement pour les localités entières, mais pour chaque maison en particulier, et sa porosité plus où moins grande, bien plus que sa constitution chimique, déterminent l'aptitude qui favorise ou enraye le développement du choléra importé; que l’altitude relative, et non absolue, est la condition la meilleure, la déclivité la plus mauvaise; que ces conditions différentes sont dues à la direction que la déclivité du sol imprime aux déjections des malades et à leur évaporation plus ou moins facile à travers des terrains poreux ou compactes.

On peut imaginer bien des circonstances chimiques ou physiques qui résulteraient d'actions réciproques entre l’atmos-

phère et chaque espèce de sol, et desquelles naïtrait la force qui annule l’effet toxique du germe cholérique.

Le champ des hypothèses, à cet endroit, est sans limites. L’ozone et l'électricité ne peuvent être considérés comme efficients; car les dernières recherches mettent hors de doute que si, dans la même épidémie, l’un ou l’autre de ces agents manquaient, en un point, dans un lieu voisin également frappé, ils n’avaient éprouvé aucune modification. Mais il pourrait se faire que l’absence ou la présence de ces éléments eussent une influence sur le développement ou l’abaissement de l'énergie du germe.

En un mot, toutes les circonstances extérieures que je viens d’énumérer rapidement semblent avoir sur le germe cholérique une action analogue à celles qu'elles exercent sur tous les germes organisés dont nous sommes entourés, et qui vivent, se développent ou périssent, selon que le lieu où ils se déposent leur offre ou leur refuse les conditions nécessaires à leur existence et à leur multiplication.

Pourrait-on empêcher la naissance du germe du choléra autour des embouchures du Gange, je lignore ; mais ce qui découle de l’ensemble des considérations qui précèdent, c’est que l’on en peut arrêter ou restreindre la propagation au loin.

Est-ce à une prétention chimérique ?

Il est permis d’en douter, puisque souvent la préservation ou un arrêt dansle développement du mal ont pu être obtenus. On pourrait citer de nombreux faits de succès de ce genre dans le passé; dans le présent, la préservation de la Sicile en fournit la preuve.

il ne m’appartient pas d'examiner comment on doit procéder dans les ports ou sur les frontières; mais en se fondant, dans l’établissement des mesures restrictives, sur les principes que j'ai cherché à établir, et d’après lesquels se fait la trans-

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mission, on pourra concilier des intérêts sociaux d’un ordre puissant avec la préservation de la santé publique : une sévérité très-grande à l'égard des objets de provenance suspecte et des malades; une plus grande latitude à l'endroit des individus vraiment bien portants; ce sera, je crois, la règle la plus efficace.

Sur cette matière, des principes nets ont été formulés avec une grande autorité par M. Mêlier, à propos de la fièvre jaune, dont le mode de propagation offre de nombreux points de ressemblance avec celui du choléra.

Je doute que les quarantaines les mieux établies, et les modifications les plus radicales apportées aux cérémonies qui multiplient le poison à la Mecque, puissent nous garantir d’une manière certaine de nouvelles invasions. Il faudrait, en tous cas, des quarantaines territoriales pour empêcher la propagation qui se fait par l'Asie centrale et la Russie.

Si les cordons sanitaires étaient impossibles, l'autorité pourrait toujours intervenir en s’attachant par tous les moyens à empêcher la propagation de se faire autour des premiers cas de choléra qui se produisent et qui sont peu nombreux. Les résultats les plus évidents ont été obtenus dans cette voie. Je me bornerai à citer un seul fait parmi un grand nombre que j’ai sous les yeux :

Le choléra éclate à Bâle en 4855. Les premières maisons atteintes ont été évacuées par mesure de l'autorité, et 210 personnes qui y logeaient ont été installées dans une vaste caserne, et surveillées par les médecins de l'État. Pas un seul cas de choléra ne s’est montré parmi elles. Que pense-t-on qu’il serait arrivé si ces 240 individus étaient restés dans le foyer infecté, et quel est l’appoint qu’ils auraient pu fournir à la mortalité et à la propagation.

Quelles sont les mesures à prendre pour empêcher ou restreindre 1a propagation ?

Tout d’abord il faut que l'hygiène et la santé publiques

soient activement surveillées par des médecins représentant l’autorité, quand une épidémie de choléra est signalée à quelque distance que ce soit. Il faut que tous les médecins du pays soient conviés à faire connaître les symptômes suspects qu'ils pourraient reconnaître chez leurs malades. Des hôpitaux spéciaux doivent être préparés dans les grandes villes, quiont toujours été Les premières frappées.

En ce moment, où aucun cas de choléra n’a encore été observé à Berlin, des hôpitaux spéciaux sont tout prêts.

Le choléra ou la cholérine venant à apparaître, il faut, autant que possible, transporter les malades dans les hôpitaux ; il faut faire évacuer les maisons atteintes, procéder à la désinfection des chambres par la combustion de soufre, et à celle des fosses par le sulfate de fer. La literie et les objets ayant servi aux malades doivent être détruits. Les personnes renvoyées de la maison doivent être surveillées attentivement.

Si le placement des malades à l'hôpital n’est pas praticable, il faut empêcher les curieux et les visiteurs inutiles de rester auprès des malades, aérer l’appartement, répandre du soufre en fleur, désinfecter les déjections et les faire enfouir.

S'il y a des morts, il faut que les cadavres soient enlevés rapidement, et placés dans un lieu de dépôt hors de la ville. L’ensevelissement ct la sépulture doivent être soumis aux règles que l’on exige pour le transport des cadavres.

Comme malheureusement les déshérités de la fortune fournissent les premières victimes, il faut que l’autorité indemnise largement les familles des dépenses auxquelles elles seront obligées dans un but de sécurité générale (fumigation, destruction d’effets mobiliers, etc.). Il faut qu’elle intervienne au même titre et avec la même vigueur que si un incendie qui pourrait embraser la moitié de la ville, venait à se déclarer.

Ce serait commettre l’erreur la plus complète et la plus fatale que de s’arrêter devant la crainte imaginaire d’effrayer une population par l'application de ces mesures, L'expérience

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est faite : c’est le résultat contraire qui a lieu. Partout en Allemagne, où des mesures administratives ont été prises pour arrêter la propagation du choléra, le calme et la sécurité ont remplacé l'anxiété générale ; on sait que l’autorité veille avec sollicitude, et la tranquillité est en raison de la confiance que l’on à dans l'efficacité évidente des moyens employés.

Il ne faut pas craindre de dire la vérité sur la transmissibilité du choléra. Il faut répéter que la maladie n’est pas transmissible par contact, qu’en aérant les appartements, en prenant certaines précautions, on est presque sûr de l’immunité; mais qu’il soit publié hautement que les déjections du malade répandues au hasard peuvent devenir un poison mortel.

Il est évident que, dans les hôpitaux, les règles de désinfection, le traitement de la literie, des hardes, etc., doivent être les mêmes.

Il est impossible de faire, dans l’action générale, la part qui revient à chacun des éléments de la transmission; mais les faits semblent prouver que les déjections et les objets souillés sont les agents les plus dangereux. Une circonstance actuelle rend cette supposition vraisemblable. Environ 180 cholériques reçus, depuis six semaines, à l'hôpital militaire du Gros-Caillou, y ont été traités dans le service du médecin en chef, M. Worms. Toutes les déjections ont été reçues dans des vases bien clos, et mélangées avec une solution de sulfate de fer au huitième ; tous les linges ayant servi ont été plongés dans de l’eau chlorurée. Est-ce un résultat, est-ce une coïncidence ? Jusqu'à présent aucun cas de choléra n’a éclaté dans les salles réservées aux autres malades, et qui ne sont éloignées que de 30 mètres environ du service spécial, et aucune personne attachée au service médical n’a été atteinte.

L'observation de toutes les règles précitées peut devenir difficile dans une grande ville, quand on a laissé au mal le temps de grandir; mais si l’on se rappelle que quelquefois, pendant des semaines entières, le nombre des malades qui

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ont été l’origine des plus épouvantables désastres est demeuré très-restreint, on est en droit de demander les plus grands sacrifices pour le cas où de semblables circonstances pourraient se représenter.

Nous sommes en ce moment, en ce qui concerne Paris et beaucoup d’autres villes de France, dans une situation qui se rapproche de celle-là. Il est bien possible que le retour des chaleurs n’ait aucune influence fâcheuse, et ne détermine pas une recrudescence du choléra ; mais le passé est 1à pour nous apprendre que, bien souvent, il en a été autrement. Le germe de la maladie se perpétuera dans ce cas par un petit nombre de malades durant l’hiver; ce sont ceux-là qui transmettront la semence, à laquelle le printemps pourra rendre toute son énergie. C’est sur ces malades qu’il faut rompre la chaîne à Paris et ailleurs, en appliquant à leurs personnes et à leurs émanations des mesures qui, pour être moins urgentes qu’au début d’une épidémie, ne seraient point dépourvues d’une sérieuse utilité.

Il y aurait un grand intérêt à faire une étude spéciale des mesures préventives dont l’efficacité a été constatée ; mais cela dépasserait le but que je me suis proposé pour le moment. J'ai voulu me borner à démontrer, par les faits et par l’induction, que la propagation du choléra procède d’un agent qui se renouvelle et se multiplie dans l’organisme humain; que cet agent, circonscrit dans son activité, peut être paralysé ou restreint.

Si ce principe est vrai, il faut en accepter toutes les conséquences pratiques ; s’il est faux, qu’on le réfute.

Une question aussi grave ne saurait demeurer douteuse.

Paris. — Imprimerie de E, MARTINET, rue Mignon, 9.

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Extrait de la Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie.

Paris. — Imprimerie de E. MARTINET, rue Mignon, 9.

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