DE L'HISTOIRE DU CONSULAT ET DE L'EMPIRE
MAXIMES DE GUERRE-
Pour les esprits supérieurs, mais pour ces esprits seulement, la guerre est une excellente école : on y apprend a commander, a se décider, et surtout à administrer. (T. I, p. 23.)
C'est le goût des esprits supérieurs d'être compris et obéis, et point suppléés. (T« I, p. 28.)
Ce qn'il y a de plus difficile et de plus long dans la composition d'une armée, c'est l'organisation de i'artillerie. (T. I,p. 2530
Le plan du général ***, comme il at-rivô souveiil aux plans des hommes de second ordre, p'avait que les apparences de la prudence, mais il pouvait réussir par rexécution -, car, il faut le redite sans cesse, l'exécution rachète tout-, elle fait quelquefois échouer les meilleures combihaisoiis et réussit* les plus mau-» vaises/(T. I, p. 261.)
Dans la vie militaire, comme dans la vie civile, on se jalouse, on s'accuse, 'on se calomnie. Les passions humaines sont partout les mêmes, et la guerre n'est pas capable assurément de les refroidir, de les modérer, de les rendre justes. (T. I, p. 320-321.)
Rien de ce qui peut contribuer au succès des opérations, à la sûreté du soldat, n'est au-dessous du génie ou du rang des chefs qui commandent. (T. I,
Le général *** semblait abandonner son principe ordinaire, celui de concentrer ses forces la veille d'une grande bataille. Si une telle concentration passe pour un chef-d'œiivre de l'art quand elle s'opère a propos, au moment d'une action décisive et dans le cas de deux adversaires qui marchent l'un vers l'autre, il en est tout autrement lorsque l'un des deux veut fuir, et que l'art consiste a le saisir avant de le combattre. (T. I,p. 420.)
C'est à leur manière d'appliquer suivant les circonistances un principe vrai , mais général , qu'on reconnaît les hommes d'action supérieurs. (T. 1, p. 421.)
Pour amener & temps sur le point où se décident les destinées toutes les parties dont se compose une armée nombreuse, il faut une prévoyance supérieure que les plus grands hommes possèdent seuls , et sans laquelle on peut être encore un excellent général* (T. II, p. 243.)
Dans les plus belles œuvres des hommes il y a des taches, dans les plus belles victoires il y a des fautes que la fortune répare et qu'il faut admettre comme un accompagnement ordinaire des grandes actions guerrières. (T. II, p. 255.)
Quel spectacle que la guerre, quand la vie des hommes , quand le sort des États sont confiés k des chefs . incapables ou divisés , et que le sang coule à propor^ tion de l'ineptie et de la mauvaise volonté de ceux qui commandent I (T. III, p. 92.)
Cest quelque chose que de retarder une capitula» tion. On semble, en apparence, ne défendre que son honneur, et souvent, en réalité, on sauve son pays. (T. JII, p. 101.)
Dans l'ignorance dès services qu'on peut rendre en prolongeant une défense, il faut écouter la voix de
l'boDDeur, qui commande de résister jusqu'à la dernière extrémité. (T. III, p. 101.)
On devine plus difficilement un adversaire irrésolu qu'un adversaire résolu , et si l'incertitude ne devait vous perdre le lendemain, elle vous servirait la veille k tromper l'ennemi. (T. VI, p. 96.)
Aux grands généraux il faut de grands soldats, car les pins illustres capitaines ont souvent besoin que leurs troupes réparent par leur héroïsme, ou les hasards de la guerre , ou les erreurs que le génie luimême est exposé k commettre. (T. VI, p. 106.)
Dans les situations difficiles , les subordonnés deviennent hardis et discoureurs *, ils blâment les chefs et ont des avis. (T. VI, p. 108.)
L'ordinaire effet de la contradiction sur un esprit agité est de l'affaiblir encore et d'amener des demipartis, toujours les plus funestes de tous. (T. VI, p. 108.)
Après la victoire, l'honneur des armes est le plus précieux résultat k obtenir. (T. VI, p. 116.)
L'expérience enseigne que dans certaines situations critiques rame humaine abattue, quand elle a commencé a descendre, descend si bas, qu'entre tous les partis elle prend le plus mauvais. (T. VI, p. H8.)
Des soldats qui sont résolus à mourir peuvent toujours sauver leur honneur, et réussissent souvent à sauver leur liberté et leur vie. (T. VI, p. 257.)
Les plus intimes secrets sont bientôt pénétrés par la malice des ennemis. (T. VII, p. 21.)
Ce n'est pas en vingt jours qu'on parviendrait à mettre sur le pied de guerre une armée nombreuse, les régiments qui devraient la composer fussent-ils complètement organisés chacun de leur côté. La réunir sur le point principal du rassemblement, la distribuer en brigades et divisions, lui former un état-major, lui procurer des parcs, des équipages, du matériel en tout genre, exigerait encore une suite d'opérations longues et compliquées. (T. VII, p. 34-35.)
Napoléon appréciait fort les sujets fournis par les écoles militaires^ il les trouvait non-seulement in-
slruits, mais braves, car Téducation élève le cœur aulant que l'esprit. (T, VII, p. 37,)
Une retraite qu'on peut imputer au calcul n'a jamais compromis la réputation d'une armée. (T. VII,
Les batailles offrent des scènes terribles, dont l'aspect serait intolérable, si le génie , si l'héroïsme déployés n'en rachetaient l'horreur, et si la gloire, cette lumière qui embellit tout, ne venait les envelopper de ses rayons éblouissants. (T. VII, p. 127.)
* Le malheur, qui aigrit les âmes, diminue le respect envers les chefs. C'est l'effet habituel des grands revers et quelquefois aussi des grands succès , car la victoire a son désordre comme la défaite. (T. VII, p, 188.)
Singulière conséquence du bouleversement des États! les mouvements précipités que ce bouleversement entraine désorganisent le vaincu et le vain^ queur!(T.VII,p. 188.)
On ne parvient pas a tout savoir à la guerre. Le plus habile des généraux est celui qui , a force d'applica^*
tion et de sagacité, arrive k ignorer un peu moins que de coutume les projets de Tennemi. (T. Vil, p. 346.)
On court dans toute grande combinaison autant de périls qu*on en fait courir k son adversaire. (T. Vil, p. 348.)
Telle est la difficulté de Toffensive! Plus on avance, plus la fatigue, la dissémination, la nécessité de se garder, diminuent la force des armées. (T. VII, p. 557.)
Rendons grâce k la nature des choses , qui a voulu que l'attaque fût plus difficile que la défense. (T. VII, p. 558.)
Les exemples d'armées assaillies à Timproviste dans leurs quartiers d'hiver ont tous été fournis par des troupes qui s'étaient disséminées pour se loger et pour vivre. Une armée vivement attaquée dans cette position peut, avant d'avoir eu le temps de se rallier, perdre en nombre une moitié de sa force, et en territoire des provinces et des royaumes. (T. VII, p. 559.)
L'énergie de l'esprit militaire, énergie qui varie à l'infini, s'élève ou s^abaisse non-seulement par la victoire ou la défaite, mais par l'activité ou le repos, par toutes les circonstances enfin qui tendent ou dé-
tendent j'âme humaine, comme un ressort. (T. VU, p. 559.)
Rien n'est plusdifficile que d'évaluer avec une exactitude rigoureuse les forces d'une armée le jour d'une bataille. Rarement on a des états authentiques , et quand on a pu s'en procurer, il est plus rare que ces états s'accordent avec la réalité. (T. Vil, p. 604, note.)
Dans une lutte acharnée, les fautes s'enchaînent, et il est rare que les torts de l'un ne soient promptement balancés ou surpassés par les torts de l'autre. (T. YUI, p. 202.)
L'art profond de disposer des troupes est la partie la plus élevée peut-être de la science de la guerre. (T. VIII, p. 309.)
Un corps militaire est un tout qui a ses proportions naturelles, son architecture, si on peut ainsi parler, qu'on s'expose à dénaturer en voulant trop l'étendre. (T. VIII, p. 403.)
Ainsi va la fortune h la guerre, comme dans la politique, comme partout en ce monde, monde agité, théâtre changeant, où le bonheur et le malheur s'en-
chaînent, se succèdent, s'effacent, ne laissant; après une longue suite de sensations contraires , que néant et misère. (T. IX, p. 162.)
A la guerre, le dernier acte efface toujours les précédents, et c'est sur le dernier qu'on est jugé. (T. IX, p. 170.)
Telle est la guerre! le salut de tous constamment placé au-dessus du salut de quelques-uns, endurcit les cœurs ou les dispose du moins k une continuelle résignation au malheur les uns des autres. (T. IX, p. 178.)
A la guerre, quand la sagesse le conseille, le général doit braver la défaite, comme le soldat doit braver la mort. (T. IX, p. 526.)
Chez les vieilles nations militaires qui ont dégénéré de leur ancienne valeur, les armes savantes sont toujours celles qui se maintiennent le plus longtemps. (T. IX, p. 554.)
Au milieu des horreurs de la guerre , on ne songe qu'à ses propres souffrances et on ne se figure pas assez celles de l'ennemi, ce qui empêche d'apprécier exactement la situation. (T. IX, p. 581.)
Telles sont les tristes conséquences du choc des grands empires I Les princes, les peuples se trompent, a dit un ancien, et des fnilliers de victimes succombent innocemment pour leur erreur. (T. IX, p. 586.)
Telle est la triste condition de toute opération offensive au milieu cle populations soulevées , quand ces populations sont féroces et résolues k se défendre. Chaque malade ou blessé exige un soldat valide pour le garder, et la guerre de postes étant celle qui met le plus d'hommes hors de combat, on peut aisément se figurer ce que deviennent bientôt les armées régulières dans une invasion de quelque étendue et de quelque durée. (T. XI, p. 31.)
Pour rétrograder à propos, il faut autant de résolution que pour s'avancer hardiment , et ce n*est , k la guerre comme ailleurs, que le privilège des esprits fermes et clairvoyants. (T. XI, p. 68.)
Lorsqu'on veut faire une surprise, le chemin qui mène le plus vite au but est non-seulement celui qui promet le plus de succès , mais celui qui promet le plus de sûreté. (T. XI, p. 196.)
DE GUERRE. . iU
Les états-majors ne contiennent pas moins de flatteurs que les cours. (T, XII, p. 306.)
Les âmes fortes, pour surmonter les grands périls, n'ont souvent de l'insensibilité que les dehors^ elles se dominent, sans éprouver moins que d'autres les angoisses des situations difficiles. (T. XII, p. 319.)
Son esprit, propre k tout, aux fonctions de Vingénieur comme à celles du général en chef, et de plus infatigable , ne se reposait que lorsqu'il avait décou* vert la solution cherchée. Or il est rare, quelle que soit la situation, que cette solution n'existe pas, k la guerre comme ailleurs. Seulement il faut l'esprit qui la trouve, et de plus l'ardeur de caractère qui ne s'arrête qu'après l'avoir trouvée. (T. XII, p. 574.)
Les hommes habitués au danger le bi^vent toutes les fois qu'il le faut, mais k condition qu'il ne soit pas sorti de leur pensée et qu'ils y aient k l'avance disposé leurâme. (T. XII,p. 654.)
Résister k la menace de Tassant, le recevoir, et ne se rendre qu'k Tassaillant victorieux, est le dernier
iiS MAXIAIES
terme des obligations imposées aux commandants des places. (T. XIII, p. 357.)
A chaque époque, lorsqu'un homme supérieur s'inspirant, non pas d'une théorie, mais des circonstances, exécute de grandes choses, les esprits imitateurs viennent k la suite, et mettent des systèmes à la place des grandes choses que le vrai génie a faites naturellement. Dans le dix-huitième siècle, tout le monde voulait faire l'exercice à la manière de Frédéric, et, depuis la bataille de Leuthen, construisait des systèmes sur Tordre oblique, auquel on attribuait tous les succès du monarque prussien. A partir de l'année 1800 et des campagnes du général Bonaparte, qui avait su avec tant d'art manœuvrer sur les ailes et les communications de ses adversaires, on ne parlait que de tourner l'ennemi. A Austerlitz, les conseillers d'Alexandre avaient voulu tourner Napoléon, et on sait ce qu'il leur en avait coûté. En 1810, un homme de sens et de caractère, lord Wellington, secondé par les circonstances et un bonheur rare, venait de faire une campagne brillante en Portugal, et on ne parlait plus en Europe que d'agir comme lui. Se retirer en détruisant toutes choses, se réfugier ensuite dans un camp inexpugnable, y attendre l'épuisement d'un ennemi témérairement engagé, enfin revenir sur cet ennemi, l'assaillir, l'accabler, était devenu pour certains esprits, depuis Torrès-Védras , toute la science de la guerre. (T. XIV, p. 15, 16.)
Dans la vie coinm\iDe , et plus encore dans la vie militaire, on tient compte de ses propres embarras, et très-peu des embarras d'autrui. (T. XIV, p. 74.)
On voTt ici cette fatale guerre marquée au coin d'un double caractère, celui d'une conception téméraire et d'une exécution incertaine; du génie, en un mot, qui commence les fautes, s'en repent aussitôt après les avoir commencées, et échoue par l'hésitation même que ce repentir produit dans son action. (T. XIV, p. 154.)
A la guerre, ce n'est pas toujours le succès cherché qui se réalise, mais, s'il y en a un et qu'il soit grand, peu importe que ce ne soit pas celui qu'on a prévu et désiré. (T. XIV, p. 210.)
Les généraux, comme les hommes politiques, ont besoin de courage civil , et doivent savoir dédaigner les vains propos de la soldatesque, qui a aussi souvent perdu les armées que la multitude a perdu les États libres quand on l'a écoulée. (T. XIV, p. 270.)
La multitude, dans les camps comme sur la place publique, est toujours Ta même : lui accorder ce
qu'elle désire, est presque un moyen de Ten dégoûter. (T. XIV, p. 285.)
La fortune doit être de moitié dans toutes les entreprises extraordinaires, k condition cependant qu'on ne lui laisse k faire que le moins possible. (T. XIY, p. 526.)
Il n'est pas donné k tous les hommes d'être de fer, mais il leur est permis de Tétre pour autrui , quand ils le sont d'abord et surtout pour eux-mêmes. (T. XIV, p. 546.)
A la guerre, c'est déjk quelque chose que d'entrevoir seulement les desseins de l'ennemi; les deviner complètement et sur-le-champ n'est que le propre du génie supérieur. (T. XV, p. 63.)
Il faut sans doute y regarder avant de disséminer ses forces dans de petites garnisons destinées k se rendre Tune après l'autre-, mais quand elles coûtent autant de monde k l'ennemi et vous font gagner autant de temps, il n'y a pas de regrets k concevoir. (T. XV, p. 82.)
Dans l'action, la justesse des idées vaut mieux que l'abondance. L'abondance *des idées, en effet, sans
DE GtJERRE. . U5
un jugement ferme et prompt, éblouit au lieu d'éclairer. (T. XV, p. 84.)
Le bonheur, à la guerre, qualité indéfinissable, est-il une vaine superstition des hommes, ou bien une réalité? Est-ce une faveur du sort capricieux, donnant k Tun pour les refuser a l'autre ces circonstances de froid, de chaud, de pïuie, de soleil, d'arrivées imprévues, qui font souvent réussir des combinaisons habiles? ou bien n'est-ce pas plutôt un ensemble bien proportionné de qualités qui, même sans des facultés supérieures, inspire ces déterminations simples et fortes qui sauvent les armées et les empires? (T. XY, p. 850
A la guerre, l'effet moral des événements est la plupart du temps fort supérieur k leur effet matériel. (T. XV, p. 99.)
Par son génie particulier,, la nation française se prétait merveilleusement aux fautes de Napoléon, et était même une séduction pour l'entraîner k les commettre. Cette nation prompte, intelligente et héroïque, qui depuis les premiers temps de son histoire n'a cessé d'être en guerre avec l'Europe, qui pendant vingt*deux ans de révolution, de 1792 k 1815, ne s'est pas reposée un jour, tandis que les nations avec lesquelles elle était successivement aux prises se re-
posaient tour k tour, est la seule peut-être au inonde dont on puisse en trois mois convertir les enfants en soldats. (T, XV, p, 440.)
Telle est la guerre! On s'émeut un instant, puis, entraîné par le torrent des événements, on court des funérailles de la veille k celles du lendemain , s'excusant par Toubli de soi-même de Toubli d'autrui. (T. XV, p. 586-587.)
A la guerre, le simple bon sens présent sur les lieux, et exclusivement appliqué k son objet, vaut souvent mieux que le génie absent ou distrait par des entreprises exorbitantes. (T. XVI, p. 141-142.)
En trois jours, plus de 40,000 Français, plus de 60,000 Allemands et Russes, furent atteints par le feu! Ah! disons-le bien haut, en présence de cet horrible carnage, la guerre, quand elle n'est pas absolument nécessaire, n'est qu'une criminelle folie 1 (T. XVI, p. 608.)
Il faut chercher la cause de ces déplorables résultats dans les illusions de l'orgueil , dans le besoin de regagner d'un coup une immense fortune perdue, dans la difficulté de s'avouer assez vite sa défaite,
DE GUERRE. U'i
daùs tous les vices, en un mot^ qu'on aperçoit en petit et en laid chez le joueur ordinaire, risquant follement des richesses follement acquises, et qu'on retrouve en grand et en horrible chez ce joueur gigantesque qui joue avec le sang des hommes comme d'autres avec leur argent. (T. XVI, p. 626.)
De même que les joueurs perdent leur fortune en deux fois, une première pour ne pas savoir la borner, une seconde pour vouloir la rétablir d'un seul coup, de même Napoléon compromit la sienne k Moscou pour la vouloir faire trop grande, et dans la campagne de Dresde pour la vouloir refaire tout entière. (T. XVI, p. 626.)
 la guerre , la chaîne des événements s'allonge si aisément, qu'on ne doit jamais* renoncer k une sage précaution par la crainte qu'elle ne soit tardive. (T. XVII, p. 364.)
Tant il est vrai qu'k la guerre la passion a souvent tous les effets du génie, parce qu'elle supplée a la puissance de l'esprit par la puissance de la volonté. (T. XVII, p. 378.)
Étrange changement de fortune, qui prouve tout ce qu'un homme de caractère et de génie, en sachant
persévérer k la guerre , peut quelquefois faire sortir de chances imprévues et heureuses d'une situation en apparence désespérée. (T. XYII, p. 385.)
Le génie de la politique consiste le plus souvent k savoir attendre^ celui de la guerre k voir vite le côté ou Ton peut frapper, et k frapper sur-le-champ. Aussi, tandis que les plus grands politiques ont été patients, les plus grands capitaines ont été prompts. (T. XX , p. 15.)
A la guerre comme en politique, il faut n'être pas esclave de la vraisemblance, et tout en lui accordant la préférence dans ses calculs, avoir Tesprit ouvert k toutes les éventualités. (T. XX, p. 151.)
Les indices k la guerre, de même que dans la politique, troublent l'esprit par leur multiplicité même, si par une raison k la fois sagace et ferme on ne sait pas les rapprocher et les concilier. (T. XX, p. 174.)
Si en politique on a raison de ne jamais se presser, en guerre , au contraire , on ne saurait jamais trop se hâter, car plus tôt le résultat est acquis, et plus tôt on est soustrait aux caprices de la fortune. (T. XX, p. 275.)
Ce qu'on appelle communément la grande guerre n'a pas souvent apparu dans le monde, parce qu'il faut à la fois de grandes nations, de grands événements et de grands hommes. (T. XX, p. 731.)
Ce n'est pas tout de suite que l'on tire les conséquences d'un principe, et surtout ce n'est pas durant la guerre qu'on profite des leçons qu'elle a données : c'est au milieu du silence et des méditations de la paix. (T. XX, p. 745.)
Dans une armée , si le mécanisme importe beaucoup, le moral n'importe pas moins, et sans le moral l'armée la mieux organisée est une habile machine dépourvue de moteur. (T. XX, p. 747.)
A la guerre ainsi que dans tous les arts, chaque individu prend le goût d'une manière particulière de procéder. (T. XX, p. 753.)
Ce n'est pas avec des hommes levés k la hâte que l'on fait des cavaliers, des artilleurs, des sapeurs du génie ^ mais dans un pays essentiellement militaire, qui a l'orgueil et la tradition des armes, on peut en faire des fantassins. (T. XX, p. 757.)
450 MAXIMES DE GUERRE
On ne serait pas général si on ne Tétait dans l'adversité comme dans la prospérité, car la guerre est une telle suite d'alternatives heureuses ou malheureuses, que celui qui ne saurait pas suffire aux unes comme aux autres ne pourrait pas commander une armée quinze Jours. (T. XX, p, 770.)
L'infanterie est l'expression du développement des peuples. (T. XX, p.^777.)