LES APPARTEMENTS
Pendant la maladie, il est nécessaire de renouveler l’atmosphère qui enveloppe le malade, car, comme le dit M. le professeur Bertin-Sans (2), « un air pur est encore plus nécessaire à la santé qu'une alimentation saine. Les maladies les plus nombreuses et les plus graves ont, en effet, pour origine la
(4) Des laines de couchage au point de vue hygiénique. (Rec. des mémoires de méd. militaire. Oct. 1879).
(2) Article ventilation. Dictionnaire Dechambre.
— 49 — | viciation de notre atmosphère. Indépendamment des morts plus ou moins violentes dues à la dimination de son oxygène, à l’angmentation de son acide carbonique, à son mélange avec des gaz toxiques, tels qu'ammoniaque, hydrogène sulfuré et carboné, oxyde de carbone, à sa pénétration par des poussières industrielles, son insalubrité provoque encore, de mille autres manières, la maladie et ses conséquences. » :
Mais après la guérison de la maladie ou la mort du malade, il est nécessaire non-seulement d’aérer, mais encore de désinfecter l'appartement qu'il occupait. Pour cela, on emploie différents moyens : l’un des plus recommandés est Pacide
alfureux, que lon obtient en faisant brûler dans la chambre
bermétiquement close, du soufre dans la proportion de 20 à 30 grammes par mêtre cube d'air. Le soufre en fleur, ou le soufre - concassé est placé dans de petits vases en fer ou en terre: dans ce dernier cas, le vase de terre doit être mis dans un bassin en fer ou en bois contenant de l’eau. Le soufre étant allumé, on ferme toutes les ouvertures, qu’on n'ouvre qu'au bout de 24 heures.
On a constaté que l'acide sulfureux pénètre profondément à travers les porosités des murailles, des fissures du plancher, des portes et-des fenêtres. Pour favoriser son action, avant de l’allumer, on charge d’humidité l'enceinte à désinfecter, en humectant les murs, le parquet avec une éponge mouillée, ou en faisant bouillir de l’eau dans la chambre. La vapeur d’eau, en pé étrant les porosités et les fissures, y retiendra l'acide sulfureux.
On a préconisé également les vapeurs d'acide azoteux, l'ozone ; mais ces procédés n’ont pas fourni de bons résultats.
Nous préférons de beaucoup la solution au 1/1000 de sublimé corrosif. Pour l’emplover, on la projette sur les murs au oise d’un pulvérisateur. On n'habitera pas la chambre avant
& heures. Les planchers, carrelages, boiseries sont d’abord lavés à l’eau bouillante avant l'emploi de la solution.
ee Tels sont les moyens prophylactiques, pour la plupart d'un emploi facile, que nous devons utiliser pour combattre les microbes, ‘et leur Ave les terrains où ils pourraient se développer.
En restreignant ainsi le champ d'action des fléaux morbitiés,
on épargne annuellement à la société un grand nombre d’existences : facteurs indispensables de la richesse publique. C'est par l'application de plus en plus rigoureuse des règles de l'hygiène que l’on obtiendra ce résultat. |
On l'obtiendra par une bonne organisation de l'hygiène publique. $
«L'hygiène publique exerce, en effet, uneinfluence considérable sur la vie des peuples et leur prospérité. C'est ainsi qu’en Italie, après l’organisation du service de la santé publique, qui serait si nécessaire en France, la mortalité à baissé en très peu de temps; de 1880 à 1884, elle a été inférieure de 320,000 à celle des quatre années antérieures. Or si, avec les économistes, on évalue à 1,000 francs le produit du travail d'un individu, la fortune de l'Italie a été, de par ce fait, accrue de 320 millions. À Bruxelles, depuis 4874, époque à laquelle fat organisé le service de la santé publique, la mortalité a diminué des deux tiers pour la fièvre typhoïde, des eimq sixièmes pour la variole. Ce résultat se traduit par une économie moyenne de 960 existences, soit environ un million de plus pour la fortune de cette capitale. 1} est certain qu'avec un service bien organisé de l'hygiène publique, on arriverait facilement, en France, à compenser la perte annuelle de 250 millions, qui résulte du phylloxéra. » (D° Blaise) (1).
Nous pensons ainsi et nous devons considérer que, même en laissant de côté la question financière, le devoir du médecin est de songer avant tout au bien-être de l'humanité.
(1) La mer au point de vue thérapoutique, 4889.
giène, depuis 1 ants, 1882.