‹ De La Prophylaxie Des Maladies InfectieusesChapitre 2 sur 11 · PUJOL · texte numérisé non relu

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ments, provoquent de développement de certames maladies.

On reconnait à peu près généralement que les maladies conta-

gieuses sont vraisemblablement des maladies à microbes. Si les recherches faites jusqu à présent n’ont pas donné des résultats dans tous les cas étudiés, il est. probable, cependant, que dans l’avenir l'hypothèse deviendra une réalité.

« Ce qu'il est nécessaire de connaître dans la contagion mi-

Le

s’introduisant dans notre

= ont classés dans le règne végétal. Ces iieroorganismes e | raient les germes morbides qui, organisme à à l’aide de véhicules tels que l'air, l'eau, les ali-

Fa

crobienne, c’est le lieu où existe l'agent, dans quel organe il vit pendant ou après la maladie, de connaitre, en un mot, l’origine et le point de départ de la contagion; cela, nous le savons pour quelques microbes : le bacille dela tuberculose, le pneumocoque existent dans les poumons, dans les crachats : l’agent de la rougeole vit certainement dans les voies respiratoires ainsi que l’ont montré plusieurs expériences d’inoculation, du mucus nasal ou bronchique, ou des larmes qui ontreproduit la maladie. » (1). =

Ces microbes se rencontrent dans l'atmosphère, dans les eaux, même sur nos vêtements. ls peuvent être de même rejetés de l’organisme animal par des sécrétions ou des excrétions (2).

Les eaux potables, utilisées directement, comme celles qui servent à la fabrication de certains produits alimentaires, en contiennent fréquemment, comme le disait dans un intéressant mémoire M. le professeur Bertin-Sans, qui faisait ressortir la nécessité d'obturer les puits situés trop près des égouts, les matières amenées par infiltration pouvant occasionner des épidémies, notamment la fièvre typhoïde.

M. Duclaux a constaté que certains microbes conservaient encore leur vitalité au bout de dix ans, sur des milieux favorables, à l'abri de l’air et du mouvement.

(4) Sevestre. Des conditions de propagation des maladies contagieuses de l'enfance. (Progrès médical, 1889, 2° série.)

(2) En 1882, une des sources qui alimentent la ville d'Auxerre fut souillée par les déjections d’une femme typhique. On vit bientôt éclater une épidémie de fièvre typhoïde parmi les habitants qui faisaient usage de l’eau de cette source, tandis que les autres demeuraient indemnes. L'eau est donc bien un véhicule du principe contagieux contenu dans les selles de typhiques.

Mead-Bolton (1) dit que les microbes pathogènes ne se reproduisent pas après un long séjour, et perdent peu à peu leur vitalité. Mais, d'un autre côté, Wolffhügel et Riedel (2), ont démontré que le bacille de la fièvre typhoïde peut conserver ses facultés de développement dans l’eau stérilisée, pendant des semaines ; celui du choléra pendant sept mois. D’après Chantemesse et Widal (3), le bacille de Koch vivait dans l’eau stérilisée jusqu'à cinquante et soixante- qe jours. mais que sa virulence diminuait. è

Les bacilles résistent également à la dessiceation ; le bacille de la tuberculose, après dix-huit mois de dessiccation, est encore virulent ; la congélation ne produit pas plis d'effets.

« C'est ainsi, et ainsi seulement, dit Sevestre (4), que peuvent s'expliquer ces épidémies à foyers successifs, survenant à intervalles plus ou moins éloignés, sans que Lo puisse retrouver d'importation nouvelle.

Trousseau (5) parlait du nd des germes, et montrait combien cés organismes peuvent rester latents, sommeiller - plus ou moins longtemps, enfouis dans des substances inorganiques, puis comment, à un certain moment, ils se. développent sur ceux qu'ils trouvent prédisposés à les recevoir.

De même, le contact des malades peut également transmettre les germes des maladies épidémiques et contribuer à les entretenir; et le contact des vêtements et du linge qui ont servi aux malades peut produire le même résultat,

(4) Zeitsch. für Hygiene, 1886, t. I.

(2) Wolffhügel et Riedel. — Arbeiten aus dem Kais. Gesundheïtsamts, 1886.

(3) Congrès pour l'étude de la tuberculose, 1856.

(4) Loc. cit.

(3) Cliniq. méd. de l'Hôtel-Dieu, 2° édit.

Het ess es

« H n'y a pas d'effort à faire, écrit Arnould (1), pour comprendre que les étoffes se laissent pénétrer par les molécules organiques et les corpuseules-germes, si les individus qui portent ces étoffes sèment autour d'eux, par la respiration, par la peau, par les excrétions diverses, de tels corpuscules ; il suffit même que les tissus vestimentaires aient séjourné dans une atmosphère infectieuse, pour absorber et retenir ces molécules impalpables de la même façon qu'ils absorbent et retiennent des gaz ou de l'humidité. »

ch plus loin : « Les linges souillés de déjections cholériques ou typhoïdiques ont le danger visible; on s’en défie ; ils sont soigneusement lessivés. Si l'opération n’est pas inoffen- * sive pour les blanchisseurs, du moins ces linges ne compromettent plus désormais personne. Il n’en est pas de même des matelas, des couvertures sur lesquelles on ne voit rien ; des vêtements de varioleux ou des personnes qui les ont soignés, dans l'épaisseur desquels la poussière virulente disparait absolument.» Ù

Du reste, la communication du virus ne se produit pas seulement pour les maladies cholériques et typhoïdiques, et ce fait a été constaté depuis longtemps déjà. Ainsi, on lit dans Coyttarus (2), de Poitiers, la propagation de la syphilis par la servante d’un chirurgien, qui avait eu l’imprudence de se revêtir de linges imprégnés du pus et de la sueur des malades.

Dans son Traité des maladiés épidémiques, M. Léon Colin cite, d’après Thomas Jordan, une “pidémie de syphilis qui se développa en Moravie, en 1577, sur tous ceux qui avaient fréquenté un établissement de bains à Brünn.

Et ce n’est pas seulement par les vêtements que la maladie

(1) Hygiène générale.

. (2) De febre purpura epidem., Paris, 1578

0 ee peut se propager. Par exemple, les crachats du phtisique se trouvant soit sur un mouchoir, soit sur le parquet, se dessè- -chent, passent en poussière et les miéroorganismes qu'ils renferment peuvent être transportés par l'air ou tout autre véhi-

cule, à moins qu'une seen appropriée ne les fasse dis-

paraitre.

On voit donc que pour prévenir la contagion d’un certain

nombre de maladies infectieuses et contagieuses, il est néces-

saire de prendre des précautions hygiéniques.

Nous allons examiner les maladies qui nous paraissent les plus importantes sous notre climat : nous nous en occuperons au point de vue des liquides pathologiques, pus ou crachats

qu'elles peuvent produire, et des microorganismes que ces

liquides. et les tissus peuvent côntenir. Le peu de temps dont nous avons pu disposer ne nous a guère permis de nous livrer directement à cette étude, mais l'excellent ouvrage de Cornil et Babes, les Bactéries, nous a facilité l’étude de la question. Nous avons cru utile de lui faire quelques emprunts.

Les discussions intéressantes soulevées sur la prophylaxie de la tuberculose, au Congrès d'hygiène publique et de démographie en 1889, reprises à l’Académie de médecine la même année, nous ont suggéré l’rdée de nous appuyer sur les prineipes émis par les nombreux savants qui se sont occupés de cette-intéressante question pour étudier la prophylaxie des principales maladies.

Il est résulté de leurs observations que des moyens prophylactiques doivent être employés autant qu'il est possible, pour empêcher le développement de la tuberculose, et combattre à l'avance cette redoutable maladie. |

Nous avons constaté avec satisfaction que bien souvent l'hygiène peut venir à notre secours, et que ses ressources facilement appliquées peuvent nous aider puissamment à com-

battre le fléau. Mais nous avons pensé aussi que la-tubercu-

de

lose n’est pas la seule maladie contagieuse, et qu'il en est d’autres bien redoutables aussi, qui peuvent devenir épidémiques à certaines époques, el qui, dans ces cas, deviennent désastreuses.

Nous voulons parler de la fièvre typhoïde, de la variole, de la diphtérie, etc., etc., maladies qui, par la production de sécrétions diverses, pus, crachats, déjections, le tout chargé de germes morbides, remettent ées germes en liberté, et leur permeltent de se transporter par l'air, l’eau, les aliments, pour aller de nouveau engendrer ailleurs ces mêmes maladies.

Nous pourrions ajouter à ces affections celles qui résultent des lésions traumatiques, que la chirurgie combat aujourd'hui si énergiquement et avec tant de succès par une antisepsie rigoureuse, dans lesquelles se trouvent aussi des microorganismes. es

"Nous ne noùs y arrêterons pas; un de nos confrères, le docteur Deslandes, a traité cette question dans une ‘thèse soutenue devant la Faculté de Montpellier (1).

Sous le titre : « Microorganisme et Suppuration », il a passé en revue les différentes maladies pyogènes, les états morbides qui se rattachent aux plaies, dont ils ne sont pour ainsi dire que les complications.

ee

Il à constaté que les microbes pyogènes pénètrent parles

voies respiratoires, le tube digestif et la peau. C’est là surtout ce que nous retenons.

Mais notre point de vue n’est pas le même, et nous allons, de notre côté, étudier des maladies plus communes peut-être, et, après y avoir établi la présence de ces microorganismes voyageurs, montrer la nécessité d'arrêter leurs migrations dangereuses, par les simples ressources de l’hygiène.

(1) 45 mars 1889.

ee — 11 —

Nous commencerons par la tuberculose, dont il a été si fortement question. Après avoir déerit les moyens employés

: pour la prévenir, nous étudierons la fièvre Te variole,

“la rougeole, la searlatine, la diphtérie. 2 © :2

I serait trop long de les passer toutes en revue, mais l'application des mêmes procédés sera toujours facile.

Avant d'étudier les maladies que nous venons de mentionner,

et bien que nous n’ayons pas l’idée de faire ici une étude à

proprement parler bactérioloÿique, qu’il nous soit permis de dire quelques mots des microorganismes dont nous serons

obligé de nous occuper ; nous ne ferons, du reste, que résumer

la classification donnée par des anatomo-pathologistes compétents (4). |

Les microorganismes ou bactéries sont des êtres cellulaires dont les diamètres ne dépassent pas quelques millièmes de millimètre Découverts dans l’eau putride e& la salive par Leeuwenhoeck (2), il y a bientôt deux cents ans, les microbes furent un sujet de controverse pour les histologistes. Rangés tantôt parmi les animaux, tantôt parmi les végétaux, à la limite inférieure de l’un ou de Pautre règne, ils furent finalement classés parmi les champignons.

Empruntons à un de nos auteurs, Crookshank, quelques lignes de leur histoire.

« En 171738, Müller, le premier, fit uné classification. Il établit deux genres, Monas et Vibmo, et les plaça dans les Infusotres. En 4824, Bory de Saint-Vincent tenta aussi ure classification, mais il faut arriver jusqu'à Ehrenberg, en 1838, et Dujardin, en 1841, pour voir une distinetion scientifique des

espèces. »

(4) CorniL et Babes, les Bactéries. — Crookshank, Bactériologie. (2) Leeuwenhoeck, 0p. omnia(Lugd. Batav. 1722).

C'est seulement en 1883. que Robin: ee. une . entre les Bactéries et les Vibrions, et Davaine, en 1859, déclara que les Vibrions étaient des végétaux, et me en fait ils ÉiReRE, alliés aux algues.

. Depuis lors, Pasteur, Cobn, Nageli, ie Fe Flügg, Cornil, Babes et tant d’autres, ont jeté une vive lumière sur la question.

Voici la classification donnée par Cobn :

4° Sphéro-bactéries ou bactéries globulaires, Coccr. 2° Microbactéries, bactéries en bâtonnets, bâtonnets courts. 3° Desmobacttries ou bacilles, btonnets longs. 4° Spirobactéries ou bactéries spiralées, Sprillum.

Ronds où ellipsoïdes, les cocci sont isolés (micrococci) ou associés deux par deux (diplococci), en groupes (staphylococci), en chapelets (sfreptococci). ire

Dans les bâtonnets, les plus longs sont les bacilles, les plus ‘courts les bactéries. Le nom de vibrions est réservé aux orga- ‘ nismes én spirale aux courbures peu prononcées.

Ces bactéries se reproduisent soit par segmentation, soit par spores. La sporulation ne se rencontre que dans certains microorganismes, et la présence des spores a fait supposer, assez souvent, qu'on se trouvait en présence d'organismes différents.

Enfin, on rencontre également des agglomérations de bactéries agrégées les unes aux autres qu'on appelle Zooglées.

Ces divers organismes, pour s’accroitre et se développer, ont besoin de conditions spéciales qui touchent à la nutrition, à la température, à la présence ou à l’absence de l'oxygène Raulin à démontré que pour arrêter le développement des plantes inférieures, il suffit, dans les sels minéraux, d’une variation très faible dans la quantité de l’un ou de l’autre ; de

: méme . quantités ‘très faibles également de liquides toxiques

TR

les tuent. De même pour. les bactéries, dont le développement est arrêté par diverses substances, telles que le sublimé, l’'iode, “etc....:-qui deviennnent des désinfectants Jorsqu’ on les em-

ploie à l'hygiène et à l antisepsie chirurgicale. ee Les bactéries sont souvent parasitaires, c’est-à-dire ne peu-

vent pas vivre en dehors de l'organisme d’un animal.

Les unes sont inoffensives, c’est-à- dire n° y produisent aucun

désordre ; mais 1l existe souvent entre les autres, dans l’orga-

nisme où elles se sont fixées, des relations de cause à effet avec les maladies infectieuses de l’homme et qes animaux : On les appelle pathogènes.

Pour qu’elles provoquent la maladie, il faut qu elles trouvent dans l'organisme un milieu de culture favorable, qui constitue ce que l’on appelle depuis longtemps la ÉTÉSSROSAInS individuelle.

En quoi consistent a bot pour chaque maladie infectieuse, les conditions qui créent ce milieu favorable ? C’est là un point sur lequelnos connaissances sont encore bien mcomplètes.

Tout ce que nous pouvons dire, c’est que Porganisme oppose, suivant les cas, une résistance variable à l’envahissement. Les recherches de Metschnikoff nous ont montré comment s'opérait cette action vitale de l'organisme par l'intermédiaire des leucocytes. Ces derniers se précipitent à la rencontre des microbes et par leurs mouvements amiboïdes cherchent à se les incorporer et à les détruire. S'ils réussissent dans ce rôle phagocytaire, l'infection peut rester localisée, et la maladie est réduite au minimum. Mais on conçoit que les résultats de cette lutte puissent être inverses et que le microbe l'emporte sur la cellule et la tue par les ptomaines toxiques qu'il sécrète.

Entre ces'deux cas extrêmes, on peut imaginer une sérié de

: a a types intermédiaires qui rendront compte des divers degrés d'infection aussi variables quel’individu lui-même. Si le microbe pathogène estun, sa virulence est multiple ; c’est là une condition qui, ajoutée à la résistance variable de l'organisme,

peut achever de LetAre compte des diverses modalités clini-

ques.

La question du terrain organique ou de la a est,

comme on le voit, une question des plus importantes. Lorsque l'organisme st envahi, que le microbe a pu le pénétrer à travers une porte ouverte accidentellement, ou par un état morbide antérieur {infection secondaire), la maladié peut nespas se développer ou apparaitre sous une forme très atténuée si le terrain organique est résistant, si les cellules migratrices accomplissent avec succès leur fonction phagocytaire.

Si, au contraire, le terrain organique est affaibli, les conditions inverses se réaliseront : le microbe pullulera, tuera les cellules migratrices, pourra envahir au loin et provoquera’un état morbide plus ou moins accusé, plus ou moins grave.

I ne s’agit pas là d’une simple vue de Pesprit. La clinique fournit depuis longtemps à cet égard les renseignements les plus précieux. L'expérimentation à donné aussi des résultats intéressants. C’est ainsi que, pour les microbes de la suppuration, Grawitz et Israël ont montré que l'injection d’une culture de staphylocoque doré ou de staphylocoque pyogène, ne provoque pas toujours sous la peau de l'animal une réaction suppurative. Mais si l’on injecte préalablement une solution d'acide lactique au lieu d’inoculation, la suppuration est constante. C’est que la résistance organique du terrain a été affaiblie préalablement par l'acide lactique, qui a créé un état de réceptivité des plus favorables.

Mais l’affaiblissement du terrain organique ne rend pas compte de tous les cas. Ne voit-on pas des individus très résistants, sans aucune tare héréditaire, en parfait état de santé,

de he organes par en dun fiques qui constituent le tubercule, et dont les symptômes | varient suivant les organes affectés, les méninges, les s,. less. + péritoine, el principalement les poumons. A

Le tubercule est un produit morbide formé d' éléments plus petits, nommés granulations élémentaires, auxquels Klebs Dr. a attribue en grande partie la production des formations tuber- — ee culeuses. Le nodule proprement dit est une petite masse

TRES 0 dure à au toucher, grisâtre et transparente

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