Cursus der Institut. (1841), I, p. 129-134, II, p
ce Les terres étant restées longtemps communes chez les ce Romains, et le partage ne s* en étant effectué qu'à une date « relativement récente , la propriété ne se développe point a d*abord immohilièrement : elle ne s'attache qu^à la posses- <( sion des esclaves et du bétail {familia pecuniaque), d « La « mancipatiOj forme primitive et générale de la vente, remon- (( tait au temps où la propriété ne s'appliquait pas encore à € la terre, puisqu'elle n'avait lieu que pour les objets que la « main de l'acquéreur pouvait saisir. » « Tout à Torigine, les « terres furent occupées en commun^ réparties sans doute « entre les diverses associations de famille, et les produits seu- « lement se distribuaient Tpar feux. La communauté agraire, « en effet, et la cité constituée par l'association des familles, « sont liées entre elles par d'intimes rapports ; et longtemps « après la fondation de Rome, on rencontre souvent de véri- € tables communistes vivant et exploitant le sol ensemble. La « langue du vieux droit atteste que la richesse a consisté d'a- « bord en troupeaux et en droits réels d'usage, et que ce ne « fut que plus tard que la terre fut divisée entre les citoyens, Ci à titre de propriété privée ^ En veut-on la preuve incontes- « table ? La fortune alors s'appelait d'un nom remarquable, « pecunia, familia pecuniaque; € les troupeaux » ou « les <c esclaves et les troupeaux. » Les épargnes personnelles du fils de famille ou de l'esclave étaient son pécule (peculium^ avoir un bétail). La plus ancienne forme d'acquérir la propriété consistait dans la prise de possession manuelle {man^ cipatio), laquelle n'est réellement possible que pour les
1 . Cicéron (de iîep., 2, 9, 14) s*exprime ainsi (Au temps de Romulus) : Erat res in pécore et locorum possessionihus ex quo pecuniosi et locupletes vocabantur. — Numa primum agros, quos heNo Romulus ceperat^ divisit viritimcivibus. Gonf. Pliitarch. Quest. rom , 15. Denys d'IIalicar nasse attribue également à Romulus le partage des terres en trente districts de curies ; à Numa, la plantation des bornes et l'introduction de la fête du Dieu Terme (Terminalia). Denys, I, 7, 2, 74. V. aussi Plutarch., Numa^ 16.
choses mobilières. Enfin, la contenance du domaine foncier primitif de Vhéritage {Heredium, de Hères ^ maître) ne comprenait que deux jugera (50 ares 4 centiares), Tétendue d'un simple verger, et nullement celle d'un domaine arable. Nous ne saurions déterminer d'ailleurs l'époque où s'est faite la première division des terres. On sait seulement que, dans la constitution primitive de Rome, les communautés de famille tiennent la place qui sera plus tard occupée par les assidui^ ou citoyens fixés sur leurs domaines, et que la constitution de Servius a en face d'elle un partage antérieurement consommé ^ .
Vheredium était un peu plus grand que Tenclos privé chez les Germains, mais les deux jugera étant insuffisants pour faire vivre une famille, celle-ci devait nécessairement recevoir une part de la propriété commune de la tribu ou de l'État. Cette propriété commune était Vager puhlicus primitif, successivement agrandi par les conquêtes des rois de Rome et de la république, et de bonne heure usurpé par les plus puissants. Oii comprend que cette usurpation ait donné lieu, entre les patriciens et les plébéiens, à une lutte séculaire qui a duré jusqu'à l'Empire. C'était, pour ces derniers, une question d'existence. Un groupe de familles formant le clan habitait un village, le vicus ou pagus. L'ensemble des clans constituait la nation, populus, l'État, civitas; rÉtat avait pour point central un lieu fortifié, une citadelle, arx, presque toujours situé sur une hauteur. Les anciennes citadelles des cités étrusques, construites en blocs cyclopéens, existent encore. Au moment où l'histoire de Rome commence, la propriété de la commune avait fait place déjà à la propriété collective de la famille, de la gens. C'est la seconde phase du développement de la propriété. Je vois
1. Mommsen. Hist, rom.y traduct. d'Alexandre, I, p. 206 et 250.
encore une preuve de la collectivité primitive du sol, dans ce fait, qu*à Rome comme en Grèce, le bétail a longtemps servi de moyen d'échange. Du temps de Cicéron, les amendes s'évaluaient encore en têtes de bœufs et de brebis, suivant un usage ancien.
Ceci est encore un trait curieux des mœurs des primitives sociétés de race aryenne. Il est bien connu que, chez les peuples de l'antiquité gréco-latine, le mouton et le bœuf étaient l'instrument des échanges et la commune mesure des valeurs. Dans Homère, la valeur des objets, celle des armes notamment, est estimée en têtes de bétail. L'étymologie du mot pecunia, qui signifie « richesse » et a monnaie, » et qui vient manifestement de pecusy ne laisse aucun doute sur ce point. Les premières monnaies métalliques portaient l'empreinte d'un bœuf ou d'un mouton, dont elles étaient pour ainsi dire le signe représentatif, comme le billet de banque Test aujourd'hui du numéraire. Dans les langues du nord, nous retrouvons des étymologies et des synonymies semblables. Le mot fà^ fe^ signifiait en islandais et en norvégien « richesse; » en anglais, le mot fee signifie rétribution d'un service, honoraire. Or ces mots viennent évidemment de vee, vieh, bétail. Le bétail en effet était la richesse par excellence et le meilleur moyen d'échange. Les Germains qui s'étaient fixés près des frontières de l'empire connaissaient l'usage de la monnaie ; ceux de l'intérieur, dit Tacite, avaient récours au troc pour l'échange des marchandises. Strabon rapporte la même chose des Dalmates. « L'usage de la monnaie leur est inconnu, dit-il, ce « qui leur est particulier par rapport aux autres peuples de « ces côtes ; mais cela leur est commun avec beaucoup de « peuples barbares ^ » Ces barbares avaient cependant un
\ , Strabon, 1. VII, ch. vi, § 7.
intermédiaire des échanges; seulement, comme ce n'était point une monnaie métallique, les historiens ont affirmé qu'ils ne connaissaient point la monnaie. Les tributs que les Francs vainqueurs imposaient aux Frisons et aux Saxons vaincus se composaient d*un certain nombre de bœufs. On n'a pu nier que des têtes de bétail aient servi d'intermédiaire aux échanges ; on sait même que le rapport de valeur était de dix moutons pour un bœuf à Rome , de douze moutons pour un bœuf en Islande et probablemerit aussi en Germanie ; mais le fait a toujours paru étrange. Il s'explique pourtant très -facilement lorsqu'on se rappelle l'organisation agraire des communautés de village ; il est vrai qu'il ne s'explique que de cette manière. La qualité essentielle d'un instrument des échanges, c*est d'être utile à tous, accepté par tous, et de circuler par suite de main en main sans arrêt. C'est ainsi qu'on a pris, comme monnaie, des fourrures en Sibérie, de la morue au banc de Terre-Neuve, des cubes de sel et des bandes de coton bleu en Afrique, du tabac en Amérique pendant la guerre de l'indépendance, et aujourd'hui chez nous parfois des timbres-poste. Dans les communautés primitives, chaque famille possède du bétail et en consomme ; elle est donc en mesure d'en livrer et satisfaite d'en recevoir. Gomme elle peut disposer du pâturage cornmun, si on lui donne quelques moutons ou quelques bœufs en paiement, elle n'en sera nullement embarrassée ; elle les enverra sur la lande avec le reste de son troupeau. Grâce à l'entremise du berger chargé de conduire à la pâture tout le bétail des habitants de la marke, les paiements en têtes de moutons et de bœufs peuvent se faire au moyen de cette opération de banque que l'on appelle « virement de parties, » et que le clearing house de Londres a porté à la perfection. Si Paul doit 1 000 fr. à Pierre, et qu'ils aient le même banquier, le paiement se fait par une simple trans-
cription au livre : les 1 000 fr. sont soustraits à Taclif de Paul et portés à celui de Pierre. Dans la communauté primitive, le paiement pouvait se faire de la même façon. Si Tun devait dix bœufs à l'autre pour une épée, il en avertissait le berger, qui les prenait dans le troupeau du premier pour les adjoindre au troupeau du second. L'emploi du bétail comme moyen d'échange, qui semble général chez les peuples aryens, prouve qu'avant leur dispersion ils vivaient à Fétat pastoral; et l'histoire économique vient ainsi corroborer les résultats auxquels est arrivée la philologie comparée.
Au moment où les Romains et les Grecs apparaissent dans l'histoire, ils sont parvenus à un état de civilisation plus avancé, plus moderne que celui des Germains de Tacite. Ils sont sortis depuis longtemps déjà du régime pastoral ; ils cultivent le blé et la vigne, et se nourrissent moins de viande : c'est Tagriculture qui leur fournit la plus grande partie de leur subsistance. Néanmoins il reste encore des traces très-reconnaissables du régime primitif de la communauté. Ainsi le bétail n'aurait pu servir de moyen d'échange, si la plus grande partie du terrain n'avait pas été un pâturage commun, où chacun avait le droit d'envoyer ses troupeaux. Les deux coutumes se tiennent de si près que l'une ne peut se concevoir sans l'autre. Avec la propriété individuelle et limitée, je ne puis recevoir des bœufs en paiement; car comment les nourrirais-je 1 — Si le bétail sert d'instrument d'échange, on peut en conclure qu'une grande partie du sol est propriété collective. Ce régime a donc existé dans la Grèce et dans l'Italie primitives.
On trouve encore une preuve de l'existence de la communauté en Grèce et en Italie, dans cette tradition universelle d'un âge d'or où la propriété privée était inconnue. Ordinairement on n'y voit qu'une fiction poétique; mais, quand déjà les faits incontestables de l'histoire économique de
rhumanité nous font comprendre la nécessité de ce régime, on est amené forcément à admettre que les poètes anciens, ici comme en bien d'autres points, peignent un ancien état de civilisation dont le souvenir s'était perpétué. Voici quelques passages des Classiques les plus connus, qui célèbrent, presque dans les mêmes termes, Tâge heureux où la terre, propriété commune de tous, ne connaissait pas encore les limites tracées et les bornes posées par le droit quiritaire.
c Avant Jupiter, lisons-nous dans les Géorgiques , aucun c laboureur n'avait encore dompté les champs; il n'était pas c permis d'en marquer les limites, d'en régler le partage : tout « était commun; et la terre, sans y être sollicitée, n'en prodic guait que plus largement ses biens. »
c Au temps du roi Saturne, écrit l'abréviateur de Trogue € Pompée, il n'y avait ni esclavage, ni propriété privée : les « biens étaient communs et indivis, et tous les hommes avaient, c pour ainsi dire, un même patrimoine. C'était Tâge d'or, si «c cher à la poésie; l'âge du bonheur facile et de la concorde c universelle. »
Écoutons TibuUe, liv. I, Elég. 3 :
Quam bene Saturne vivebant rege priusquam Tellus in longas est patefacta vias ! ^
Nondum cseruleas pinus contemserat undas^ "^
Effusum ventis praebueratque sinum ;
Non domus uUa fores habuit ; non ûxus in agris, Qui regeret certis ûnibus arva, lapis.
Ovide {Métam. 1, 135) s'exprime en des termes semblables ;
Communemque prias, ceu lumina SoUs et auras, Cautus humum longo signavit limite mensor.
Virgile dit, dans les Géorgiques^ liv. 1, 125 :
Ante Jovem nulli subigebant arva coloni.
Ne signare quidem aut partir! limite campum Fas erat : in médium quaerebant ; ipsaque tellus Omnia liberius, nuUo poscente, ferebat.
Voilà évidemment la tradition populaire d'une époque primitive, antérieure à la constitution de la propriété privée.
Platon, dans le troisième livre des Lois^ décrit fort bien les caractères de cette époque primitive où régnait exclusivement le régime pastoral. « Dans les commencements il y « avait abondance de pâturages d'où les hommes tiraient « principalement leur subsistance. Ainsi ils ne manquaient « ni de chair ni de laitage. » N'est-ce pas l'image exacte de la Germanie au temps de Tacite et la reproduction du mot de César : carne et lacté vivunt, Platon parle aussi de Tégalité du partage primitif des terres et il exprime cette idée commune à tous les politiques de l'antiquité, que l'égalité des conditions est la base indispensable de la pureté des mœurs, de la vertu et de la liberté.
Nous trouvons encore chez les historiens anciens quelques passages qui prouvent que, même dans le monde connu d'eux et de leur temps, le régime de la propriété collective n'avait pas complètement disparu. Diodore de Sicile raconte que des habitants de Gnide et de Rhodes, fuyant la tyrannie des rois asiatiques, arrivèrent en Sicile vers la cinquantième olympiade. Ils s'y allièrent avec les Sélinontiens qui faisaient la guerre aux Egestiens. Vaincus, ils quittèrent la Sicile et abordèrent aux îles Lipari, où ils s'établirent, du consentement des habitants. Pour résister aux pirates tyrrhéniens, c'est-à-dire étrusques, ils construisirent une flotte et adoptèrent l'organisation sociale que voici :
c( Ils se divisèrent en deux classes séparées : Tune fut charc gée de cultiver les terres des îles, qu'on déclara propriété € commune; à l'autre on confia le soin de la défense. Ayant de € cette manière mis en un seul bloc toutes leurs propriétés, € et mangeant ensemble à des repas publics, les habitants « des îles vécurent en commun pendant plusieurs années (xal € T^tç oùa'aç §è xoivètç TrotTQffafjtsvot xal Çwvreç xaia duaff^Tia, SteTeXeaav
< M Tcva; xp^vouç xotvcovuicoc ^touvreç); mais, par la suite, ils se c parlagèrent les terres de Lipari, ob se trouvait leur ville; c quant aux autres lies , elles continuèrent ci*èire cultivées 4 en commun. Enfin ils en vinrent à se partager ainsi toutes c les lies pour vingt années : à l'expiration de ce terme, on c les tira de nouveau au sort ^ »
Ainsi, à l'époque où écrivait Diodore de Sicile *, c'est-àdire sous le premier empereur romain, la propriété privée immobilière n'était point encore complètement constituée parmi les Grecs des petites îles Lipari : ils pratiquaient aux portes de Rome ces partages périodiques observés en Germanie par César et Tacite. Ce qui est curieux à noter c'est que les Suèves, au dire de César, agissaient comme les Lipariens : a Ceux qui restent dans le pays cultivent le sol pour « eux-mêmes et pour les absents, et à leur tour ils s'arment «.l'année suivante, tandis que les premiers restent chez eux ; « car nul ne possède la terre en propre. » M. VioUet croit pouvoir admettre que le régime de la propriété collective avait laissé des traces profondes dans le midi de Tltalie jusqii'aux temps historiques. Voici comment il s'exprime :
c Ne pourrait-on pas en dire autant de quelques-uns des « premiers colons de la Grande-Grèce? C'est une pure conjeo- € ture que nous exposerons ici, mais il ne faut pas toujours tf négliger les conjectures : nous nous transporterons donc un € moment dans la Grande-Grèce et nous consulterons les bio- « graphies de Pythagore que Tantiquité nous a transmises. On ce sait que Pythagore réunit des disciples qui pratiquaient le
< système de la communauté de biens. Ce n'est pas sur ces c agrégations d'un petit nombre de personnes que nous appea Ions l'attention : il est assurément permis d'accepter ici le c témoignage des biographes, qui considèrent cette institution c comme l'œuvre du philosophe et qui ne la rattachent en a aucune façon aux origines historiques de la Grande-Grèce ;
1. Diodore, Bihl. Ais/or., liv. V, 9, édlt. Mûller, vol. I, Paris (1842) p. 259.
c mais voici un fait attribué aussi à Pythagore, fait plus général, « plus important et plus difficile à expliquer : à la voix de cet
< éloquent personnage, écrit un auteur, plus de 2 000 individus € adoptèrent le régime de la communauté et organisèrent dans a la Grande-Grèce un état politique. Il y a plus : en s'attachant c aux expressions de notre historien, on pourrait supposer qu'il a s'agit de l'origine même de plusieurs villes de la Grande- « Grèce *. Ainsi, d'après ce texte, postérieurement à la fondation c de Rome, une ville ou même quelques villes du sud de Tltalie « auraient été fondées et assises sur le régime de l'indivision. a Voilà un fait social d'une grande importance, attribué à une € époque assez peu reculée et qui aurait laissé de bien faibles € traces dans l'histoire. N'est-il point permis de se demander si c une ancienne tradition, concernant l'origine de certaines villes a de la Grande-Grèce, ne serait pas venue ici se fondre dans les € récits postérieurs et à demi-légendaires delà viedePylhagore? a Sous le nom, sous le couvert de Pythagore, une tradition hislo- € rique irès-précieuse serait ainsi parvenue jusqu'à nous. Ce qui « confirmerait notre pensée, c'est que ce passage de Nicomaque « recueilli par Porphyre est tout à fait isolé dans les biographies
< de Pythagore ; partout ailleurs il n'est question que des dis- € ciples du philosophe, c'est-à-dire de corps assez peu nombreux c comptant tout au plus 600 personnes. Nous trouvons dans une € source très-différente un trait qui doit être rapproché de ce c qui précède : il s'agit des habitants de Tarente : les citoyens ce de cet état paraissent avoir conservé jusqu'au temps d'Aristote c quelque chose de l'antique communauté des terres : « A Tact rente, on accorde aux pauvres l'usage commun des proc priétés, et ainsi on s'assure le dévouement de la foule, » € lisons-nous dans la Politique 2. Ainsi la ville de Tarente pratia quait, au bénéfice des indigents, une coutume qui rappelle le
< partage périodique des terres des lies Lipari : cet usage s'ex- € plique beaucoup mieux par l'histoire que par la philanthropie; € et nous avons là très-probablement sous les yeux un débris € d'une haute antiquité. >
\ . Porphyri Pythagorœ vita , à la suite de Diogène Laerce, édit. Didot, Parisiis, 1850, p. 91. Conf. Jamblique, qui répète mot à mot ce qu'avait dit Porphyre, ibid,, p. 21.
2. Aristote, Politique, Uv. IV, ch. m (5), édit. Didot, t. I, p. 596.
Âristote semble avoir eu connaissance des deux formes primitives de la communauté, celle où les produits sont récoltés en commun et celle où la terre est allotie entre les ayants-droit « Ainsi, dit-il, au chapitre 3 du livre II de la « Politique^ les champs seraient propriété particulière et les «: récoltes appartiendraient à tous. Cet usage existe chez quel- <r ques nations. Le sol pourrait être commun, mais les récoltes « seraient réparties entre tous comme propriété individuelle. « On trouve cette espèce de communauté parmi quelques « peuples barbares. » Aristote n'indique pas clairement les caractères des deux régimes qu il veut décrire, mais le premier semble se rapporter à certaines cités grecques où en effet on consommait en commun, dans des repas publics, le produit des terres des particuliers. Le second serait celui du partage périodique du fonds commun, ainsi qu'on le trouve décrit dans quelques auteurs anciens.
Diodore de Sicile dit que les Vaccéens, tribu celtibère, « se « partagent tous les ans la terre pour la cultiver et, ayant mis « en commun les récoltes, donnent à chacun sa part. Ils ont « établi la peine de mort contre les agriculteurs enfreignant <ic ces dispositions ^ »
Diodore de Sicile 2 rapporte encore que, parmi les îles situées dans l'océan d'Arabie, le long des côtes de l'Arabie Heureuse, il y a plusieurs îles dont trois méritent d'être mentionnées. L'une est l'île de Panchaia. Au ch. 45 du livre V il expose l'organisation poUtique et sociale de cette île; c'est là qu'il dit, entre autres choses, que la population y est divisée en trois ordres («xépy)) : les prêtres avec les artisans (Te^vtrai) forment le premier ; les agriculteurs forment le deuxième; les soldats avec leâ pasteurs forment le troisième. Les prô-