Aristote, Politique^ liv. VII, ch
i60 LES FORMES PRIMITIVES DE LA PROPRIÉTÉ
c avoir mentionné les repas publics des curies romaines, songe c aux Lacédémoniens, et suppose que Romulus a fait ici un emc prunt à la législation de Lycurgue^ Mais non : Romulus n'a c rien emprunté à Lycurgue, comme le voudrait Denys, et la c Grèce n^apas davantage copié Tltalie, comme le voudrait Ârisc tote : en Grèce et en Italie, Tusage des repas communs s^est a établi tout naturellement, ou plutôt s^est conservé : dans les c deux pays, il est demeuré comme un témoin attardé de Tan-» c cienne vie nomade^ et de la communauté primitive des terres : « dans les deux pays, la religion et les mœurs en ont conservé c le souvenir. »
Àristote approuve les repas communs comme un moyen de faire régner l'égalité : « A Lacédémone et en Grèce le lé- « gislateur a eu la sagesse de fonder la communauté sur Tuc sage des repas publics. (Liv. II, ch. 2.) Les repas communs « desHétairies carthaginoises ressemblent diuxphidities lacé- « démoniennes. » (L. II, ch. 8.) « On regarde généralement « rétablissement des repas communs comme applicable à tout « état bien constitué. Je suis aussi de cet avis , mais il faut « que tous les citoyens sans exception viennent y prendre « place. Les frais du culte divin sont encore une charge com- « mune de la cité. Ainsi donc le territoire doit être divisé en € deux portions : l'une au public, l'autre aux particuliers. La « première porlion sera subdivisée pour fournir aux dépenses « du culte et à celles des repas communs. » (Liv. IX, ch. 9.)
« L*établissement des repas communs n'est pas moins <t antique; elle remonte, pour la Grèce, au règne de Minos « et pour l'Italie à une époque encore bien plus reculée. » (Liv. IV, ch. 9.)
Non-seulement la communauté primitive s'est conservée