‹ De la propriété et de ses formes primitives (volume 2)Chapitre 39 sur 85 · Denys, loco citato · texte numérisé non relu

Denys, loco citato

2. Je suis surpris qu'on ne trouve pas un chapitre consacré aux repas communs dans l'ouvrage de Dorn Seiffen, Vestigia vitœ NomadicoBy tam in moribus quam legibus Romanonim conspicua , Utrecht,

L*AGE b'Oh. 161

dans les traditions relatives- à l'âge d'or et dans certaines institutions lout-à-fait communistes, comme celles des repas communs. Elle a aussi marqué de son empreinte la constitution, les lois, les rpœurs et les idées de l'antiquité. En Grèce l'individu est toujours sacrifié à l'État, et les écrivains politi-

ques, comme Aristote et Platon, ont sans cesse en vue de maintenir l'égalité des conditions, en imposant certaines bornes à l'activité individuelle et surtout à l'accumulation des propriétés foncières dans certaines mains. Les grands législateurs, comme Lycurgue et Minos, passent pour avoir fait reposer les constitutions qu'on leur attribue sur une nouvelle répartition des biens. L'idée de régler la distribution des richesses, de façon à mettre obstacle à une trop grande inégalité, revient à chaque instant dans les écrits des anciens, et c'est-là que l'ont puisée Montesquieu et J.-J. Rousseau. Comme le remarque parfaitement M. Viollet, l'origine de la propriété individuelle est presque toujours rapportée à un premier partage exécuté sur le pied de l'égalité, ce qui fait supposer qu'avant cette répartition la terre était propriété collective ou que du moins ceux qui rapportent ces faits la croyaient telle. M. Viollet cite un grand nombre de ces partages notés par les auteurs anciens.

c La tradition du partage est fréquente chez les Grecs : nous « la rencontrons parmi les habitants des Gyclades ^ deTénédos, c de Lesbos et des lies voisines ^ ; elle existe aussi en Sarc daigne '; on la retrouve dans le Péloponèse envahi par les c Doriens ^ Aristote cite plusieurs pays, Locres dans la Grande-

Page 1