‹ De la propriété et de ses formes primitives (volume 2)Chapitre 9 sur 85 · PRÉFACE XIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE XIX

mais qu'on ne peut vérifier, telles que la loi naturelle et le contrat social, jouissent de beaucoup plus d'autorité que d'humbles recherches sur l'histoire primitive de la société et de la loi ; elles obscurcissent la vérité, non-seulement en détournant l'attention de Tunique voie où on peut la rencontrer, mais par l'influence qu'elles exercent sur le développement de la jurisprudence (1). »

Ainsi pour défendre la propriété quirilaire que nous ont léguée les Romains, on a prétendu qu'elle avait existé partout et de tout temps, ubique et semper; — or 1 histoire mieux connue nous montre que la forme primitive et universelle de la propriété a été la possession, telle que nous la voyons chez les tribus slaves et germaniques et telle qu'elle s'exerçait même à Rome sur Yager publions.

Les juristes, s'inspirant du Digeste et des Instittites^ font dériver la propriété de l'occupation de la res nullius; mais à aucune époque la terre n'a été res nullius. Chez les peuples chasseurs, le territoire de chasse, chez les peuples pasteurs^ le parcours des troupeaux^ enfin chez les premiers peuples agricoles les champs cultivés, étaient considérés comme la propriété collective de la tribu et l'idée ne venait à personne qu'un individu pût y avoir un droit exclusif et héréditaire. L'occupation ne pouvait faire naître la propriété que sur des objets mobiliers qu'on pouvait réellement saisir et détenir. Les formalités de la vente chez les anciens romains montrent que celle-ci ne s'appli-

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