Le éasiMtiae équivaut à 1 hecto» 9 ubm
d'eux lui devait un certain nombre de jours de travail par 'semaine. Les familles patriarcales qui réunissaient sous le même toit plusieurs ménages représentaient plusieurs tia^ glos, suivant le nombre de bras aptes au travail dont elles disposaient. La corvée due au seigneur se répartissant par tiagloj il était naturel que la terre fût répartie dans la même proportion. Dans le premier système, la répartition se fait donc par tête; dans le second système, ou par ménage ou par travailleur adulte.
Les nombreuses parcelles assignées à chaque ménage étant toutes entremêlées, il en résulte que toutes doivent être cultivées en même temps et coûsacrées au même produit. C'est ce que les A.llemands appellent Flurzwang ou « culture obligée. » Un tiers du sol arable est en céréale d'hiver, seigle ou froment, un tiers en avoine et un tiers en jachère. Chaque famille laboure, ensemence et récolte à part et pour son propre compte, mais rien n'indique la séparation des parcelles. Tout le segment occupé par Tune des divisions de l'assolement triennal paraît ne former qu'un seul champ. Il faut faire en même temps les différentes opérations agricoles, parce qu'à défaut de chemins et d'issues, nul ne peut arriver aux parcelles qu'il exploite sans passer sur celles du voisin» C'est l'assemblée des habitant? de la commune qui décide les époques de Tensemencement et de la moisson, comme cela se voit dans le midi, en Suisse, en Italie, en France même, pour le temps des vendanges. C'est encore un des cas où l'autorité du mir enchaîne et règle l'initiative individuelle.
Avant l'abolition du servage, le seigneur concédait aux paysans environ la moitié du sol arable, et il en gardait pour lui l'autre moitié, qu'il faisait cultiver au moyen des bras que la corvée lui fournissait. Le serf devait travailler trois jours par semaine pour le maître. Les forêts et les
terres vagues fournissaient aux cultivateurs le bois et le pâturage moyennant certains services supplémentaires.
En 1861, dans la Russie proprement dite, 103,158 propriétaires possédaient 105,200,108 dessiatines avec 22 millions de serfs jouissant de l'usufruit du tiers de la superficie totale, soit de 35 millions de dessiatines, ce qui fait un peu çlus de 2 dessiatines et demi par tête, ou environ 7 dessiatines par famille.
Dans la région de la terre noire, la population était plus dense, et par conséquent la part de chacun plus petite. Cette ^art s'appelait le nadielL C'est le nadieU qui a servi de base au partage de la propriété entre les paysans et les seigneurs, -décrété par l'acte d'émancipation. Le seigneur est tenu de laisser en propriété aux serfs affranchis, moyennant une rente en argent toujours rachetable i, une part du sol qui / -dépend des circonstances locales ; mais, dans chaque village
un minimum est fixé par tête d'habitant mâle. Ce minimum varie. Dans la région des steppes, il est de trois à huit dessiatines; dans la région industrielle, il est moins grand : ainsi, dans la province de Moscou, il tombe à 1 dessiatine. Dans la région de la terre noire, il est en moyenne de 2 à 3 dessiatines. En pratique, la portion de terre que les serfs affranchis ont obtenue correspond à peu près au nadiell ou à la part qu'ils avaient précédemment en culture.
Voici la situation d'une fomille ordinaire de paysans dans la province de Novgorod. Elle exploite environ 20 hectares dont la moitié est cultivée, et l'autre moitié est en prairie ou en pâture. L'assolement triennal est général en Russie, de sorte que le tiers de la terre arable est emblavée de seigle.
1. Le gouvernement fait des avances aux paysans pour leur permettre de racheter la rente. Les anciens serfs occupent en moyenne 4 hectares par habitant mâle, en payant une rente de 5.à 6 francs par hectare*
22 LES FORBas rtiwrfvts m la propriété
le Beeofid tien à'^foime, et le troiâèrn» tiers est es jachère. Le bétail m comfMee de % dievaioc» S vaches et 4 ou 5 mooftons. Me paie w sa^eiur 70 firam» pour le radmt de la tetrey soit & fr. 66 par heotsare^à I*État pour kapôt 13 fratic& par mâle ou 3& fh»cs environ^ et «i prôtre,. de 6 à 7 Qraiies K
Les lois d'émanoipathm a*ODt pas porté aHeiiit» à Tesis^ tence collective du mir, et la nouvelle organiaalic»! eonuMr nate établie par Fukase du 19 fiévrier 1861 Fa plutôt fortifiée, car elle a encore confirmé le principe qui fail de clMcpie commum ime corporation solidairement responsable du paiement exact de toutes les taxes dues à l'État, à la province ou à la commune par chacun de ses habitants. Les chefe de &mille, réunis en assemblée générale, peuvent introduire la propriété iadîviduelle et omettre fin au régime de la communauté ; mais, pour décider cette tran^ormatian, une majorité des deux tiers est requise.
On prétend que, ai la décision pouvait être prise à la simple majorité, les communautés auraient bientôt cessé d'exister. Les ftdts observés ne semblent point confirmer ces pré visions.. Les paysans n'abandonnent pas si promptement d'anciens usages; ce n'est que peu à peu et par des ehângements insensibles que les vieilles institutions se modifient sous influence des idées et des besoins nouveaux!
Voici utt curieux exemple qui prouve à quel p<xnt les paysans russes tiennetti à rorgamsation agraire du mir. U y a queues années^ dans un domaine du cercle dé Pélerhof, le propriétaire voulut, dans Tintérét de ses serfis, introduire le régime rural des pays de l'Occident. II divisa la terre en exploitations indépendâfites, où il construisit à ses frais une
1. Voyez rintêressant rapport de M. Miche!t , diiiis les Bi^Hs respecting the tenure of Land in the several countries of Europe.
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■BQlie ytT I iiM|Hf tMitfMe; ma» 4 yeâ» rAoifiott <è« awvapa fat oBe éétgétee, ^e le» paysans s'êmpres» sapent ds véliblir la earaisaMwlé prinitm «et de TeeoiiBtniiw ]BsiDtt8(»ss»teur»c»«vl^^ tiaml oenadécaUe ^fw eab irfiiwiwlli Bm rtfBoissaiiees pablKpnt céléèrèMat le itiDur mok vieilles «Datâmes <âm «MT. On «Ht F^^TaBA rdÊm^ de ^tler aen ex|il€iMioii ieoMe; il 6êê bOÊM et Ahslaré trattra (oir tout le TiBage <• Ajix yeux eu fai»tt rosse, tante teataliw de se seusInÉre MK lâens 4e la comoMBaoté est une dâsertkm, im vei, «n crime qu'on ne pardonne pas.
Fak plus eurieux «score, les eok«ies alKenamles élaliSes ea Rjosaie osêl apontunftment îatrpdnift le paotage fériodiqiae des tewesu Dans le irillace de Panâiiskoi, près du VeOga, peui^é 4e odcMs Tesras 4e la WastpbaUe, M. iëe Haxthaù^en a coiMtartè «qm la oenflause bit un nourieau partage des dKampe tous les trois., six o« naaf ans, d'après raugm^itatîAa dia nemliFe des kàai>itaiits. Les ajudres ccdomes sdlomaiHlfiB dn gouvernement de SaratolT ont aussi demandé et obtenu l'aa^ torisatîon d'adopter le même régioie. Les Tartares agriculteurs aieCleoit égaleme^ en pr^qise le partage à la rosse.
La {amyie patriarcale est le fondeoieiit de la ocNaEnaune, et les meoihres 4u mir sont généralement considérés comme desoeadants d'ua «loétre oonuEUua. Les Uais de la famiUe OBt coiiseni^ eheis les Russes, ooiDœae chea les Slames du Dacuibe et 4a Balkan, use puissance qu ite onft perdae ailleurs. La ifàuQQÎLle est une socte de eerporatkm qui se perpétue €l qsfl eat gCMiiveimée, avec une autorité presque absolue, par le chef appelé ^ l'ancien. i> Tout l'avoir reste en commuML ilji'y à poi«t en général d'bérédité ni de partage.
i. ficKaasu Mmdandë UmRicke ZtaitMe, £. iOS.
La maison, le jardin, les instruments aratoires, le bétail, les récoltes, les meubles de toute nature demeurent la propriété collective de tous les membres de la famille. Nul ne pense à en réclamer une part individuelle. A la niort du père de famille, Tautorité et Tadministration passent à Tainé de la maison : dans certains districts, au iiis aine, dans d'autres au frère aîné du défunt, pourvu qu'il babite la même maison. Ailleurs encore ce sont les membres de la famille qui choisissent le nouveau chef. S'il ne reste que des mineurs, un parent vient s'établir avec eux et devient alors co-propriétaire.
Quand après décès nn partage a lieu, ce qui est moins rare qu'autrefois, il se fait, non suivant les degrés de parenté, mais par tête de mâle adulte habitant la maison. Un orphelin ne peut succéder par représentation de son père, et ceux qui ont quitté la demeure paternelle n'héritent pas. Les femmes restent confiées aux soins de l'une ou l'autre des sections de la famille, et elles reçoivent une dot à leur mariage.
Dans le nord, la maison est dévolue à l'aîné. Dans le midi, c'est le plus jeune fils qui en hérite, parce qu'ordinairement on a créé un établissement séparé pour le fils aîné pendant la vie du père. Ce qui donne donc le droit à hériter, ce n'est pas le sang, la descendance, c'est un titre plus effectif, la coopération au travail qui a produit les biens qu'il s'agit de partager. L'oncle, le neveu, le cousin adultes, ont travaillé de même ; ils auront une part égale. La jeune fille, l'enfant, n'ont encore contribué en rien à la production; il sera ' pourvu à leurs besoins, mais ils n*ont aucun droit à une part de l'hérédité.
Dans la famille comme dans l'État russe, l'idée d'autorité et de puissance se confond avec celle de l'âge et delà paternité. Le mot starosta signifie ce le vieux, » le mot stharshina
en est le comparatif, t plus vieux. » L'empereur est « le père, » — « le petit père. » C'est le vrai principe du régime patriarcal.
Depuis rémancipation, l'ancienne famille patriarcale tend à se dissoudre. Le sentiment de Tindépendance individuelle la mine et la détruit. Les jeunes gens n'obéissent plus à « l'ancien. > Les femmes se querellent à propos de la tâche qu'elles ont à faire. Le fils marié veut avoir sa demeure à lui ; comme il peut réclamer une part de la terre, et que le paysan russe se construit bientôt une demeure de bois qu'il façonne, la hache à la main, avec une habileté ïnerveilleuse, chaque couple s'établit à part.
La dissolution de la famille patriarcale entraînera peutêtre celle de la communauté de village , parce que c'est dans l'union du foyer domestique que se développent ces habitudes de fraternité, ce détachement de l'intérêt individuel, ces sentiments communistes qui maintiennent la propriété collective du mir. Autrefois, le moyen employé pour briser les résistances des mauvaises têtes ou pour se débarrasser des paresseux incorrigibles consistait à les livrer à la conscription. Les pères de famille, d'accord avec le starosta, purgeaient ainsi la commune des récalcitrants. C'est Thabitude de se soumettre à l'autorité despotique du père qui a donné au peuple russe cet esprit d'obéissance, d'abnégation et de douceur, qui le caractérise.
Quel contraste entre le Russe et l'Américain I Celui-ci, avide de changement et de mouvement, âpre au gain, toujours mécontent de son sort, toujours en quête de nouveautés, affranchi de l'autorité paternelle dès ses plus jeunes années, habitué à ne compter que sur lui-môme et n'obéissant qu'à la loi, qu'il a contribué à faire, type achevé de l'individualisme; le Russe au contraire, résigné à sa destinée, attaché aux traditions anciennes, toujours prêt à obéir aux ordres
26 LES FORIOSS mi[IT!VS& M LA PROPRIÉTÉ
d6 S6S sdpémars, rempli d6 vénéfatioiBi pour ses prétsPBs et pMT son eaqperear, content de son exîstafMse, q«'H ne eherche pas à améliorer, et en somme plus heureux penl-^lra et pluB gai q«e PenÉrepreiuait et toMi» Yonfae, aamffieu dé ses Tîdieœes el de ses progrès»