Physique sociale ^ Bruxelles
geois de 6^ poar l69 inarehand» de 4 4/5^ et pour la popu-» lotion fiottanto de 3 3/4.
La mortaUté on Ruseio est folativomoiil au mmitHre Am babitanis dana la propôrtioti do 1 à 36, tandis (]a'oUè eat en Prasse de 1 à 36| on Franco do 1 à 39^ on Belgique de 1 à 43^ et en Angleterre de i à 40. La doréo moyenne de la rie est donc en RosstO très-kiférioure à orile qu*oii a conitatéo dans lod autres pays. An lieu d'être do trente-cinq ans, en* viron^ comiûe danè les États do FEarope occâdentale^ elle n'est que do tingt-deut à vingt^sept ans; dans la région agricole du Volga, elle tombe à tingt ans^ et même dans les provinces de Viatka^ Perm et Orenbourg à quinze ans« Cette moyenne si défavorable provient surtout de la grande mor* talité qui atteint les jeunes enfants* M. Boniakoveki, membre de TAcadémie impédale de Saint-Pétersbourg, constate, dans son ouvrage sur te« Lais de la moHmlUé en RuêBie^ que sur 1,000 enfants mâles, il n'en reftte pltis en vie, à Tâge de cinq ans, que 893 : prescpie la moitié a disparu ; il en meurt environ le tiers dans la première année qui miit la naissance. Encore faudrait-il teoiir compte de Ce fait^ qui est de noto«ïiétét que les enfants morts avant d'éte^ baptisés ne sont pas enregistrés du tout.
Ainsi, grande mortalité parmi les enfants, voilà la princt^ p&le cause qui arrête l'accroissement de la population. C'est le défaut de soins qui emporte beaucoup d*en£ants. D'après Mi Gillarovski) qui a fait des recherches spéciales sur la mortalité des enfants en Russie, les môres^ surchargées de travail, sont tt^â ^souvent Incapables de nourrir leurs noa- Veâtt^ttdt). filles leur donnent avec le biberon une sorte de brouet do Ikrine de sélgte atgri qui provoque la diarrhée. L^iàage veut que^ trois jours après ses couches, la mère prenne un bain de vapeur, et ce bain, faute des précautions nécessaires, a fréquemment dei omaéquteces Aobeuses.
Le baptême^ qui ooosîste dans nne immersion complète, occastenne awssi pendant Thirer beaucoup de maladies el de décès. En été, les traTaus de la moisson sont encore plus faneatee : 75 pour 100 des enfants qui meurent succombent pendant les mois d'août et de juillet, parce que les mères* retenues aux champs toute la journée, sont obligées d'abandonner complètement leurs nourrissons.
La différafice d'âge qui existe fréquemment entre les époux arrête aussi l'accroissement de la population ; cette disproportion est le résultat du régime patriarcal de la famille. La main-d'œuvre est rare en Russie et relativement très-cbère. Chaque famille a ainsi intérêt à trouver parmi ses membres le nombre de bras nécessaires pour faire valoir la part de terre qui Un rerient. Le chef de la famille s'empresse donc de marier ses fils le plus têt possible, afin que la jeune femme remplisse l'office d'une servante à qui il faudrait donner de forts gages. On marie ainsi des jeunes garçons de boit et dix ans à des filles de vingt^cinq ou trente ans ; on dit même qu'il n'est pas rare de voir de jeunes mariées porter leurs maris sur ks bras.
Il résulte de ces mariages mal assortis deux conséquences trës-fàcheuses. D'abord la femme touche au déclin quand le mari arrive à la fleur de l'âge. En second lieu, le chef de famille néglige sa compagne surannée et abuse de l'mfluence qu'il exerce sur la femme de son fils, qui est trop jeune pour jouir de ses droits ou pour les faire respecter. Il s'établit ainsi une promiscuité incestueuse, conséquence du servage, comme d'autres genres dimmoralité l'ont été de l'esclavage dans l'antiquité et en Amérique. Depuis l'émancipation, ce désordre devient, dit-on, moins fréquent, parce que les jeunes ménages refusent de se soumettre plus longtenH)s à la prérogative ultra-patriarcale que le chef de la maison exerçait.
Quoique les fêtes de village se terminent d'ordinaire par des jeux et des débauches où l'ivrognerie et une lascivité grossière se donnent pleine carrière, le nombre des naissances illégitimes est moins grand en Russie qu'ailleurs, car il ne s'élève qu'à 3 4/2 pour 100. On pourra en conclure que l'immoralité n'est pas telle que la dépeignent certains auteurs ; mais ceux-ci prétendent que les conséquences de l'inconduite sont prévenues par des pratiques plus condamnables encore ^ .
On le voit, l'accroissement de la population, que le partage des terres semble devoir favoriser, n*est arrêté que par des causes qui cesseront d*agir avec les progrès de la liberté, de la moralité et de l'aisance* Pour faire place aux familles nouvelles qu'une civilisation plus avancée appellerait à l'existence, il ne resterait alors qu'une ressource : l'émigration et la colonisation.
Le régime du mir a été autrefois, en effet, un puissant agent de colonisation. C'est là un point aujourd'hui reconnu et que M. Julius Faucher a parfaitement mis en lumière s. Du village-mère, devenu trop peuplé, se détachait un groupe qui s'avançait vers Test, dans les profondes forêts et dans les vastes steppes, où il se trouvait en contact avec des tribus tchoudes de chasseurs nomades . Pour défricher les bois et résister aux barbares, Tindividu isolé était trop faible; il fallait des efforts communs et la plus étroite solidarité. C'est donc grâce au principe de la collectivité que s'est peuplée toute la Russie centrale et orientale. Le mir a exécuté
1. M. Michell s'exprime sur ce point dans les termes suivants : « It is DOtorious that the statistics of illegi^imate births in Russia are kept down by tlie great prevalence of certain praclices in Russian villages, in most of which may be found one or more women who, failing the effects of herbs, resort to a process popularly called vytiranié, » Voir son Rapport dans le Blue book cité plus haut.