Bibl. Hi$t., V
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très sont les chefs et les juges de la population, a Les « agriculteurs, cultivant la terre, en mettent les fruits en « commun; et quiconque d'entre eux est jugé avoir cultivé « le mieux, reçoit une part choisie dans la distribution des « moissons, le premier, le second et les suivants jusqu'à dix « ayant été proclamés par les prêtres, en vue de servir « d'exemple aux autres. »
Strabon , en parlant des Dalmates , dit : * Une coutume « propre aux Dalmates est de faire tous les huit ans un nou- € veau partage des terres i. »
M. VioUet croit reconnaître dans Tusage des repas communs, sussitia, si répandus parmi tous les peuples anciens, un reste de la communauté primitive; et je pense qu'il a complètement raison. En effet, de nos jours encore, on trouve en Suisse, comme on le verra pluô loin, les repas communs et la propriété commune. Le passage où M. VioUet exprime son opinion sur ce point me parait si important que je le transcris ici dans son entier.
€ Si on consomme en commun les fruits de la terre, c'est f qu'originairement la terre n'est pas considérée comme le doc raaine de l'individu, mais comme la nourricière de tous les f hommes, c Ils mirent en un seul bloc toutes leurs propriétés < et mangèrent ensemble à des repas publics, » écrit Diodore f de Sicile à propos des habitanls des petites lies Lipari, A mon « sens, ces lignes précieuses n'ous révèlent l'origine des repas « publics. Cet usage dérive de la communauté des terres : il s'y a rattache aussi étroitement que l*effet à la cause, et même il « nous permet de remonter plus loin encore, par delà l'établis- € sèment des premières communautés sédentaires, jusqu'à la f vie errante des familles patriarcales. L'habitude des repas € publics était répandue en Italie et en Grèce : au dire d'Aris- € tote, les Œnotriens, à partir du jour où ils abandonnèrent la € vie nomade pour cultiver l'agriculture^ reçurent de leur roi