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LES ALLMAENNINGAR DE LA SCANDINAVIE

5 millions d’heclares, reste à la libre disposition des habilants. Dans les environs du lac Uleo plusieurs grandes communes ont maintenu leurs droits aux forêts par des arrangements spéciaux et elles ne désirent pas s'en dessaisir. Les forêts de ces communes mesurent une superficie totale d’environ a millions d’hectares. Dans le centre et dans le sud de la Finlande, il se trouve aussi plusieurs communes qui ont conservé une partie de leurs allmenden; l'étendue totale des terres soumises encore au régime collectif doit être d'environ 10 millions d'hectares1 (d'après le calcul fait en 18(50 par le chef du bureau de statistique). Malgré leur étendue, ces terres ont peu d’importance au point de vue de l'agriculture, car elles se trouvent presque toutes dans la région arctique, qui est très peu peuplée. La plupart des forêts de ce pays relèvent de la couronne.

La commune garde le bois nécessaire à la consommation des habitants et vend le reste, ainsi que le goudron recueilli dans les sapinières. Ces forêts servent aussi de pâturage. Dans la Laponie, où les bois ne sont pas très touffus, de nombreux troupeaux de rennes y trouvent leur nourriture. Plus au sud, on y conduit les vaches, les moutons et les porcs. 11 n'y a pas de tirage au sort des parcelles, parce que les terrains incultes sont si vastes que tous peuvent y entreprendre une culture sans préjudice pour les autres. Une loi datant de 1851 donne aux intéressés le droit de régler l'usage des allmaenningar et de surveiller l'exécution de leurs règlements, mais il ne semble pas qu’on ait nulle part pris de semblables mesures, et il s'ensuit que les allmenden sont très souvent mal administrées.

Les paysans se sont toujours montrés plutôt favorables à cette institution. Us conservent la conviction traditionnelle qu’ils ont droit aux terrains incultes et aux forêts. Celte opinion est entretenue chez eux par les lois, qui ne punissent que très légèrement les vols de bois. Le « grand partage •> fut mal accueilli partout, à cause sans doute des dépenses que nécessitait le cadastre. Les populations suédoises, habitant principalement les bords de la mer, ont pris moins d'intérêt au partage des terres communes que les Finnois, qui résident surtout ù l’intérieur des terres. Los Finnois étaient encore tout â fait incultes lorsqu’ils

I. Les l!)ii milles carrés correspondent à peu près à la superficie de la Bavière, du Wurtemberg et de Bade réunis.

furent mis en rapport avec des peuples d’une civilisation déjà très développée, lis n’avaient à celte époque aucune notion de la propriété privée; ils n’ont actuellement aucun mot pour « limite » et tous ceux qui se rapportent à cet ordre d’idées sont empruntés aux langues étrangèrrs.

Si la politique économique en celte matière ne se modifie pas, la disparition totale des allmenden en Finlande est h craindre, car on les considère généralement comme un état de clioscs défavorable au progrès de l’agriculture. Pourtant, un parti nombreux estime que l’Etat, possédant dans le nord plus de terres et de forêts qu’il ne peut en exploiter avec avantage, il serait désirable qu’on en restituât la propriété aux communes qui sont plus â même d’en tirer parti.

Blomqvist, le directeur de la setde école forestière du pays, est grand partisan du régime qu'on travaille h détruire depuis plus d’un siècle. En crainte de voir les propriétaires, principalement' les paysans, abattre toutes les forêts, a suscité de nouveaux partisans de la possession collective des champs et des bois.

Ee comte Hamilton, professeur â l'université de Eund, nous apprend que la plupart des allmenden de In Suède ont été converties en terres arables louées par l’Etat aux particuliers; d’autres servent de siège aux exploitations minières, et un tiers environ a été partagé entre les communiers; enfin on en a réuni un grand nombre aux forêts de la couronne.

I.es allmaenningar des villages ont h peu près complètement disparu. Mais on en rencontre encore qui appartiennent aux cantons, aux districts et aux paroisses, bien que les premières soient extrêmement rares. Dans les provinces septentrionales, on a créé de nouvelles allmenden sous la juridiction des conseils de district, lors du partage des terrains incultes entre les communes et l’Etat. En Suède, comme en Finlande, il ne restait, après quelques mois, plus un arbre dans les bois concédés aux particuliers ; aussi revient-on le plus possible â l’ancien système. Far une loi du 29 juin 1806, on défendit de partager encore les allmenden des districts. Actuellement il existe en Suède 102 districts 1 possédant des allmenden représentant une super-

1. L'estimation du professeur Hamilton est un peu moins élevée; d'après lui il y a 1,175,678 refs carrés d'anciens et 656,436 refs carrés de nouveaux Haerads allmaenningar. Un ref fait environ II ares.

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