‹ De la propriété et de ses formes primitivesChapitre 91 sur 131 · Denys, loc. cil · texte numérisé non relu

Denys, loc. cil

6. Je suis surpris qu'on ne trouve pas uu chapitre consacré aux repas communs dans l’ouvrage de Dorn Seitfen, Vestigia cil r somad.cæ, tain in rnoribus quant legibas Homunorum conspicun , Utrecht, 1810. (Les repas eu commun, dans de vastes maisons communes, se retrouvent encore aujourd'hui dans la Nouvelle-Calédonie (Meincke, Die Inseln der S'il. Océans, I, p. 202 . aux Carolines (Waitz, Anthropologie, V, 2, p. 711, chez les ludiens de l'Amérique du Sud (.Martine, Ethnojr. aine ., p. 5, 1,2) et chez beaucoup d'autres peuples. (Note île M. K. Uücher).

« repas communs comme applicable ii tout Étal bien constitué. « Je suis aussi de cet avis, mais il faut que tous les citoyens « sans exception viennent y prendre place. Les frais du culte « divin sont encore une charge commune de la cité. Ainsi donc « le territoire doit être divisé en deux portions : l’une au pu- « blic, l’autre aux particuliers. La première portion sera subdi- « visée pour fournir aux dépenses du culte et à celles des repas « communs.» (Liv. VII, ch. ix.)

« L’établissement des repas communs n’est pas moins anli- « que; il remonte, pour la Grèce, au règne des Minus et pour « l'Italie à une époque encore bien plus reculée. » (Liv. Vil, ch. îx.)

Non seulement la communauté primitive s'est conservée dans les traditions relatives à l'âge d’or et dans certaines institutions tout à fait communistes, comme celles des repas communs; mais elle a aussi marqué de son empreinte la constitution, les lois, les mœurs et les idées de l’antiquité. En Grèce l'individu est toujours sacriüé à l’Étal, et les écrivains politiques, comme Aristote et Platon, ont sans cesse en vue de maintenir l'égalité des conditions, en imposant certaines bornes à l’activité individuelle et surtout à l’accumulation des propriétés foncières dans quelques mains. Les législateurs, comme Lycurgue et Minos, passent pour avoir fait reposer les constitutions qu'on leur attribue sur une nouvelle répartition des biens. L’idée de régler la distribution des richesses, de façon à mettre obstacle à une trop grande inégalité, revient à chaque instant dans les écrits des anciens, et c’est là que l'ont puisée Montesquieu et J. -J. Mousseau. Comme le remarque parfaitement M. Yiollet, l’origine de la propriété individuelle est presque toujours rapportée à un premier partage exécuté sur le pied de l’égalité, ce qui fait supposer qu’avant cette répartition la terre était propriété collective ou que du moins ceux qui rapportent ces faits la croyaient telle. M. Viollet cite un grand nombre de ces partages notés par les auteurs anciens.

« La tradition du partage est fréquente chez les Grecs : nous la « rencontrons parmi les habitants des Cyclades1, deTénédos, de l.es-

Page 1