‹ De la propriété et de ses formes primitivesChapitre 90 sur 131 · I. Strabou, liv. VII, ch. vi · texte numérisé non relu

I. Strabou, liv. VII, ch. vi

J. Aristote, Politique, liv. VII, ch. ix Hiv. IV dans la traduction de M. Barthélemy Saiut-llilairet.

3. Voyez notamment Athénée, Banquet des Bavants, éd. Dindorf, vol. I, Lipsiœ, 1827, pp. 322, 323, ch. îv, § 22. — Manso, Sparla, I, 2, pp. 194, 200.

« perpétua par des prescriptions formelles qui obligeaient tous les « citoyens, les rois eux-mêmes, à s’asseoir à la table commune* : « d’autre part, le peuple garda un soutenir religieux de ces habitudes « primitives: et, à côté des Syssitia, sortes de repas légaux, il eut « d’autres réunions, toutes spontanées, qui conservèrent plus pure- « ment la vieille tradition. Ce repas populaire des Spartiates, beau- « coup moins connu que leur table officielle, s'appelait Copis. « Athénée nous en a laissé la description d'après Polémon, écrivain « du deuxième siècle avant notre ère :

« Lorsque les Spartiates célèbrent le xcm;, ils commencent par dres- « ser des tentes auprès de certain temple: ils y élèvent des lits b d’herbages, sur lesquels ils étendent des tapis, et y font le repas b tout couchés, traitant non seulement ceux qui sont de notre conb trée, mais même des étrangers qui s'y trouvent en voyage : ils b sacrifient dans ces copis des chèvres, et non d'autre animal. Ils b donnent à tout le monde une portion des viandes, et ce que l'on b appelle physicille, c’est-à-dire un petit pain assez semblable à un b encride, mais d’une forme plus sphérique. On présente en outre, à b chacun de ceux qui se sont réunis, un fromage frais, une tranche b du bas-ventre et du gros intestin de la victime, du dessert comme b des figues sèches, des fèves, des haricots nouveaux. Chaque Sparb liate peut donner un copis à sa volonté, mais dans la ville on ne b les donne qu'à la fêle appelée Tilhênidia, célébrée pour la couserb servation des enfants. C’est alors que les nourrices amènent les b enfants mâles à la campagne pour les présenter au temple de b Diane Coruthallis, situé près du fleuve* Tiassa, du côté de la grâce b Cléta. Elles y célèbrent des copis tels que ceux que je viens de b décrire. On y sacrifie des cochons de lait et on sert au repas des a pains ipntltes ou cuits au four*. »

b Tout ici est primitif; et voilà le repas commun dans son antique b simplicité.

b En d'autres contrées encore, cette tradition reste longtemps

1. Conf. Tbirlwall, Hist. de ta Grèce ancienne , trad d'Ad. Joanne, t. I. Paris, 1847, p. 238. Schflmann. Gne-hische Allerth., I, p. 278. Hermann, Griech. Slaals. atterth., § 28. A. Biclschowski, De S/wrlanorum syssiliis, Vratislaviæ, 1869. (On trouve ces repas communs dans beaucoup d'autres lieux : Hermione, Eubée, I’aros. Mytilene, Thasos, Tenedos, Rhodes, Lindos, Jasos. Pergame, Scion, Adramittion. Kyzikos, Nancratis, V. Westermann dans la Hcal-Enycl. de Pauly, VI, p. 1 223 et Schfill. /termes, VI, p. 29. L'État conviait les envoyés étrangers à ces repas communs. (Note de M. K. Bûcher.)

2. Athénée, édit. Dindorf, vol. 1, Lipsiie, ISÎ7, pp. 3U, 315, liv. IV, jj 16 J emprunte ici presque textuellement la traduction de Lefebvre de Villebrune, t. II. Paris, 1789, pp. 3o, 36. Je laisse te genre masculin quo ce traducteur a donné au mot copie.

L’AGE D'OR

« reconnaissable bien qu'altérée. A Athènes, par exemple, et dans « plusieurs villes Grecques, les magistrats, et ceux qui se sont distillée gués par des services exceptionnels, prennent leurs repas dans la « maison commune ou Prytanée 1 : quand un jeune homme est nouée vellement admis dans la phratrie, tous les membres partagent avec ee lui les viandes sacrées9. A Home, enfin, chaque curie a une salle de ee festin, et toutes les curies ont une salle commune, à peu près ee comme les prylanées des Grecs, écrit Denys d'IIalicarnasse 3. N’estee il pas naturel de rattacher tous ces souvenirs h l'habitude primitive ee des repas communs? Aristote, frappé de la haute antiquité de cet ee usage en Italie, suppose qu’il est né dans ce dernier pays, d'où il ce serait passé en Grèce*. Denys d'IIalicarnasse, au contraire, après ee avoir mentionné les repas publics des curies romaines, songe aux ee Lacédémoniens, et suppose que Romulus a fait ici un emprunt à la ee législation de Lycurgue9. Mais non : Romains n'a rien emprunté « à Lycurgue, comme le voudrait Denys, et la Grèce n'a pas davan- « tage copié l'Italie, comme le voudrait Aristote : en Grèce et en Ita- « lie, l'usage des repas communs s'est établi tout naturellement, ou « plutôt s'est conservé : dans les deux pays, il est demeuré comme « un témoin attardé de l'ancienne vie nomade* et de la communauté « primitive des terres : dans les deux pays, la religion et les mœurs « en ont conservé le souvenir ».

Aristote approuve les repas communs comme un moyen de faire régner l’égalité : « A I^acédémone et en Grèce le législa- « leur a eu la sagesse de fonder la communauté sur l’usage des « repas publics. (Liv. Il, chap. n.) Les repas communs des Hé- « tairies carthaginoises ressemblent aux phiduies lacédémo- « niennes. » (L. II, ch. vm.) » On regarde l'établissement de

1. Athénée, Ed. Dindorf, vol. I, Lipsiæ, p. 41)?, liv. V, S î. Couf. le 7'Aelawu» d'Henri Estienne, édit. Didot, t. VI, col. ?1?2.

2. Démosthène, Oralio advenus Macartatum, Parieiis, Didot, 1845, p. 565.

3. Denys d'ilulicarnasee, Antiq. Homaines, liv. Il, ch. xxui, édit. Kicssling, Lipsiæ, Teubner, 1870, pp. 141, 142.

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