‹ De la propriété [microform]Chapitre 39 sur 60 · U\KK · texte numérisé non relu

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(leur universel, et centralisât dans ses mains le commerce tout entier, qui ne peut être bien fait que par les individus. Il n’v aurait là rien de nouveau , rien qui ne soit connu , qui ne soit contesté, et admis tout au plus pour les jours de crise. Dans ce cas enfin on n’aurait accordé le nouveau papier que sur un produit réalisé. Mais devant le produit réalisé l’or ne se refuse pas , à moins que ce ne soit dans certains moments d’avilissement général , et encore il se donne alors au prix réduit que les circonstances indiquent. Ce n’est donc pas une grande faveur à accorder que de donner du numéraire après le travail accompli. Dans les banques ordinaires on le donne avant, par l’escompte. Si au contraire on devait obtenir le papier dont il s’agit avant le produit, resterait toujours la question de sa- ^'oir quelles précautions on prendrait pour s’assurer de la confiance que mériterait la promesse du producteur. Ainsi, ou le produit avant la remise du papier, ce qui n’est pas une grande luveiir, ou le produit après, ce qui entraîne des précautions pour s’assurer le produit plus tard, ce qui suppose des refus, toujours des refus avec des embarras de détails, embarras consistant à faire d’une banque un dépôt général de marchandises. Je le répète donc, ou le nouveau papier ne vaudrait rien , ou il égalerait l’or en mauvaise volonté.

Il est bon de faire remarquer en finissant avec quel superbe mépris se traitent entre eux les réformateui’S contemporains. D’auteur de la ban([ue d’échange est indigne contre les assignats. 11 méprise le crédit fon-

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cier, qui consiste en un système de banques prêtant du papier pour la moitié ou le quart constatés des immeubles. Il remarque en effet ([ue les immeubles ne se vendant pas à volonté , quand il faudra dans certains moments rentrer dans la valeur du papiei prêté , on sera fort embarrassé , car on ne peut pas vendre toute une contrée à la fois. C’est vrai ! Mais enfin on aura un gage. On sera très-embarrassé sans doute, 011 aura de la terre ejuand il faudrait de l’argent , ce qui constituerait une fort désagréable situation , et ce qui me fait repousser, quant à moi , ce qu’on appelle le crédit foncier ; mais vaudrait-il mieux se trouver devant un papier qui n’aurait aucun gage ? 11 en aurait, me dira encore l’auteur, dans la production tout entière. Mais je lui répondrai une fois de plus , que ce serait après de nombreuses précautions pour se saisir de cette production, après avoir refusé, refusé aussi souvent que l’or, et à l’aide d une organisation très-inférieure à celle des banques actuelles.

Ainsi voilà encore l’un des moyens imaginés par les nouveaux réformateurs réduit, il me semble, à sa juste valeur. Un bon marché, qui n’aurait aucun effet s’il était général, car tout le monde donneiait moins et recevrait moins aussi, et qui, s’il n’était pas général , serait une spoliation ; de plus un nouveau numéraire en papier, ou se refusant comme l’ancien , ou se donnant à tout venant , idée folle comme celle de remettre de l’argent à iiuiconque en demanderait : tel est , au vrai , le système de la réciprocité.

Je soupçonne pourtant une chose, c’est que l’on

11 accorderait pas de ce papier au premier venu , c’est qu’on n’en donnerait pas au paysan , au prolétaire , nécessairement peu connus de la banque d’échange , qu’on aurait la précaution de limiter les émissions , afin que l’extravagance fût moins complète, qu’on en donnerait dans les villes à quelques-uns de ces ouvriei's pour lesquels l’association a été inventée, à quelques gens d’esprit dont le génie n’aurait pas encore percé, ou à quelque failli peu fortuné dans ses spéculations. Mais je demande alors, ici comme pour l’association, quand on songera enfin au pauvre paysan , qui , dans la Corrèze ou les Cévennes, se nourrit de pommes de terre ou de châtaignes ? Les socialistes ne penseront donc jamais à lui ?

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