‹ De la propriété [microform]Chapitre 41 sur 60 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

OU reconnaîtra que sous ce cri cl’luimanitc il n’v a pas autre chose que le cri des factions imitant la voix du malheur, afin de s’introduire dans le sein de la société désarmée et de la bouleverser; qu’en un mot il n’y a rien, rien , ou les ateliers nationaux.

Pour s’entendre il n’y a qu’à remonter aux principes mêmes. Quel est le but que se proposent les hommes en se réunissant en société? C’est de travailler les uns à côté des autres, sous leur protection réciproque, en se défendant s’ils sont attaqués, en sc prêtant secours si l’un expire de fatigue, de maladie ou de vieillesse au milieu du travail commun, en s’enseignant aussi à mieux faire par les exemples qu’ils se donnent; mais je ne sache pas qu’ils aient mission de se trouver du travail les uns aux autres. La protection , le secours mutuel , le perfectionnement , voilà le motif, l’avantage de la vie. en société, voilà ce que l’homme ne rencontrerait pas dans l’isolement, voilà ce qu’il obtient du rapprochement avec ses semblables. Seul il serait dévoré par un animal plus fort, ou succomberait faute de secours dans les cas de maladie et de décrépitude. Seul il n’apprendrait jamais rien, et le savoir de l’un serait perdu pour l’autre. Mais chaque homme valide a mission de s’occuper de luimême, de se chercher un emploi , et je ne sache pas que ce soit à la société de l^i en trouver un. Elle le protège dans l’exercice de l’emploi trouvé; elle peut lui enseigner à s’en acquitter mieux , mais lui en chei“cher un, le lui créer artificiellement, me semble au delà de .ses obligations, et surtout de ses possibilités.

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11 serait mieux, plus humain, me dira-t-on , daller jusque-là, et d’assurer ainsi en tout temps, à tout homme, les moyens de travailler. Voulez- vous dire que la société devrait agir comme ces associations qui cherchent des placements aux domestiques ou aux ouvriers sans emploi? Je vous comprends. Mais ces associations promettent leur bonne volonté seulement. Pourquoi ne promettent-elles pas davantage? Paice qu’elles ne peuvent rien de plus. La société en est au

même degré de puissance.

Pour arriver à s’en convaincre , il n’y a que bien peu de réflexions à faire. Quand le travail manquerat-il ? Dans certains cas , heureusement accidentels , dans les cas de chômage. Le plus ordiuaii ement , l’homme réussit à s’employer lorsqu’il veut sincèrement travailler. Dans les champs, les alternatives d’activité extrême ou d’inaction complète ne se produisent jamais. Vous ne verrez pas dans l’agriculture cent, deux cent mille ouvriers aux bras desquels la terre se refusera tout à coup. Toutefois, à la porte des villes , les ouvriers qui cultivent des fruits ou des légumes , qui travaillent pour procurer des jouissances raffinées au riche, pourront souffrir, eux aussi, d’une perturbation commerciale. Mais, dans l’agriculture, il n’y a pas de ces crises résultant de l’exagération de production, et il est bien rare qu’un homme qui a des bras ne trouve pas une ferme pour les employer. Il en est autrement, comme je l’ai déjà dit, dans les manufactures. Là, pendant un temps, il arrivera que les bras manqueront, qu’on se les disputera, qu’on les

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payera a des prix élevés, puis que l’exagération de la pioduction faisant naitre l’impossibilité de vendre, on s arrêtera tout à coup, on cessera de produire, et que, si 1 ouvrier n a pas été économe , il sera privé du nécessaire, et sera réduit aux plus cruelles extrémités. Voilà les cas où le travail manque véritablement, et les seuls dont nous ayons à nous oecuper. Il faut bien qu’il en soit ainsi, car si le chômage était l’état ordinaire de la société, elle succomberait bientôt. Si habituellement il y avait un nombre de bras a^uxquels manqueraient les champs pour labourer, les métiers de tout genre pour tisser, forger, elle y devrait périr. Ce serait le cas de cette invasion de la terre et des capitaux dont il a été parlé ailleurs, et qui n’est qu’une labié , car ordinairement il y a de la terre non appropriée pour qui en veut, de la terre appropriée à meilleui marché que dans le passé, et des capitaux instruments de travail à plus bas prix qu’à aucune époque. Il y a en un mot, sauf certaines exceptions, il y a du travail préparé pour les bras qui se présentent, non pas eependant que je veuille dire que tous les solliciteurs qui désirent des emplois puissent en obtenir; ceux-là, je n’y pense pas, quoiqu’ils soient fort partisans du droit au travail. Mais enfin je pose comme chose certaine que le travail ne manque qu’accidentellement, seulement dans le cas de chômages, et ((ue ces chômages ont lieu, non pas dans les champs, mais dans les villes, non pas dans l’agriculture, mais dans les manufactures.

Que signifie ce fait accidentel qui se produit dans

les manufactures, et que j’appelle chômage? Il signifie que dans le moment où il se produit , la société n’a pas besoin de fer, de machines, de tissus de coton , de draps, d’étoffes de soie, de châles de cachemire, etc., parce qu’elle en a trop fabriqué. Eh bien, voulez-vous que l’État se fasse, tout juste pour ce moment, fabricant de fer, de tissus de coton, de draps, d’étoffes de soie, ou de châles de cachemire? Le voulez-vous, oui ou non? Toute la question est là, et point ailleurs.

.ie comprends dans le communisme l’État exerçant toutes les professions à la fois. Mais hors du communisme, vous figurez-vous l’État fabricant des souliers, des chapeaux, de la quincaillerie, des objets de modes? Kn fabriquerait-il habituellement? En fabriquerait-il accidentellement? Habituellement ce serait contre nature, car outre qu’il ferait ce qui ne lui convient pas, ce qu’il est impossible qu’il sache faire, il créerait la plus redoutable concurrence à l’industrie privée , et la ruinerait ou serait ruiné par elle. Accidentellement ee serait encore pis. Vous figurez-vous l’État élevant à la hâte des fabriques de tout genre , et essayant pendant une année ou deux d’exercer tous les métiers à la fois, pour les abandonner ensuite? Outre qu’il s’en acquitterait fort mal , d’abord par sa nature , qui ne s’y prêterait pas, ensuite par l’insuffisance de sou savoir qui serait tout récent, il susciterait à i’ industrie une concurrence encore plus dangereuse que celle qu’il lui opposerait en fabriquant d’une manière constante et permanente. Il empêcherait en effet le seul

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l)ieii (le ees funestes ehomages, qui est, en suspendant la production , de débarrasser les marchés du tropplein dont ils sont encombrés. Le chômage signifiait que la production devait s’arrêter, parce qu’elle avait été excessive, et elle continuerait par les mains de l’Ltat, maladroitement, chèrement, inopportunément. Le remède serait donc non-seulement mauvais, mais inopportun au plus haut point.

Non, non, me dira-t-on, c’est une exagération de l’idée que vous combattez ; ce n’est pas l’idée ellemême , dans sa simplicité et sa justi'sse. On ne peut pas vouloir que l’État devienne quincaillier, orfèvre , tisseur de soie, fabricant de meubles. Mais quand il aura des colonies agricoles en Bretagne, ou en Algérie, des travaux de terrassement enfin, préparés sur diverses parties du territoire, il aura rempli ses obligations. A cela je répondrai qu’on ne parle pas sérieusement, ou qu’on parle sans avoir consulté les ateliei’s nationaux. Quoi, vous reconnaissez le droit, et après l’avoir reconnu vous y satisfaites de la sorte? Des travaux de terrassement , à aucune époque on n’en a refusé, et jamais avec un peu de prévoyance l’État ne doit en manquer. Mais pouvez-vous offrir une pioche à des gens qui tenaient une navette ou un burin ? Ils vous diront que c’est une cruauté , et c’en est une en effet. Ceux qui sont honnêtes, s’ils veulent essayer de manier la pioche et la bêche , ont bientôt les mains en sang, le dos brisé, sont malades, épuisés; et si le travail est donné à la tache , comme on l’avait essayé à Paris dans les derniers jours de l’existence

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des ateliers nationaux , ils gagnent à peine de quoi manger un morceau de pain , tandis qu’à côté d’eux un manouvrier de profession peut gagner huit à dix I francs par jour. Alors qu’arrive-t-il ? Un sentiment

d’humanité s’empare des surveillants, on paye ces ouvriers pour ne rien faire , et ce secours qu’on repousse en leur nom avec tant d’orgueil , ils se le procurent par un mensonge. Au lieu d’une aumône c’est une fraude. Or il est encore moins déshonorant de recevoir une aumône de l’État que de commettre une infidélité, c’est-à-dire de se faire payer un salaire pour un ouvrage qu’on n’exécute pas. Ce n’est pas tout : je parle de terrassements à Paris , mais offrezles en Bretagne ou dans les Landes , et vous verrez si on les acceptera. On prendra les armes pour ne pas quitter Paris , et je ne fais pas ici une vaine supposition. Les malheureuses journées de juin ont eu lieu justement à la nouvelle du départ forcé des ouvriers des ateliers nationaux.

Les droits sont ou ne sont pas : s’ils sont, ils entrainent des conséquences absolues. Si l’ouvrier a droit à ce que l’Ktat lui fournisse du travail, ce doit être un travail conforme à ses habitudes , à son genre de I vie, à ses talents, un travail qui ne l’exténue pas, qui

[ ne le rende pas impropre à son métier, un travail

« surtout qui ne l’oblige pas à s’expatrier, qui ne le

sépare pas de sa famille, qui ne fasse pas de sa femme une veuve , de ses enfants des orphelins. Il faut qu’il trouve, en s’adressant au gouvernement un atelier tout prêt à le recevoir, une filature, une forge, un

métier à soie, une boutique de chapelier, etc.... Le droit n est pas , ou il entraîne ces conséquences , car, je le répète , mettre une pioche dans les mains d’un ouvrier en soie, n’est pas l’accomplissement d’un droit, mais une cruauté. Cet ouvrier, s’il la prend, la laisse de coté, ne s’en sert point, et trompe l’État. Encore un coup , c est se placer dans la nécessité détie cruel soi-méme, ou de faire de l’ouvrier un malhonnête homme. Je ne comprends pas un droit qui aurait de tels résultats.

Il y a plus. Si le droit est, il est à tous les instants. II est entier, aujourd’hui, hier, demain, après-demain, en été comme en hiver , non pas quand il vous plaira de le déclarer en vigueur, mais quand il plaira à 1 ouvrier de 1 invoquer. Eh bien 1 comment ferez-vous s’il convient à quelques ouvriers de quitter leur maître parce qu il ne les paye pas à leur gré, ou parce qu’il exige telle condition qui n’est pas de leur goût, et de venir vous demander du travail ? Vous serez dès lors les complices obligés de toutes les grèves , de toutes les violences essayées envers les maîtres pour les contraindre à élever les salaires. Si le droit est un vrai droit, non une flatterie écrite dans une loi pour n’y plus penser ensuite , mais un droit sérieusement reconnu , et efficacement accordé, vous fournirez à tous les ouvriers un moyen de ruiner l’industrie par l’élévation factice des salaires. Serait-ce là une vaine supposition ? Mais les ateliers nationaux fourniraient encore la réponse. Beaucoup de fabricants de Paris avaient des commandes qu’ils ne pouvaient pas exécu-

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ter, parce que leurs ouvriers ne voulaient pas travailler pour eux. 11 y a telle partie d’équipement dont le ministère de la guerre avait un besoin urgent , et qu’il n’a pu faire confectionner que fort tard , à cause des ateliers nationaux qui procuraient aux ouvriers paresseux ou mécontents des vacances payées. Mais , direz-vous, nous saurons discerner si le droit invoqué l’est à propos ou non. Eh quoi I est-ce là le caractère d’un vrai droit? Quand il s’agit de liberté indivi- I duelle , de liberté de la presse , dépend-il du pouvoir

i de dire : Je vous l’accorde aujourd’hui, je vous la

, refuse demain? C’est ainsi dans l’état de siège, mais

i dans l’état de siège il n’y a plus de droit. Dans l’état

ordinaire laisse-t-on le droit dépendre de l’arbitrage du pouvoir qui serait autorisé à dire : Il y a lieu d’exercer le droit aujourd’hui et non demain, ou bien demain et point aujourd’hui ?

Et d’où vient cette malheureuse contradiction entre le principe que vous voulez poser, et l’application de ce même principe? C’est que vous avez abusé du mot pour donner aux choses un caractère faux et forcé, c’est que vous avez appelé droit ce qui n’en est pas un, et que vous prétendez convertir en obligation ! absolue, ce qui est, et doit rester de la part du pou-

1 voir un simple acte de bonne volonté. Si vous aviez

J. droit au travail , à votre droit devrait répondre , de

I la part de l’État , l’obligation positive, formelle , iné-

ludable, de vous fournir du travail, un travail conforme à vos habitudes , à vos forces, à vos talents. Je ne veux pas railler en matière si grave, mais comme

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il n’y a pas de limite tracée entre les travailleurs, qu’on ne peut pas prétendre que le droit qui existe pour une classe n’existe pas pour l’autre , car s’il y avait des droits de classe , on reconnaîtrait à l’instant même une étrange aristocratie , je vous dirai que le droit au travail existe pour les médecins sans malades, les avocats sans causes, les écrivains sans lecteurs, comme pour les ouvriers eux-mêmes, que le droit enfin existe ou n’existe pas , et que vous devez de l’emploi à tous, ou que vous n’en devez à personne. Oui, si vous êtes conséquent, vous devez de l’emploi à tous. Et alors apercevez-vous les suites? Préparez donc des places pour tous ces ouvriers de la pensée , comme ils s’appellent , et si le droit au travail est un vrai droit, cédez-leur vos places, ou partagez avec eux celles que vous avez, car, je le répète, le droit de la liberté individuelle , de la liberté de la presse est absolu, et à l’usage de tous. L’ouvrier qui veut écrire, le peut comme celui que vous qualifiez du titre de bourgeois. Pourquoi donc le droit au travail serait-il, par exception, le privilège d’une seule classe de travailleurs ? •

Vous n’avez ici qu’une réponse raisonnable, et que je me hâte d’accepter comme excellente , c’est que vous ne pouvez pas ce qu’on exige de vous, c’est que vous ne pouvez donner des places à tous ceux qui en demandent , que vous ne pouvez faire du gouvernement un quincaillier, un marchand de modes, un fabricant de meubles , un décorateur d’appartements , pas plus qu’une collection d’emplois toujours prêts

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pour qui eu voudrait , que l’imaginer serait de la folie, en un mot qu’à l’impossible nul n’est tenu , pas même l’Etat, que par conséquent il n’y a pas obligation absolue , mais seulement convenance , urgence de faire le mieux qu’on pourra. Où cela nous conduit-il ? A dire qu’il y a lieu, non pas de proclamer un droit, mais d’invoquer fortement la bienfaisance de l’État , de lui imposer le devoir d’employer tous ses moyens pour venir au secours des ouvriers sans travail. En parlant ainsi tout devient vrai et simple; tous les dangers cessent ; tous les abus que les partis peuvent faire d’une déclaration insensée , disparaissent. L’État ne prend pas l’engagement de tenter l’impossible , d’appointer deux cent mille bras aux ordres des factions , de fournir à tous les ouvriers le moyen d’interrompre à leur gré les travaux de l’industrie, et d’élever les salaires à leur volonté, car n’étant obligé qu’à soulager des misères, il a le droit de distinguer entre la misère vraie et la misère feinte, entre le malheur intéressant, digne des secours du pays, et le malheur factieux. Il n’est plus en présence d’un droit, mais de ce qu’il y a de plus respectable au monde , de l’humanité souffrante, à qui on doit tout, tout excepté fimpossible, excepté la violation des principes sur lesquels la société repose. Et si on répète encore que c’est l'aumône qu’on offre, je répondrai toujours que ce n’est pas l’aumône, mais la bienfaisance, laquelle ne fut jamais une offense, quand elle est accordée par quelqu’un fini est presque aussi au-dessus de nous que la Providence elle-même, c’est-à-dire par l’Etat, et aeeordée

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à des hommes vraiment malheureux, mallieureux non par leur faute., mais par celle des événements. Je répondrai que saint Vincent de Paul ne passa jamais pour avoir outragé riuimanité, et qu’ enfin ce qu’on ne veut pas accepter à titre de secours, mais à titre de salaire après l’avoir gagné, on ne le gagnerait pas la pioche à la main, on le toucherait sans l’avoir gagné, ce qui serait un acte beaucoup moins honorable que de recevoir un secours.

Cela établi, l’État devra s’ingénier pour trouver des moyens , afin de parer à ces cruels chômages. 11 ne pourra pas tout ce qu’on lui demandera, mais avec de la prévoyance il pourra quelque chose, et même beaucoup, car l’État n’a pas moins que des murailles, (les machines, des vaisseaux, des cordages, des fusils, des canons, des voitures, des harnais, des souliers , des habits , des chapeaux , du drap , de la toile , des palais, des églises à exécuter; et une administration habile , qui réserverait ces travaux si divers pour les temps de chômage , qui pour certaines fabrications telles que machines , armes , voitures , draps , toiles , aurait des établissements susceptibles de s’étendre ou de se restreindre à volonté, qui, pour les places fortes ou les palais à construire , aurait ses devis préparés , et les tiendrait prêts pour le moment où l’industrie privée interromprait ses travaux, qui recueillerait ainsi sur le marché général les bras inoccupés, comme certains spéculateurs achètent les effets publics dépréciés, qui à cette prévoyance administrative joindrait la prévoyance linancière, et garderait sa dette llottante

mi sori.M.isMi:.

libre et dégagée de manière à trouver de l’argent quand personne n’en aurait plus , une administration qui se donnerait tous ces soins , difficiles mais non impossibles , parviendrait à diminuer beaucoup le mal , sans réussir toutefois à le supprimer en entier. Car si l’État doit fabriquer du drap de troupes ou de la toile à voiles, si même il devrait songer à décorer le plafond du musée du Louvre , aujourd’hui pauvre et nu comme le toit d’une écurie , il n’aurait pourtant pas des cachemires ou des bijoux à commander; il ne pourrait donc pourvoir à tout , et il ne resterait toujours pour moyen définitif et complémentaire à l’égard de certaines classes d’ouvriers, que la bienfaisance, noblement faite et dignement acceptée. 11 ne pourrait enfin jamais remplir ce devoir absolu de donner, sur la sommation (le quiconque se présenterait , un travail conforme à la profession du réclamant, depuis une serrure, une montre , ou une aune de dentelle , jusqu’à une place de magistrature ou de finance. Ce prétendu droit , auquel ne correspondrait que l’impossible, n’est qu’un prétexte inventé par les factions pour avoir le moyen de lever à leur profit des armées soldées par le trésor.

Qu’on ne prétende donc plus que nous voulons laisser mourir de faim l’homme sans travail, car je réponds ([ue nous nourrirons l’homme dépourvu de travail , sans lui donner toutefois ni un salaire égal à celui des temps prospères, ni un salaire qu’il touche sans travailler, ni un salaire qui lui permette de faire monter violemment la main-d’œuvre, ni un salaire enfin qui lui serve à être le soldat de la guerre civile. Un salaire

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(le ce genre, aucun État n’y pourrait suffire, et ne doit même songer à y suffire ; car il commettrait un suicide, un attentat contre la société, en l’accordant. Ce cri d’humanité qu’on affecte de pousser quand il s’agit du droit au travail , n’est donc qu’un cri simulé , imitant la voix du malheur, et ne décelant en réalité que la N oix des factions.

Telle est la solidité du troisième et dernier moyen imaginé par les socialistes. On voit qu’il vaut I’æwo- (iation et la réciprocité. Mais il reste une conclusion à tirer de tout ceci , ce sera le sujet du dernier chapitre de ce livre.

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