DES INDUSTRIES CORRESPONDANT AUX BESOINS DE LA DÉFENSE
La condition native de l'homme, non moins que ses relations avec ses semblables et avec les animaux malfaisants dont il est entouré, l'obligent à user de moyens propres à se protéger contre les éléments elles autres causes qui menacent son existence.
Il a donc à pourvoir à sa sûreté par :
1° L'abri et les vêtements ;
2^ Les armes et les constructions militaires, soit de terre, soit de mer;
3° La locomotion et les transports par toutes voies ;
4*^ La science.
Nous retrouvons encore ici le concours de la science; c'est que, s'il n'est pas de profession possible sans la connaissance de la pratique, il n'en est pas une à laquelle la science ne prête indispensablement son appui.
La science est la base fondamentale surtout des spécialités destinées à protéger l'existence humaine. Pure, elle dissipe les ténèbres de Tignorance, et préserve les hommes des funestes effets de l'erreur»; appliquée, elle fournit les moyens de pondérer les intérêts divers dans l'état de société, afin d'écarter les causes d'anarchie, de conjurer les attaques des hommes ou
1 Ceci é(ait écrit lorsque les jonrnaux nous ont appris que les liabilanls de certaines villes d'Espagne infectées par le choléra n'avaient trouvé rien de mieux à faire pour conjurer le fléau que de murer les portes de leur cité, alin d'en interdire l'entrée aux gens du dehors; ils en excluaient les secours et y enfermaient la famine (voir la Presse de novembre 1854).
des animaux, les tléaux atinospliériques, les causes des maladies, les trames de la mauvaise toi.
Elle fait connaître encore les moyens d'éviter une foule d'accidents funestes qui menacent les jours du voyageur franchissant, sur le sein des mers ou sur les lignes de fer, la distance qui le sépare du but qu'il veut atteindre
Enfin, il suffit de rappeler les industries principales qui concourent au besoin de la défense, pour reconnaître la part réservée à la science dans toutes ces industries.
Mais , sans nous préoccuper de ce concours , signalons , comme formant le contingent secondaire de ces industries , l'architecture, la tisseranderie, les sciences mathématiques, la politique, la législation, la médecine, la chirurgie, la fabrication des armes , l'art militaire , les fortifications , la marine, tous les moyens de transport , et tant d'autres pratiques que Ton pourrait facilement indiquer.
Nous laissons encore à nos lecteurs le soin de grouper autour de chacune des industries principales ou secondaires qui intéressent la défense les professions qui lui viennent en aide; de comparer ensuite le tableau synoptique qui résulterait de ce travail avec celui des industries qui sont au service du besoin de Talimentation, et de se rendre compte du nombre et surtout de l'afOnité de toutes ces industries. Mais il suffit de suivre par la pensée cette affinité, pour reconnaître combien il est déplorable qu'une direction aveugle compromette le sort des industries, faute d'avoir apprécié l'aptitude des artisans.