MA PATRIE
Généreuse France ,
Accueille, avec bienveillance, l'hommage de celte œuvr« inspirée par un ardent patriotisme.
A ceu: (|iii voiidroiil bien luc \\y%.
Il y a plus de dix ans que l'idée fondaineiUale de cet écril m'était venue à l'esprit. Elle a fait, depuis cette époque, l'objet assez sérieux de mes méditations. Que de fois j'ai été tenté de formuler le résultat de mes réflexions î Mais , (ximme , en écrivant , je n'avais d'autre but que de me rendre plus intimement compte de mes pensées, je me suis laissé, chaque fois, distraire de ce soin par la moindre petite affaire.
Mais l'avènement de notre étonnante et glorieuse Révolution , qui a agité la vieille Europe et ébranlé les fondements de ses antiques institutions, a fait mettre à l'oidre du jour des questions qui semblaient devoir, pour des siècles encore , demeurer à l'abri de toute audacieuse
invcsligalioii. Ainsi l'esprit tlu nouveau régime est entré liardinicnt dans Texanien des problèmes sociaux les plus délicats ; la question d'association a été débattue dans des séances solennelles où les discussions ont été dirigées sur les points les plus capitaux. Ces débats étaient la conséquence naturelle de notre émancipation et du malaise social qui , depuis longues années , s'était manifesté. Si je n'ai pas éprouvé de surprise en les voyant se produire au grand jour , j*en ai, du moins, mieux senti que l'état de choses qui se préparait , imposait le devoir à chaque citoyen de s'occuper avec suite, avec dévouement , de tout ce qui peut intéresser l'ordre social. Je me suis donc mis à remuer par la pensée, le plus profondément qu'il m'a été possible, le terrain que j'avais préparé pour recevoir les fondements d'un nouveau système, et j'apporte le résultat de mon travail.
La forme de mes pensées se ressentira nécessairement de la précipitation que m'a imposée l'opportunité ; car j'ai dû souvent arrêter ma plume pour chercher la solution de bien des questions qui se sont présentées, à l'improviste, pendant que j'écrivais. Quant au fond, l'on con-
roit que le temps m'ait manqué pour compléter les documents statistiques qui ont servi de base au développement du système d'association.
Je ne me suis donc laissé entraîner à la publication de cet écrit par aucun sentiment de présomption ; je sais assez combien un tel sentiment serait déplacé chez moi : je mets, au contraire, de côté tout ce que Taraour-propre peut me suggérer de réserve pour ne songer qu'à l'accomplissement d'un devoir, et je me garderai bien de trouver mauvais qu'on ne m'en tienne pas compte.
Je n'ai pas la prétention , tant s'en faut , d'avoir développé , dans cet écrit , un système irréprochable. Si mon travail est jugé digne de quelque critique, je m'en réjouirai ; car ce n'est que par la discussion que les idées s'éclaircissent, grandissent, acquièrent tout leur développement ; et certes, aucune n'est plus digne d'occuper l'attention que celle qui a pour but le bonheur de l'humanité. N'eussé-je donné qu'une impulsion, même légère, à l'examen de la question; n'eussé-je fait qu'appeler sur un sujet de si haute importance les méditations des'esprits éminents , je m'estimerais heureux de la part
loiile niiiiiinc (lui me reviendrait <I;hïs !e s^raiwl œuvre qui a pour ohjet rassocialion de Tagrieulture et des capitaux, organisée de manière à concilier les intérêts des positions acquises et ceux des positions à améliorer. Ainsi, à la satisfaction que je ressents d'avoir lépondu à Tappel du devoir, se joindrait celle d'avoir fait une chose éminemment utile. Mon ambition se contenterait de ce lot.
i*"- Mai 18i8.
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