PROSTITUTION APRÈS
Les Français trouvèrent la prostitution établie à Alger et dans toute la Régence soumise aux règles despotiques des mézouars. Celte tutelle persista encore pendant quelque temps ; mais aussitôt que l'on eut pris possession du pays et en présence de troupes assez nombreuses, on sentit que, dans l'intérêt de la santé du soldat et des arrivants attirés à Alger par l'espoir d'y faire fortune, on devait réglementer la prostitution.
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Si Von ouvre io regislre des. délibérations de la Commission administrative du dispensaire d'Alger, on y trouve à la date du 6 décembre 1 837 un Piapport remarquable de M. Antié, lu et approuvé le 29 décembre 1 837 , où on lit ce qui suit sur l'historique des arrêtés sur la prostitution en Afrique.
Un arrêté du 11 août 1830 créa un dispensaire de sanfé sous la surveillance de la police.
Toutes les filles étaient tenues de s'y faire inscrire et de s'y pourvoir d'un livret.
Elles étaient obligées de se présenter une fois par semaine au dispensaire et de payer entre les mains de l'agent comptable une rétribution mensuelle de 5 fr.
Par arré(é du 27 mars 1831, le dispensaire fut placé sous l'autorité du maire; mais l'impôt continua -à être perçu par les soins du commissaire de police.
Un arrêté du 12 juin suivant plaça sous la surveillance du maire, les filles et le dispensaire.
La nécessité de mettre un' terme aux abus qui résultaient de la mesure par laquelle la perception avait été confiée aux agents subalternes de la po-
lice, fit rendre l'arrêté du 1 1 juillet 1 831, par lequel le sieur Loarby fut rendu adjudicataire , moyennant la somme de 1,860 fr. par mois.
Le 29 septembre suivant, intervint un nouvel arrêté qui, basé sur la concession du sieur Loarby, concéda la ferme au sieur Meliemet, moyennant 1 ,980 fr. par mois.
Le 5 juin 1 832, une concession fut faite au sieur Loarby, moyennant 1,488 fr. par mois, et la taxe fut élevée à 7 fr. 44 cent, par mois.
Le 30 juillet 1834 et jusqu'au 1" août 1835, la rétribution fut élevée à 9 fr. et concédée moyennant le payement mensuel d'une somme de 1 ,666 fr. 80 c. au sieur Balré, avec faculté de percevoir à son profit le montant des amendes prononcées par le commissaire de police, de réunir les filles deux fois par mois, et d'exiger 10.fr. pour les fêtes à l'extérieur et 5 fr. pour les fêtes dans la ville.
Le 3 août 1835, la concession fut de nouveau adjugée à Balré moyennant 2,250 fr. par mois.
Ici commence le droit , pour les filles , d'être visitées chez elles, moyennant 3 fr. par visite payables au médecin.
Le 28 novembre 1835 parut im arrêté qui plaça
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sous la surveillance du Commissaire de Police toutes les prostituées, et régla ou résuma définitivement toutes les obligations qui étaient imposées soit aux filles, soit aux agents chargés de les surveiller.
Cet arrêté est le seul qui présente un système complet d'organisation. Voici la teneur de cet arrêté:
Nous, Intendant civil des possessions françaises dans le nord de l'Afrique;
Vu les articles 10 et 46 du titre l*"' de la loi du 19-27 juillet 1791, etc.;
Considérant que l'expérience a fait reconnaître la nécessité de reviser les règlements en vigueur, concernant les filles publiques ; avons arrêté et arrêtons ce qui suit :
DE l'inscription.
Article 1*'. Toute fille notoirement livrée à la prostitution sera inscrite par les soins du Commissaire de Police, chef du Bureau central, sur un registre tenu à cet effet audit bureau.
Art. 2, 3, 4, 5. Sur la manière de faire cette inscription