PRÉPARATIONS APHRODISIAQUES EMPLOYÉES CHEZ LES ARABES
Les prostituées indigènes, et sous ce nom nous comprenons toutes les prostituées africaines, les mauresques, les aiabes, les mulâtresses, les négresses et les juives, sont souvent visitées par les indigènes.
Le commerce des femmes est peut-être la seule jouissance dont ils fassent abus. Sans être aussi ingénieux et aussi raffmés que les Persans, pour réveiller leurs désirs et se rendre aptes à les satisfaire, ils ont pourtant certaines préparations aro-
matiques et difFusibles qu'ils emploient à cet effet. Le poivre, et surtout le piment dont ils font un si grand usage, doivent contribuer à l'excitation vénérienne. On ne connaît pas la cantharide à Tlemcen; mais au Maroc, à Oran, à Alger, on utilise ses propriétés aphrodisiaques.
A Alger, on emploie beaucoup les semences de cardamome; aussi il est indubitable que les Arabes fréquentent, beaucoup plus que les autres habitants de l'Afrique, les maisons de prostitution. Quelquefois, ce sont les femmes ellesmêmes qui font prendre aux hommes ces stimulants énergiques. Laugier de Tassy nous cite un fait assez curieux; il nous apprend qu'en 1725 « les femmes, pour exciter leurs maris ou leurs » amants au plaisir de l'amour, leur faisaient » prendre de la poudre d'une racine appelée » surnag, laquelle a une vertu toute particulière » pour cela.
» Cette racine se trouve en plusieurs endroits » du mont Atlas, du côté de l'ouest »