‹ De la prostitution dans la ville d'Alger depuis la conquêteChapitre 61 sur 82 · DE LAVIS ITE DES FILLES PUBLIQUES · texte numérisé non relu

DE LAVIS ITE DES FILLES PUBLIQUES

La visite des filles publiques a lieu au dispensaire, chaque matin à sept heures.

Elle est faite par le médecin, assisté de l'aidepharmacien seulement, dans une pièce dont l'accès est interdit à toute autre personne de la maison. Cette pièce, parfaitement éclairée, a un mobilier des plus simples. Il consiste en quelques chaises, une table pour écrire les prescriptions, des seringues à injections, des instruments de chirurgie, des spéculums et quelques médicaments d'un commun usage et que l'on doit toujours avoir sous la main. Ce sont des liquides émollients, acidulés ou astringents , qui sont injectés par le médecin lui-même , et selon qu'il le juge convenable; quelques onguents et pommades, etc. ; un immense fauteuil, en bois de chêne, un peu renversé, ayant des bras solides, et en avant deux petites planchettes écartées, de la forme d'une semelle de soulier, pour recevoir et soutenir les pieds 'de la femme soumise à l'inspection. Ce fauteuil, monté sur une petite estrade élevée, est placé vis-à-vis la croi-

sée, de manière à éclairer parfaitement les organes soumis à l'inspection. Les femmes, sur un signal donné par le médecin, entrent séparément et successivement, et sont passées en visite pour qu'il leur soit appliqué immédiatement ou plus tard les médicaments ordonnés et portés au registre.

Les filles plus malades qui ne peuvent venir à la visite sont vues et pansées dans leur lit.

Jusqu'en 1838 les documents administratifs ne nous donnent paslecliiffre des visites faites au dispensaire, etcependant il y enavaitdepuis 1 830, car nous y voyonsque c'est seulement du 3 août 1835 que commence le droit, pour les filles, de se faire visiter chez elles. Le chiffre, qui était alors de 1 8 en moyenne par jour, est de 38 au mois d'août 1 838, et cette augmentation s'explique par la suppression des visites à domicile. Le procès-verbal de la séance du 6 juillet 1840 dit que le médecin du dispensaire fait, en moyenne et journellement, la visite de 26 à 27 filles, et qu'il visite également et panse des filles malades, dont le chiifre s'élève, en terme moyen , de 42 à 45, ce qui donne un total de 70 visites et pansements. En 1842, le nombre des fîU es visitées a été de 5,186, sur les-

quelles il y a eu 446 malades ; d'où il résulte qu'il y a eu environ. 8 malades sur 1 00 filles visitées.

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