‹ De la prostitution publique et parallèle complet de la prostitution romaine et de la prostitution contemporaine, suivis d'une étude sur le dispensaire de salubrité de Bordeaux, d'une statistique des vénériens dans la garnison de Bordeaux, et d'un essai de statistique de l'infection vénérienne dans les garnisons de l'Empire françaisChapitre 108 sur 122 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Essai cVune Statistique de l'infection vénérienne dans les garnisons de l’Empire français. — Utilité de cette Statistique pour découvrir les meilleures mesures prophylactiques qu’on pourrait diriger contre l’infection vénérienne et pour [connaître la marche de cette infection dans la population. — Durée moyenne des traitements.

Ayant reconnu l’intérêt qui s’attache à la statistique des vénériens militaires dans la ville de Bordeaux, j’ai pensé que s’il était possible d’étendre cette statistique à toutes les garnisons, on en pourrait déduire de très précieux enseignements. Eu effet, comparant entre elles les garnisons de l’Empire pendant une série d’années, cette statistique permettrait de résoudre diverses questions importantes ; par exemple :

1° La contagion vénérienne est-elle croissante, décroissante ou stationnaire dans la population?

2° Quelles sont les villes où l’infection vénérienne sévit avec le plus d’intensité, et, par suite, quelles sont les villes où les mesures prophylactiques sont insuffisantes?

3° Quelles sont les villes où l’infection est en voie d’accroissement? celles où elle est en voie de diminution? celles où elle est stationnaire?

4° Quelles sont les villes où les mesures prophylactiques ont déterminé les meilleurs résultats, et dans lesquelles il

faut aller chercher le modèle d’un règlement pour le service du Dispensaire et du Bureau des mœurs?

Désirant réaliser cette statistique, après avoir obtenu l’autorisation du Conseil de santé des armées, qui a bien voulu approuver mon projet, j’ai demandé des documents détaillés à mes collègues les officiers de santé des hôpitaux militaires. Ces documents, comprenant les trois années 1858, 1859 et 1860, m’ont été adressés par eux avec un empressement et une bienveillance dont j’essaie de les remercier en m’appuyant de leurs noms, afin de les associer à un travail qu’ils ont favorisé par leur concours, et qui n’est que le résumé de leurs communications.

Voici maintenant, comme spécimen de la méthode d’investigation que je propose, le tableau des vénériens entrés aux hôpitaux de vingt-sept villes de garnison pendant les trois années 1858, 1859 et 1860. L'absence des documents relatifs aux infirmeries régimentaires prive cette statistique d’une voleur absolue , quant à l’intensité de l’infection vénérienne; mais, si je ne me trompe, elle conserve une valeur comparative incontestable. Pour lui refuser cette valeur, il faudrait admettre que les médecins majors des régiments dans les garnisons de Paris, de Metz, de Strasbourg, de Bordeaux, etc., gardent les vénériens pour les traiter à l’infirmerie, nonobstant les instructions ministérielles, tandis que ceux de Lyon, de Marseille, de Perpignan, etc., les envoient à l’hôpital. 11 faudrait admettre qu’ils ne suivent pas les mêmes règles de conduite tous les ans, et qu’ils en changent en changeant de garnison , ce qui est incroyable. Bailleurs, consultés par moi sur ce sujet, plusieurs médecins -majors, et notamment MM. Froppo et Pasquier, attachés à des

corps de la garnison de Paris, ont affirmé que le service des infirmeries régimentaires s’exécute d’après des règles uniformes et selon le même esprit dans toutes les garnisons, et aussi bien à Paris qu’ailleurs.

Je fais remarquer l'introduction dans mes tableaux d’un élément dont l’importance a été méconnue jusqu’ici; savoir : Le chiffre de /'Effectif moyen qui s’est trouvé soumis aux influences épidémiques . L’absence de ce chiffre fondamental frappe de stérilité, en les privant de la vraie base des comparaisons, la plupart des statistiques médicales, tandis que l’introduction de cet élément donnerait aux statistiques militaires un caractère de certitude admirable. Le premier statisticien qui sera en mesure d’exploiter cette mine en tirera des faits d’un plus haut intérêt. Ï1 pourra résoudre par exemple les questions suivantes : Quelles sont les garnisons qui offrent le plus de mortalité, le plus demalades, le plus de journées de maladie, le plus de réformes, le plus de congés de convalescence? Où prédominent les fièvres typhoïdes, les pbthisies, les pneumonies? Où sont les meilleurs casernements, etc., etc.? Et ccs faits, relatifs à la population militaire, éclaireront les questions d’hygiène générale.

Un jour viendra, qui n’est pas éloigné, où l’on s’étonnera d’avoir si longtemps négligé ce moyen d’investigation incessant, cette espèce d’inspection continue des services hospitaliers. Alors, peut-être, me remerciera-t-on d’en avoir donné le spécimen pour la marche de l’infection vénérienne. Jusqu’à présent, je ne suis qu’un utopiste.

STATISTIQUE comparative des maladies vénériennes parmi

Nota. - Les villes sont rangées selon le nombre des vénériens

NOMS

des

ANNÉl

Effectif

moyen

annuel

Nombre

total

des

vénériens

entrés

l’hôpital

Nombre

des

vénériens

entrés

l’hôpital

pour

hommes

d’effectif

Nombre

total

des

journées

de

vénériens

Thôpital

Nombre

des

journées

de

vénériens

l’hôpital pour 100 hommes d'effectif

Durée

moyenne

du

traite-

ment

(jours)

Effectif

moyen

annuel

Nombre

total

des

vénériens

entrés

l’hôpital

Nombre

des

vénérien:

entrés

l’hôpital

pour

hommes

d’effectil

Bordeaux

Nancy

Lille

Rennes

Lyon

Calais

Sedan

Valenciennes ci Condé ....

Ajaccio

Marseille

Sarreguemincs

Toulouse

Perpignan

Bayonne

Strasbourg

6, Si

St-Omer et camp d’Helfaut.

Thionville

Metz

Cambrai

Bastia

Longxvy

Montmedy

Bilsclie

Montpellier

Rome

Paris

Briançon

TOTAUX (non compris Nnncj) (* ) .

(') On verra plus loin pourquoi Nancy a dû être exclu des totaux servant à former les moyennes générales.

(”-) L’absence des documents relatifs à Marseille, en 1859, m’oblige à négliger les toiaux et la moyenne générale de cette année.

troupes, dans quelques villes de garnison, en 1858, 1859 et 1860.

:rés aux hôpitaux militaires pour 100 hommes d’eiïcctif, en 1858.

OBSERVATIONS

snbre

Nombre

Durée

Effectif

Nombre

des

Nombre

Nombre

des

Durée

Le chiffre de l’effectif moyen an-

jtal

tournées

moyenne

total

vénériens

total

journées

moyenne

nuel a été obtenu en prenant le nom-

Bes

:ruées

■de

«ériens

de

vénériens

l’hôpital pour 100 hommes

du

traite-

ment

moyen

annuel

des

vénériens

entrés

entrés

l’hôpital

pour

hommes

des

journées

de

vénériens

de

vénériens

l’hôpital pour 100 hommes

du

traite-

ment

bre d’hommes (officiers, sous-officiers, caporaux et soldats) présents au premier jour de chaque mois, formant la somme, et divisant par 12.

rVpital

d’effectif

(jours)

l’hôpital

d’effectif

l’hôpital

d’effectif

(jours)

Renseignements aukessCs tun :

M. Dieu, pharmacien en chef de l’hôpital militaire de Metz.

M. Pressoir, pharmacien major à l’hôpital militaire de Lille.

M. Faure, pharmacien major à l’hôpital militaire de Rennes.

M. Marmy, médecin en chef de l’hôpital de Collinettes.

M. Pressoir, pharmacien major à l’hôpital militaire de Lille.

M. Chaillan, médecin en chef à l’hôpital militaire de Sedan.

M.Varlet, médecin en chef à l’hôpital militaire de Valenciennes.

M. Frasseto, médecin en chef à l’hôpital militaire d’Ajaccio.

M. Miuvieille, médecin major à l’hôpital militaire de Marseille.

M. Maillcfer, médecin eu chef à l’hôpital militaire de Sarregucmines.

M. Lacger, médecin en chef à l’hôpital militaire de Toulouse.

M. Piton, pharmacien en chef à l’hôpital militaire de Perpignan.

M. Maupin, médecin principal à l’hôpital militaire de Bayonne.

M. Leuret, médecin en chef à l’hôpital militaire de Strasbourg.

M. Pressoir, pharmacien major à l’hôpital militaire de Lille.

M. Dieu, pharmacien en chef à l’hôpital militaire de Metz.

Idem idem.

M. Pressoir, pharmacien major à l’hôpital militaire de Lille.

M. Bouffar, médecin en chef à l’hô-

pital militaire de Bastia.

M. Dieu, pharmacien en chef à l’hô-

pital militaire de Metz.

Idem idem.

Idem idem.

M Pastureau, médecin principal aux salles militaires de l’hôp. St-Eloi.

M. Mayer, médecin en chef du corps

d’occupation.

M. Gliampouillon, professeur au Valde-Grôce.

M. Collin, médecin en chef à l’hôpital

militaire de Briançon.

(3) Paris ayant fait des évacuations de vénériens sur les hôpitaux voisins, le chiffre des journées et les moyennes qui ■<n ressortent se trouvent affectés de telle sorte, que je crois devoir renoncer aux totaux de journées pour la statistique nlièrc. (V. plus loin le tableau spécial pour la durée moyenne des traitements.)

Nota. — On voit que les lignes horizontales permettent déjuger de l’intensité de l’infection vénérienne dans chacune des garnisons, en 1858, en 1859 et en 1860; les lignes verticales permettent de comparer l’intensité de l’infection dans les différentes garnisons.

Ce tableau donne lieu à de nombreuses remarques : j’en vais d’abord extraire un résumé exprimant les diminutions et les augmentations survenues de 1858 à 1860.

ETAT des garnisons dressé en ordre selon la proportion des vénériens entrés à V hôpital pour 100 hommes d’effectif en 1860, et faisant ressortir les diminutions ou les augmentations survenues entre les deux années IS58 et 1860.

NOMS

DES VILLES

NOS des rénéri a l’h pour dOO d’effectif

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