I. Le Phallus était l’objet d’un culte public
* Hoc turpe membrurn per Liberi dies festos cum honore magno
ploslellis impositum prius rure in compilis et usque in urbem poslea vectabatur . In oppido autem Lavinio uni Libcro tolus mensis tribuebatur ; quibus diebus omnes verbis flagiliosissimis uterentur, donec illud membrurn per forum transvectum esset, atque in loco suo quiescerct, cui membro inhonesto matrem familias honéstissimam, palam coronam nccesse erat imponere. » (Atjgust., de Civil. Dei, VII, 21.)
c Pendant les fêtes de r>acchus, ce membre indécent était placé
avec grande cérémonie sur de petits chariots, et promené d’abord à la campagne, et finalement dans la ville. A Lavinium, on consacrait au seul
(') Les images masculines se vendent publiquement à Tien-Tsin. Elles sont fabriquées a Canton au moyen d’un mélange gommo-résineux d’une certaine souplesse; elles sont colorées en rose. Des albums vendus publiquement représentent des femmes nues faisant usage de ces instruments, qui sont attachés h leur talon.
On en vend aussi comme objets d’art ou d’ornement; celles-ci sont en porcelaine.
Des porcelaines peintes représentent des sujets odieusement obscènes; on vend dans les villes du nord de la Chine beaucoup d’album où la naïveté de l’exécution le dispute k l’indécence du sujet. Le prix de ces objets est cependant beaucoup plus élevé que celui des porcelaines ou des dessins ordinaires. (Note donnée par M. Dkbeai x, pharm. aide-maj.)
Bacchus un mois tout entier, pendant lequel tous employaient à l’envi les expressions les plus obscènes, jusqu’à ce que ce membre eût été promené sur la place publique et fût remis tranquillement à sa place, et il fallait que la mère de famille la plus respectable déposât publiquement une couronne sur cette image impure. »
(V. aussi August., VII, 24, in fine; IV, 9.)
« Numquid Priapo mimi, non etiam sacerdotes enormia pudenda fecerunt? An aliter stat in locis Sacris quam procedit ridentibus in theatris. v (August., de Civit. Dei, VI, 7.)
« Est-ce que c’étaient seulement les mimes et non pas aussi les prêtres qui donnaient à Priape une verge énorme? Est-ce qu’il est moins monstrueux dans les sanctuaires oû on l’adore que dans les théâtres où il provoque les éclats de rire ? »
(V. Arnob., V, 176; et sur le culte de Priape à Lampsaque et dans les villes qui bordaient l’Hellespont, Catull., 18.)
« Priape a un temple à Pompéia. Il trônait dans le sanctuaire de la famille. » (F. Jacquot, Gaz. Méd. de Paris, 1850, n° 28.)
Il importe cependant de ne pas oublier que dans l’origine l’image de la virilité dans la plénitude de sa force était l’emblème de la divinité créatrice, emblème naïf comme la nudité, mais non point obscène comme la débauche :
« Isis, personnification de la terre ou de l’élément femelle, avait déposé dans un lieu secret le coffre contenant le corps d’Osiris, son époux, personnification du soleil ou du Nil, ou du principe mâle de la fécondation. »
« Typhon, personnification du mal et meurtrier d’Osiris, ayant découvert ce coffre, coupa le corps d’Osiris en quatorze parties, qu’il jeta cà et là. Isis s’étant mise à la recherche de ces lambeaux, leur donnait la sépulture dans le lieu même où elle les trouvait. Mais l’organe viril que Typhon avait jeté dans le Nil ayant été dévoré par trois poissons, le Lépidote, le Pagre et l’Oxyrinche, Isis ne put le retrouver. Pour réparer cette perte, elle en fit faire une image, et elle consacra le Phallus dont les Égyptiens célèbrent encore aujourd’hui la fête. » (Plutarque, sur Isis et Osiris, passim.)
« Egyptii enim quotiescumque Osiridem Humana specie rcpresentabant, erectum penem ipsi indexant, ut docerent soli innalam esse vim gignendi et alendi. » (V. Plutar., de Isid., p. 371 ; in Dom“* : Explic. de div. monum singuliers, in-4°, 1789, p. 180.)
« Car toutes les fois que les Égyptiens représentaient Osiris sous la figure humaine, ils lui faisaient la verge en érection, voulant indiquer par là que le soleil avait la puissance de produire et de nourrir. »
Les anciens croyaient que le Phallus éloignait les fascinations :
« Yeteres advenus fascinationem veretro utébantur. Nam omnia turpia malos invidorum oculos ab instituto avertunt atque avocant. Pueris figura veretripro amuleto de collo suspendebatur. » (Varr., de Ling. lat., VI, 5; Forcell., lexic. Fascinum.)
« Les anciens faisaient usage du Phallus pour se préserver des fascinations. Car tout ce qui est obscène attire l’œil des méchants, et le détourne de la personne à qui ils voudraient nuire. On pendait le Phallus comme amulette au cou des enfants. »
<c Ilorto et foco tantum contra invidentium effascinationes dicari videmus in remedio satyrica signa. » (Plin., XIX, 4, 19.)
« Les Phallus que nous voyons dans les jardins ou dans l’intérieur des maisons n’ont pas d’autre but que de détourner les fascinations ennemies. »