II. Priapo était considéré comme le dieu de la fécondité
« Interpretentur Dianam virtutem quam volunt, interpretentur et Piiapum fecunditalis Deum, ita sane ut in fetandis feminis pudeat Junonem talem habcre adjutorem. » (August., de Consens. Evang., 1, 25, 39.)
« Qu’ils expliquent Diane en en faisant telle puissance qu’il leur plaira, qu’ils expliquent Priape en en faisant le dieu delà fécondité; assurément, Junon, procurant la conception, doit rougir d’un pareil auxiliaire. »
Le Phallus déflorait les jeunes épouses :
« In celebratione nuptiarum super Priapi scopum nova nupta sedere
jubebatur. » (August., de Civil. Dei, VII, 24, in fine.)
« Dans la célébration du mariage, la jeune épouse était obligée de s’asseoir sur un Phallus. »
« Et Mutinus in cujus sinu pudendo nubentes præsident, ut illarum
pudicitiam prior Deus delibasse videatur. » (V. Lactant., de Fais. relig., XX, in fine.)
« Et ce Mutinus (surnom de Priape) sur le sein obscène duquel la nouvelle épouse se couche d’abord, pour que ce soit ce Dieu qui semble goûter les prémices de sa virginité. »
(V. aussi ÂUGUST., de Civil. Dei, VI, 9.)
Saint Augustin fait remarquer que les juifs se mariaient sans adorer Priape :
i Sine cultu Priapi conjugibus mixti sunt (judæi). »
(August., de Civit. Dei ., V, 3i.)
« Chez les juifs, les époux s’unissaient sans adorer Priape. »
Les femmes portaient des Phallus au cou pour se préserver de la stérilité [de Civit. Dei., 6).
Les Phallus antiques, trouvés à Pompéï ou à Herculanum, sont très nombreux dans le Musée de Naples; la plupart sont en bronze ou en or; beaucoup sont ailés; il en est qui sont ornés de clochettes; ils sont de dimensions très variables. (V. Musée de Naples, édit. Ledoux, p. 29.)
Mazois cite plusieurs images de Priape qui ont été découvertes dans les maisons de Pompéï, et notamment un bas-relief représentant un Phallus placé au-dessus d’un four avec l’inscription : Ilic habitat félicitas; ce Phallus est d’une exécuLion grossière. (V. Mazois, Ruines de Pompê'i, t. II, p. 84.)
« La prostitution exposait son impudique enseigne aux yeux de tous les passants. Un énorme Phallus en bas-relief indiquait les lupanars... et le soir, une lampe allumée devant l’image invitait les chalands à entrer. Nous avons aperçu deux Phallus lors de notre visite à Pompêia : l’un dans la voie Starto, l’autre dans la voie Consulaire. Il n’est pas rare non plus de trouver des Phallus sur les pilliers des hôtelleries; il en existait en ronde-bosse, et en telle quantité, qu’on a pu les réunir dans une cour de la ville comme
un véritable musée Qu’il nous suffise de dire qu’il est des
Phallus de cinq pieds de haut Les plus indécentes peintures
se rencontrent dans les meilleures maisons de Pompéia »
(V. F. Jacquot, loc. cit.)
(V. plus loin : Description du lupanar romain — 32 — )
On trouve aussi à Pompéia un grand nombre d’organes virils en terre cuite à l’état de repos, et grossièrement exécutés : ils sont à peu près de grandeur naturelle.