PROSTITUTION CONJUGALE
Cette forme de prostitution existait chez les anciens :
« Sed j ussa coram non sine conscio » Surgit marito, scu vocat institor » S eu navis hispanœ niagister
» Dedecorum pretiosus emplor. » (Hon., Od., III, 6, 29.)
« Aux yeux de tous, devant son mari complice, elle se lève à la voix d’un courtier ou d’un marchand espagnol qui paient chèrement son infamie. »
« Quum leno accipiat mœclii bona, si capiendi » Jus nullum uxori, dodus spectare lacunar,
» Doctus et ad calicem vigilanti stertere naso. » (Juv., 1, 55.
« Si la loi ôte à la femme le droit d’hériter de son amant, le mari proxénète recueille les dons du galant de sa femme. C’est le juste prix de son habileté à bien regarder au plafond ou à ronfler sans dormir le nez dans son verre. »
Domitien avait ôté aux femmes de mauvaises mœurs l’usage de la litière, et le droit de recevoir des legs ou des successions :
« Probrosis feminis leeticæ usum ademerat, jusque capiendi legata et bereditates. » (Suet., Domit., 8.)
Mais le mari complaisant recevait en fraude de la loi les libéralités gagnées par la prostitution de sa femme. Et même il arrivait que le mari se prostituait lui-même :
« Semivir uxorem duxisti, Zoïlc, mæcham.
» 0 quantus fiet quæstus utrinque domi
s Quum clabit uxori molitor tuus, et tibi aduller,
» Quantum deprehendi damna pudoris emcnt!
» Sed modo quæ vobis luerosa libido videtur,
» Jacturam, senio mox subeunle, feret. » (Auson., Epig., 90.)
«Toi qui n’es mâle qu’à moitié, Zoïle, tu as épousé une courtisane. Quels profits l’un et l’autre vous ferez en ménage! Ta femme recevra de ton amant, et loi du sien : pris sur le fait, ils paieront cher votre pudeur perdue! Mais ce commerce qui vous paraît aujourd’hui si lucratif, vous apportera du mécompte quand la vieillesse arrivera. »