‹ De la prostitution publique et parallèle complet de la prostitution romaine et de la prostitution contemporaine, suivis d'une étude sur le dispensaire de salubrité de Bordeaux, d'une statistique des vénériens dans la garnison de Bordeaux, et d'un essai de statistique de l'infection vénérienne dans les garnisons de l'Empire françaisChapitre 59 sur 122 · LES MAISONS DE PASSE · texte numérisé non relu

LES MAISONS DE PASSE

11 est certain que chez les Romains des personnes de condition libre allaient se prostituer dans des lupanars qui s’ouvraient le soir et se fermaient le matin :

« Mox lenone suas jam dimittentc puellas » Tristis abil : sed quod potuit, tamen ultima cellarn » Clausit. » (Juv., VI, 126.)

*.• Bientôt le proxénète congédiant ses femmes, elle sort à regret, s'efforçant d’être la dernière à fermer la porte de sa cellule. »

Il est également certain que dans ces établissements les proxénètes louaient à des étrangers de l’un et de l’autre sexe des cellules ou chambres pour y commettre des actes de débauche. Le prix de la location était très faible : un as (environ 7 centimes) :

« Gum errarem per totam civitatem, accessit ad me paterfamilias, et ducem se itineris humanissime promisit. Peranfractus deinde obscurrissimos egressus, in hune locum me perduxil , prolatoque peculio , cœpitrogare stuprum. Jam pro cella mereirix assem exegerat, jam ille milii injecerat manum, et nisi valentior fuissem, pænas dedissem. » (Petron., Satyric., 8.)

Mais ces établissements étaient-ils distincts des lupanars proprement dits où les proxénètes prostituaient leurs esclaves ? Étaient-ils analogues à nos maisons de passe? 11 me paraît impossible d’élucider cette question. (Voy. — 32 — )

Ce qui est certain, c’est que l'exercice du proxénétisme et de la

prostitution étaient, dans certains quartiers, une cause de résiliation des baux de location, ainsique l’atteste l'inscription suivante :

IN. PRÆDlS. IULIÆ. SP. F. FEL1CIS.

LOCANTVR.

BALNEVM. VENER1UM. ET. NONGENTVM.

TABERNÆ. PERGVLÆ.

COENACVLA. EX IDIBVS AVG. PRIMIS.

IN. IDVS. AVG. SEXTAS. ANNOS. CONTINVOS.

QVINQVE.

« Dans les domaines de Julia Félix, fille de Spurius (*), sont à louer : un bain, un venerium (2), neuf cents boutiques, places d’étalage et chambres hautes, du 1er au 6 des ides d’août, pour cinq années consécutives. »

« Si Quis Domi Lenociniurn Exerceat Non Conducilo. »

< Résiliation si l’on y exerce la prostitution. »

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