‹ De la prostitution publique et parallèle complet de la prostitution romaine et de la prostitution contemporaine, suivis d'une étude sur le dispensaire de salubrité de Bordeaux, d'une statistique des vénériens dans la garnison de Bordeaux, et d'un essai de statistique de l'infection vénérienne dans les garnisons de l'Empire françaisChapitre 60 sur 122 · BASSE PROSTITUTION · texte numérisé non relu

BASSE PROSTITUTION

Les proverbes de Salomon contiennent une curieuse description des marches, des contremarches et des séductions grossières de la prostituée, à proprement parler du raccrochage :

« De fenestra enim domus meæ per cancellos prospexi,

» Et video parvulos, considero vecordem juvenem,

» Qui transit per plateam justa angulum, et propc viam domus illius graditur,

» Jn obscur o, advesperascente die in noctis tenébris et caligine.

» El ecce occurrit UH mulier ornatu meretricio, prœparata ad capicndas animas, garrula et vaga,

» Quictis impatiens, ncc valcns in domo consistere pedibus suis,

» Nunc foris : nunc in plateis, nunejuxta angulas imidians.

» Apprehensumque deosculatur juvenem, et procaci vultu blanditur, dicens :

» Intexui funibus lectulum meum, stravi rapelibus pictis ex Ægypto.

(') La maison de Julia Félix, îi Pompéï, déblayée en 1755 et 1756, a été recouvcrle peu après.

(*) Venerium signifie, d’après Forcellini, un bain plutôt voluptueux qu’hygiénique, et, d’après Itosinus, une dépendance du bain alleclée aux plaisirs de l’amour.

» Aspersi cubile meum myrrha, et aloe, et cinnomomo.

» Ve ni, inebriemur uberibus et fruamur cupitis amplexibus , danec illucescat dies.

» Non est cnim vir in domo sua, abiit via longissitna.

» Sacculum pecuniæ secum tulit : in die plenæ lunæ reversurus est in domum suam.

» Irretivit eum multis sermonibus, et blanditiis labiorum protraxit ilium.

» Statim eam sequitur quasi agnus lasciviens

» Donec transfigat sagitta jeeur cjus, velut si avis festinet ad laqueum. »

» Multos enim vulneratos dejecit et fortissimi quique viri interfecti sunt ab ea. » ( Prov VII, 6.)

tt Delà fenêtre de ma maison, j’ai regardé par les barreaux,

» Et j’ai vu les adolescents, j’ai considère le jeune insensé,

» Passant sur la place, à l’angle du chemin qui conduit à la maison de cette femme.

» Le jour baisse, il fait sombre, la brume et la nuit s’épaississent.

» Et voici qu’une femme vient à lui ; elle est parée comme une prostituée pour séduire les cœurs; babillarde et coureuse,

» Toujours en mouvement, et ne pouvant jamais rester tranquille dans sa maison,

» Toujours dehors : toujours sur les places ou dressant ses embûches aux coins des rues,

» Elle saisit le jeune homme, elle l’embrasse, elle le caresse avec effronterie, lui disant :

» J’ai tendu mon lit avec des cordes, je l’ai couvert de beaux lapis d’Égypte,

» Je l’ai parfumé de myrrhe, d’aloès et de cinnamone.

» Viens, nous nous enivrerons de volupté, nous jouirons des embrassements les plus délicieux jusqu’à ce que le jour paraisse. »

» Mon mari n’est pas à la maison, il est parti pour un très long voyage.

» Il a emporté un sac d’argent : il ne reviendra qu’à la pleine lune.

» Elle l’enlace par un (lux de paroles, et elle l’entraîne par les caresses de scs lèvres.

» Aussitôt, il la suit comme un agneau folâtre.

» Jusqu’à ce que son fôie soit traversé par la flèche, et comme l’oiseau qui se hâte vers le lacet.

» Car cette femme en a blessé et renversé beaucoup, et les hommes les plus forts ont été tués par elle. »

« Millier slulta et clamosa, plenaque illecebris et nihil omnino sciens,

>• Sedit in foribus domus suæ super sellam in cxcesso urbis loco ,

j> Ut vocaret Irasemtes per viam, et pergentes itinere suo. » (Prov., IX, 13.)

« Femme stupide et criarde, pleine de séductions et d’une ignorance absolue ;

» Elle s’assied à la porte de sa maison sur une chaise dans un lieu élevé de la ville,

» Pour appeler ceux qui passent dans la rue et qui poursuivent leur chemin. »

(V. aussi Êzech., XVI, 25.)

Voici, d’après Plaute, le portrait des prostituées de bas étage :

* An te vis inter istas versarier

» Prosedas, pistorum arnicas, reliquias alicarias

» Miseras cæno delibutas, servilicolas sordidas?

» Quæ tibi oient stabulum statumque, sellam et sessibulum merum,

» Quas adeo haud quisquam nunquam liber tetigit, neque duxit domum ;

» Servorum sordidulorum scorta diobolaria. » (Plaut., Pœnul., 262.)

« Veux-tu te mêler avec ces prostituées assises au bord des rues, femmes de mitrons, rebuts des boulangers, crottées sordides, filles à esclaves, qui sentent le fumier, le grabat et la crapule, que jamais homme libre n’a voulu toucher ni conduire dans sa maison; vieilles peaux à deux oboles, qui essuient la crasse des esclaves? »

« Rcjecto quæ libéra vadit ainictu

» placet;

» Cui sæpe immundo Sacra c'onleritur via socco. »

(Prop., II, 23, 13.)

<r J’aime celle qui marche la robe entr’ouverte, et qui use incessamment de ses socques poudreux le pavé de la voie sacrée. »

Le soccus était probablement une chaussure à semelle de bois, ayant quelque analogie avec celle des acteurs comiques, et le cothurnus était celle des tragiques. (V. Hor., Arspoet., 80.)

Les sabots proprement dits, sculponeœ, étaient la chaussure des esclaves dans les villas. (V. Plaut., Casin., 435; Gat., de Ile rust ; Dezob., ouv. cit., t. III, p. 314.)

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