EN EXERCICE
11 est évident que si l’âge moyen des filles, au moment de leur première inscription, est toujours le même, et que si l’âge moyen actuel des prostituées en exercice ne change pas non plus, la différence entre ces deux moyennes est une abstraction qui exprime la durée moyenne du temps passé dans la prostitution par les prostituées en exercice, ou leur ancienneté moyenne.
Parent-Duchatelet donne l’âge, au moment de l’inscription, pour 3,248 prostituées. (V. ouv. cit., t. I, p. 86.)
Le calcul amène pour leur âge moyen 22 ans 8 dixièmes.
Le même auteur donne l’âge moyen actuel, au 31 décembre 1831, de 3,235 prostituées exerçant leur métier à, Paris. (Y. t. I, p. 84.)
Le calcul amène pour leur âge moyen 26 ans 8 dixièmes.
La différence entre ces deux moyennes : soit, 4 ans, exprime l’ancienneté moyenne d’une prostituée exerçant son métier à Paris, en 1831.
D’après les données que j’ai moi-même recueillies ou qui m’ont été communiquées par M. Vivie en 1860, et par M. de Moulins en 1861, les extraits de naissance ayant été soigneusement collationnés : 129 prostituées inscrites à Bordeaux pour la première fois, en 1859 et en 1860, avaient en moyenne 22 ans 3 dixièmes;
* 940 prostituées, soit nouvelles, soit déjà inscrites ailleurs, sont venues à Bordeaux pour la première fois pendant les 5 années de 1855 à 1859.
Le calcul a donner pour leur âge moyen 22 ans 4 dixièmes.
D’autre part, l’âge moyen actuel de 554 prostituées exerçant à Bordeaux, le 1er janvier 1860, était 27 ans 6 dixièmes; et l’âge moyen actuel de 635 prostituées en exercice sur lesquelles des renseignements exacts ont été obtenus à Bordeaux dans le courant de l’année 1860, était 27 ans 9 dixièmes.
La différence maximum entre ces diverses moyennes (29, 9 — 22,3 ans) est 5 ans 6 dixièmes. Ce chiffre exprimerait donc un maximum pour l’ancienneté moyenne des prostituées de Bordeaux.
Conclusion. — Ainsi , par la différence entre les moyennes d’âge au moment de l’inscription et d’âge actuel, on arrive à trouver que l’ancienneté moyenne des prostituées était de A ans, à Paris, vers 1831, et quelle est d’un peu moins de G ans, à Bordeaux, en 1860.
La durée moyenne de la prostitution ne saurait être moindre que cette valeur.
§11. — Moyenne du temps écoulé depuis l’inscription chez les prostituées en exercice.
Parent -Duchâtelet donne le relevé du temps écoulé depuis l’inscription pour 3,517 prostituées en exercice à Paris à la date du 31 décembre 1831. ( Ouv . cit., t. 1, p. 89.)
Le calcul amène une moyenne da 5 ans 2 dixièmes.
M. Strolh donne le résultat de l’interrogatoire de 261 prostituées en exercice à Strasbourg. (Y. Parcnt-Duchat. , édit. 1857, t. II, p. 516.)
Le temps moyen passé depuis leur inscription est A ans A dixièmes.
M. Dutasta donne le tableau du temps passé depuis l’inscription pour 923 filles qui ont figuré dans le personnel de la prostitution, à Bordeaux, dans le courant de l’année 1854. (Y. Compte-rendu des travaux de la police ; Bordeaux, 1855, p. 16.)
Sur ces 923 filles, 783 étaient inscrites depuis moins de 3 ans, et le calcul amène, pour la moyenne générale du temps écoulé depuis l’inscription, A ans A dixièmes.
Conclusion. — Par la supputation de la moyenne du temps écoulé depuis l’inscription chez les prostituées en
exercice, nous arrivons à trouver que la durée moyenne de la prostitution à Paris, en 1831, était d’un peu plus de 5 ans; et que, vers 1855, cette durée moyenne était, à Strasbourg et à Bordeaux, de 4 ans 4 dixièmes.
Mais il faut se défier des interrogatoires relatifs à ce sujet, car les filles tendent à se rajeunir et à rapprocher l’époque réelle de leur inscription.
§111. — Différence entre l’ac.e moyen au moment de l’inscription et l’age moyen des filles parties,